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	<title>Archives des Tout fout le camp (et pas que d&#039;hier) - leCorbeau.Blanc</title>
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	<title>Archives des Tout fout le camp (et pas que d&#039;hier) - leCorbeau.Blanc</title>
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		<title>Eschato</title>
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		<dc:creator><![CDATA[RaduRo10]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Apr 2026 06:51:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Récemment, un ami m’a envoyé un article intéressant. En substance, son auteur avait posé à l’agent conversationnel d’intelligence artificielle ChatGPT de la société OpenAI la question suivante: “<em>si tu étais le diable, comment t’y prendrais tu pour contrôler sans violence les hommes ?”</em> Sincèrement, je ne saurais dire s’il serait utile ou non de lire cet article avant de poursuivre mon texte. Probablement oui pour certains et clairement non pour d’autres. Alors je continuerai tel quel, partant du principe qu’autant les uns que les autres connaissent le sujet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’habitude a été prise de comparer l’émergence de l’intelligence artificielle (IA) à la maîtrise du feu et à celle de l’électricité et, tous comptes faits et bien pesé, cela devrait être assez juste. Si la première a dû prendre des siècles, la deuxième des décennies, alors que la troisième s’est installé en quelques mois à peine, ce n’est pourtant ni le thème ni le but de cet écrit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En soi, l’article en question n’est pas un oasis de fraîcheur dans un désert de cacophonies. Ce n’est pas un fier et brillant rocher solitaire qui émerge d’un océan d’adversité. Fondamentalement et pratiquement il n’apporte aucun élément nouveau ou inconnu. Pour ainsi dire on n’y découvre rien. De tels signaux ont été lancés sous différentes formes depuis trop longtemps – et ils sont nombreux. Sa seule particularité intéressante est que pour la première fois probablement, il ne présente pas le fruit de la réflexion individuelle d’un quelconque cerveau – disons – éclairé, ou visionnaire. Non. En se basant sur le fondement même de l’IA, il fournit une réponse algorithmique – on ne sait pas trop selon quels paramètres ou critères – suite à la consultation, l’analyse et la statistique en quelques nanosecondes de milliards d’articles forcément différents. Bluffant déjà par cette vitesse de réaction, le résultat l’est encore plus par la force persuasive sans appel de cette méthode: en effet, dans ces conditions, comment pouvoir opposer une vision différente ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai donc posé mot-à-mot la même question et voici la réponse.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>“Si j’étais le diable et que je voulais contrôler les hommes sans violence, je me concentrerais sur la manipulation subtile des désirs et des faiblesses humaines. Voici quelques stratégies.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>1. Séduction de la connaissance. Promouvoir des idées qui semblent séduisantes mais qui détournent l’attention des valeurs essentielles. Cela pourrait inclure des philosophies ou des théories qui encouragent l’égoïsme ou la désillusion.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>2. Création de dépendances. Introduire des plaisirs ou des divertissements qui deviennent essentiels à la vie quotidienne, comme des technologies addictives ou des réseaux sociaux qui renforcent l’isolement et la comparaison.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>3. Semée de la discorde. Exploiter les peurs et les divisions au sein des communautés pour créer des conflits internes, encourageant la méfiance et la paranoïa.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>4. Habitude de la désinformation. Diffuser des informations trompeuses pour semer la confusion et le doute, rendant les gens incapables de distinguer le vrai du faux.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>5. Promotion de l’indifférence. Encourager les gens à se concentrer sur leurs propres préoccupations au détriment des autres, créant une société où l’empathie est affaiblie.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>6. Valorisation des plaisirs immédiats. Inciter à privilégier la gratification instantanée sur les objectifs à long terme, poussant les individus à négliger leurs véritables aspirations.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ces méthodes reposeraient sur des émotions humaines fondamentales comme la peur, le désir et l’avidité, tout en évitant la violence directe.”</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais bon, qu’est-ce qu’à la fin cette IA sinon des milliards d’opinions de gens amalgamées, analysées et structurées à la vitesse de la lumière par des algorithmes de plus en plus ahurissants qui donnent des réponses entre deux clignements d’œils?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant, regardant autour, est-ce qu’une seule de ces stratégies paraitrait-elle inadéquate, déplacée, non pertinente ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">[12 décembre 2021-23 janvier 2022, 21 mars 2026]</p>
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		<title>Catastrophe cycliste</title>
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		<dc:creator><![CDATA[RaduRo10]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Jul 2025 18:26:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce matin j’ai découvert à la page des faits divers de mon quotidien détesté un article qui m’a rempli d’effroi. Je le reproduis ici […]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><br>Ce matin j’ai découvert à la page des faits divers de mon quotidien détesté un article qui m’a rempli d’effroi. Je le reproduis ici.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>“Lausanne, 30 octobre 2024</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Hier vers midi, à l’intersection entre les avenues de la Gare et Juste-Olivier, s’est produit un terrible accident qui s’est soldé avec cinq morts ! Le temps était beau après la pluie qui venait de cesser.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="694" height="1024" src="https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2025/07/catastrophe-cycliste-694x1024.png" alt class="wp-image-31988" srcset="https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2025/07/catastrophe-cycliste-694x1024.png 694w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2025/07/catastrophe-cycliste-203x300.png 203w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2025/07/catastrophe-cycliste-768x1133.png 768w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2025/07/catastrophe-cycliste-1041x1536.png 1041w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2025/07/catastrophe-cycliste.png 1368w" sizes="(max-width: 694px) 100vw, 694px"></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Au moyen des caméras de surveillance du trafic, la police a pu reconstituer le déroulement des faits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un cycliste (n<sup>o</sup> 1, en bleu sur l’infographie) dévalant l’Avenue Georgette en direction du giratoire de Montchoisi, a heurté de plein fouet un autre cycliste (n<sup>o</sup> 2, en vert) qui remontait l’Avenue de la Gare et venait de tourner sur l’Avenue Juste-Olivier dans la même direction que le précédent. Au même instant, une personne en chaise roulante (en rouge) s’était engagé sur le passage pour piétons de l’Avenue Juste-Olivier pour atteindre le trottoir de la synagogue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au moment du sinistre, la situation des avertisseurs lumineux était la suivante: les feux pour piétons étaient au vert sur l’avenue Juste-Olivier, tout comme sur l’Avenue de la Gare, avec clignotant orange pour les véhicules tournant à droite. Pour le surplus et par chance, aucune voiture ne roulait en ce moment précis vers la rue Belle-Fontaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film montre que le cycliste n<sup>o</sup> 1 n’a pas respecté l’arrêt (au rouge) de l’avenue Georgette spécifiquement dédié aux deux roues et ensuite qu’il a traversé le carrefour en louvoyant à une vitesse de 52 km/h, pour – juste avant l’événement – lever la main droite en regardant son smartphone. Le cycliste n<sup>o</sup> 2 conduisait dans son vélo-cargo ses deux jumeaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Exactement 0.273 secondes avant l’impact n° 1, à une distance d’environ 3.48 m du cycliste n° 2, le cycliste n° 1 a aperçu avec sa vision périphérique le vélo-cargo du cycliste n° 2 devant lui. À cette seconde-là, sa vitesse étant de 53.6 km/h, il a aussitôt lâché son smartphone et actionné instantanément les freins avant et arrière. Comme le revêtement était encore glissant, par ce freinage violent il a perdu l’équilibre tout en culbutant dans l’air, ce qui l’a projeté le dos contre le réverbère installé à cet endroit-là, alors que son vélo heurta le cycliste n° 2 aussi dans le dos.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À partir de là, le ralenti du film montre clairement que le cycliste n° 1 s’est écrasé contre le sol, au bas du réverbère. Le cycliste n° 2 tomba lourdement à côté, avec son vélo-cargo, le cou contre la bordure du trottoir. Les deux enfants jaillirent de leurs places et vinrent buter, l’un après l’autre, contre la personne paraplégique, qui avait déjà parcouru presque la moitié du passage pour piétons. Le choc des enfants la jeta sur la chaussée, où 0.836 secondes plus tard la chaise lui tomba dessus.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’’événement, d’une extrême violence, se déroula pendant 3.81 secondes. L’issue de la catastrophe fut épouvantable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cycliste n<sup>o</sup> 1, Fabien G., 22 ans, de Cugy, auteur de l’enchaînement d’événements, est mort sur les lieux, suite à la fracture de la colonne vertébrale, sans qu’une contravention ne lui soit dressée pour non-respect aggravé de la signalisation routière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cycliste n<sup>o</sup> 2, Yves-Alain M., 39 ans, de Saint-Sulpice, est mort sur le coup par l’éclatement de la carotide interne gauche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Brian, 3 ans, de Saint-Sulpice, est mort d’hémorragie cérébrale à l’hôpital.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Igor, 3 ans, de Saint-Sulpice, est mort dans l’ambulance suite à la perforation des poumons par une manche de la chaise roulante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sylvie T., 53 ans, de Lausanne, paraplégique, est morte d’un arrêt cardiaque après réanimation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cinq vies fauchées d’un coup en une infime fraction de temps. Le bilan terrible de ce drame est là pour rappeler encore et toujours l’importance de respecter les règles les plus élémentaire de circulation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">(Philippe Testaz, avec les agences)”</p>



<p class="wp-block-paragraph">[30 octobre 2024]</p>
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		<title>Que croire?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[RaduRo10]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Aug 2024 06:01:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sept ans en arrière explosa aux États Unis d’’Amérique le mouvement #MeToo. Il se propagea rapidement au Royaume Uni et ensuite […]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Sept ans en arrière explosa aux États Unis d’’Amérique le mouvement <em>#MeToo</em>. Il se propagea rapidement au Royaume Uni et ensuite à d’autres pays du monde occidental comme un tremblement de société dans le politique, les médias, les arts, l’enseignement, les affaires, le sport.<span id="easy-footnote-1-31845" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/que-croire/#easy-footnote-bottom-1-31845" title="Dieu merci, en Suisse cela reste encore relativement rare, mais point dans le monde."><sup>1</sup></a></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis, on ne compte plus les filles et les femmes qui dénoncent régulièrement, une après l’autre, les violences les plus diverses – sexuelles, physiques, émotionnelles, sous différentes formes et aux degrés le plus variés, perpétrées toujours par des hommes et souvent plusieurs décennies en arrière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À ce que je sache, très rares sont les filles et les femmes (très) célèbres et fortunées qui engagent ces actions civiles et tout aussi rares sont les accusés qui ne sont pas (très) célèbres et fortunés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, on observe qu’au passage et prenant de l’ampleur, ce mouvement a finalement atteint aussi les hommes. Envers les hommes. Pour les mêmes raisons. Il s’appelle <em>#HimToo.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Là aussi à ce que je sache, très rares sont les hommes (très) célèbres et fortunés qui engagent ces actions civiles en dommages et intérêts et tout aussi rares sont les accusés qui ne sont pas (très) célèbres et fortunés, et là aussi, les plaintes peuvent arriver bien des années après les faits dénoncés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si dans l’absolu tout acte de violence est par principe inadmissible et condamnable, sans vouloir préjuger d’aucune manière sur le bien-fondé de ces plaintes ni sur les raisons de si longues attentes, il convient d’admettre que ces coïncidences ont tout de même de quoi au moins surprendre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, nous ne sauront probablement jamais combien de ces accusés auront été innocentés par les tribunaux.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">*</p>



<p class="wp-block-paragraph">Soyons clairs: ces considérations ne remettent nullement en question les vraies tragédies vécues jadis ou aujourd’hui par nombre de vraies victimes connues ou inconnue de vraies monstruosités de toutes sortes perpétrées par de vrais agresseurs connus ou inconnus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[27 février 2024]</p>
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		<title>et pas que d’hier</title>
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		<dc:creator><![CDATA[RaduRo10]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 01 Jun 2024 05:44:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À présent, hormis l’argument douteux de l’introduction furtive et forcée du concept autant hypnotisant qu’envahissant de “mobilité douce” […]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">[…]</p>



<p class="wp-block-paragraph">À présent, hormis l’argument douteux de l’introduction furtive et forcée du concept autant hypnotisant qu’envahissant de “mobilité douce” (!), quelles raisons sérieuses apporteraient au contribuable les édiles qui en quelques années seulement ont fait disparaître en ville 2500 places de stationnement pour ne proposer en échange aucun parking souterrain, cela après avoir d’abord éliminé les places blanches gratuites (à durée illimitée), ensuite les places rouges (durée 15 heures) et enfin les places bleues (durée 90 minutes), pour conserver uniquement les places payantes?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Heureusement, ces mêmes édiles ont pourvu aux besoins des contribuables en remplaçant toutes ces places disparues pour le stationnement des voitures tout d’abord par encore plus de supports en acier où les cyclistes peuvent cadenasser en toute sécurité leurs propres moyens de transport après avoir parcouru les boulevards qui leur ont été créés dans une petite ville qui compte plus de 300 m de dénivelé, ensuite par encore plus de places de stationnement pour personnes handicapées (qui, il faut le dire, restent souvent inoccupées tant leur nombre dépasse celui des véhicules autorisés), et enfin par des places à usage commercial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au moins toutes ces mesures ont un avantage notoire, s’il l’on se rappelle une soirée restée fameuse il y a plusieurs années en arrière lorsqu’une représentation majeure de ballet a rempli la grande salle du Comptoir Suisse. Malheur fut à tous les spectateurs qui n’avaient pu trouver place pour parquer leurs voitures aux alentours: à la sortie: strictement toutes ces voitures posées à qui mieux mieux la chance (des centaines probablement) portaient sous leurs balais d’essuie-glaces de fières amendes pour mauvais stationnement, que leurs propriétaires-spectateurs ont dû ajouter au prix du billet d’entrée dont l’impôt sur le divertissement était déjà inclus. Eh bien, à l’avenir plus de telle fâcheuse surprise pour les cyclistes-spectateurs qui disposeront de barres d’acier à profusion pour cadenasser leurs moyens de transport.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Heureusement aussi qu’à Lausanne la règle de la limite à 30 km/h n’a pas – encore – gagné jour et nuit l’entier territoire de la ville comme c’est déjà le cas à Fribourg, mais nul doute qu’au vu de la tendance actuelle de proscrire l’usage de la voiture au bénéfice de la mobilité douce, des vélos, trottinettes électriques ou non et autres skateboards et rollers électriques ou non, il ne s’agit là que d’une simple question de temps. Heureusement encore que ce petit pays ne fabrique pas des automobiles, autrement je peux facilement imaginer le combat de titans que ces édiles auraient à mener avec les syndicats correspondants. Mais il est aussi vrai qu’il ne fabrique non plus des trottinettes, des skateboards et des rollers… Étrange donc. Le fait est que sur ces zones de plus en plus nombreuses les édiles ont fait d’une pierre deux coups: non seulement sont-elles limitées à 30 km/h, mais les chauffeurs ont chopé une telle peur qu’ils roulent souvent à 20, 15 voire 12 km/h.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À ce titre, il serait peut-être intéressant de s’interroger sur le profil de ces édiles et fonctionnaires qui se succèdent ces derniers temps et se ressemblent tant, joliment payés par les impôts du même contribuable qu’ils soignent. Seraient-ils tous piétons, cyclistes ou skateboarders? Les descriptifs des postes qu’ils pourvoient seraient-ils conçus de telle façon afin d’attirer, filtrer et recruter des personnes taillées sur mesure précisément pour produire de tels résultats? N’y aurait-il aucune levée de bon sens dans l’administration, ou bien est-ce que tout ce pétchi est rendu possible rien qu’au nom du sacro-saint consensus suisse? Et la police dans tout cela, qui nous assure être toujours prête pour servir et protéger mais qui passe sereinement et systématiquement par devant l’armada de clochards professionnels et de vendeurs de drogue qui sont désormais placés pratiquement à chaque coin de rue, alors que les lois interdisant la mendicité et le traffic se suivent, se ressemblent et restent finalement&nbsp; vaines?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le fait est que depuis maintenant plusieurs années et portés par la mobilité douce, nous vivons sous le règne des vélos [Note]Voir “L’âge des monarques”[/Note] qui ne connaissent qu’exceptionnellement les feux rouges, les passages pour piétons, les trottoirs, souvent roulent à la vitesse des voitures et parfois même plus vite encore. Par conséquence, pour être renversé et projeté à terre il n’est même pas besoin d’être une babushka clopinant entre ses béquilles: il suffit d’être au mauvais moment sur le trajet d’un vélo, car même un jeune sumo n’y fait pas le poids, si j’ose. En corollaire, sur des routes souvent rendues étroites pour causes diverses. où parfois la deuxième voie a disparu au profit d’un boulevard pour vélos, gare si par malheur la distance entre ta voiture et le vélo que tu dépasses à basse vitesse est de mois de 30 cm: derrière tu te payeras un hurlement ponctué par les plus innovantes insultes. Précisons tout de même que souvent ces cohortes d’usagers de la route circulent sur leurs deux roues aux heures de travail en tenue légère adéquate – combinaison moulante, capuche, masque, casque, chaussures à crampons, ce qui soulève la question s’ils ont bien un tel travail, ou alors s’ils ne seraient des rentiers, ou alors en vacance, en congé, ou à l’entraînement en tant que membres d’un club professionnel lambda.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">*</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout ceci n’est qu’un bref extrait du monde meilleur installé ces derniers temps. Et je précise: rien (ou presque) n’est exagéré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[20 février 2024]</p>
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		<title>Tout fout le camp</title>
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		<dc:creator><![CDATA[RaduRo10]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 May 2024 07:45:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Plus de 43 ans déjà que j’ai choisi de vivre en Suisse, à Lausanne. À l’époque les choses étaient bien différentes, mais depuis, une flopée d’acteurs de tous bords annoncent bâtir […]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Plus de 43 ans déjà que j’ai choisi de vivre en Suisse, à Lausanne. À l’époque les choses étaient bien différentes, mais depuis, une flopée d’acteurs de tous bords annoncent bâtir (ou veiller à) un monde meilleur, de sorte qu’avec le temps et la répétition, ce syntagme est devenu une pure formule qui, elle, s’est enfin pratiquement banalisée. Alors sérieux: vraiment meilleur?! Voyons ça.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">*</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tu es en train de rouler tranquillement au volant de ta voiture lorsque devant, sur un trottoir, à droite ou à gauche, un piéton se trouve jambe à peine levée à moins de 50 cm de la bordure, face à la route, avec l’intention plus ou moins manifeste de la traverser sur un passage marqué, ou entre deux passages, c’est à dire n’importe où, feu vert, jaune ou rouge pour lui, c’est égal. Gare si tu n’arrêtes net ta voiture sagement devant les bandes jaunes du passage (s’il y en a), pour le laisser traverser, même si un îlot de repos est prévu entre les deux voies. Gare encore si tu ne t’arrêtes qu’en catastrophe en “mordant” ces bandes quelques centimètres (si elles existent). Si par chance un policier vigilant ne t’aura pas déjà sifflé, tu devras de toute façon encaisser le regard de feu, impitoyable, du piéton outré, en plus de ses plus variées injures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De même, sur un trottoir, à droite ou à gauche, devant ta voiture qui roule, un piéton se tient raide à moins de 50 cm de la bordure, face ou non à la route. Lui, il sait (ou non) qu’il ne fait que regarder quelque chose, n’importe quoi, ou qu’il tapote sur son téléphone. Mais toi, au volant, ça tu ne le sais pas. Obsédé de ne pas tomber dans le cas d’avant, d’abord tu ralentis, ensuite tu freines et enfin tu t’arrêtes. Deux ou trois secondes et autant de klaxons derrière plus tard, tu redémarres, à l’étonnement du piéton toujours figé ou qui ne t’aura peut-être même pas remarqué.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et encore, peu importe si un piéton s’engage pour traverser la route complètement à l’aveugle, sur un passage marqué, ou entre deux passages, c’est à dire n’importe où, feu vert, jaune ou rouge pour lui, les yeux collés sur le téléphone portable ou, en plus et encore mieux, écouteurs dans les oreilles, et peu importe si, ayant gagné le trottoir de vis-à-vis en traînant les pieds tout absorbé qu’il est dans son téléphone, il ne fait de la main aucun signe de courtoisie ou, encore mieux, qu’il ait remarqué ton arrêt: c’est toi au volant et c’est encore toi l’imbécile qui doit respecter ses droits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment expliquer qu’à la Place de la Gare, qui était déjà encombrée par de multiples stations de bus et de taxis auxquelles s’ajoutait une poignée de places de stationnement pour 15 minutes maximum destinées à charger et à décharger les voitures, les édiles ont jugé que le moment était venu d’enlever jusqu’à la toute dernière telle place et tout restructurer afin d’installer – en été – une plage artificielle avec sable et arbustes plantés partout dans de gros bacs en bois et – en hiver – une patinoire artificielle? On peut facilement imaginer le voyageur qui, l’été, descend vite du train, sort de la gare, se met en tenue de plage et profite d’un rare moment de soleil sur une chaise-longue avant de gagner la maison ou une conférence. Et tant pis s’il fait déjà nuit. Ou alors le voyageur qui, l’hiver, descend vite du train, sort de la gare, enfile ses patins, s’offre un moment de détente sur la glace du patinoire avant de chercher sa voiture de location ou prendre le bus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au rayon de l’extravagance urbaine se remarque aussi ce traitement particulièrement innovant réservé en plein centre-ville à une courte portion du long axe principal est-ouest de l’agglomération, où sur une soixantaine de mètres a été aménagée à peine une dizaine de places de stationnement pour voitures au milieu et le long de la chaussée, sans précisions si elles sont accessibles depuis l’est ou depuis l’ouest ou depuis l’est et l’ouest, si elles sont payantes ou non, si le temps de stationnement est limité et, si oui, à combien de minutes ou de heures, et sans se soucier de comment fera le chauffeur quittant sa voiture parquée à cet endroit-là, au milieu du trafic, pour atteindre en toute sécurité un trottoir ou l’autre en l’absence de tout passage prévu à cet effet. Sans oublier l’embellissement de la Place de la Sallaz avec trois grandioses parallélépipèdes en plaques perforées de fer rouillé qu’on dirait récupéré de l’épave du Titanic, ton fécales, dont deux imprenables, apparemment sans autre rôle sauf celui décoratif, à part s’ils sont l’expression inédite de la vespasienne urbaine. Quel bonheur donc de pouvoir à leur vue se poser (pour certains jour après jour, pour d’autres à l’occasion) la question cornélienne <em>“Mais quel édile a donc pu demander ou valider de telles abjections?”</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le contribuable, la paix sonore et la sécurité en général sont primordiales, c’est la raison pour laquelle cet aspect est petit à petit devenu le sujet principal de préoccupation des édiles. Preuves les caméras de surveillance hissées à peu près partout, les radars qui ne pardonnent rien au delà d’un dépassement de vitesse de quelques pour-cent, les panneaux qui ont proliféré comme la pandémie avertissant en grosses lettres lumineuses et clignotantes soit la vitesse instantanée (avec quelques km/h en surplus, pour la bonne cause) soit le mot BRUIT même si vous y passez devant en voiture électrique, des feux qui tournent au rouge pour les véhicules sans qu’aucun piéton ne se présente à l’horizon, les “gendarmes couchés” disséminés là où on s’attend le moins, parfois tous les 50 m et parfois tellement hauts qu’il convient de les franchir à 10 km/h pour éviter soit des secousses trop violentes soit de raser le dessous de la voiture, les blocs de béton et autres chicanes qui vous obligent à zigzaguer en ralentissant, sans oublier les arrêts de bus installés 5 m devant un passage à piétons pourvu d’un îlot entre les voies, afin que les voitures arrêtées derrière ne puissent surtout pas contourner le bus durant son arrêt et doivent donc attendre. En conclusion, tout cela est bon, car on ne fera jamais preuve d’assez de précaution par rapport aux migrants, aux étrangers en général, aux touristes et à nous mêmes. Cet ensemble de mesures fortement limitatives quant au comportement routier a aussi un autre impact opposé et bénéfique, permettant le déploiement fulgurant de véhicules relevant des services d’ambulance, polices diverses et pompiers, qui peuvent ainsi se faire vivement entendre à la ronde au moyen de sirènes qui crèvent les tympans même si la route est dégagée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[…]</p>



<p class="wp-block-paragraph">[20 février 2024]</p>
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		<title>Le cercle infernal</title>
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		<dc:creator><![CDATA[RaduRo10]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jan 2024 06:52:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quésaco ce cercle infernal? Simplement ce à quoi nous sommes confrontés jour après jour. Qui nous? Nous tous qui, pour le meilleur ou pour le pire, pour notre travail ou pour nos loisirs, dépendons de plus en plus des écrans - nains, petits, moyens et grands, […]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Quésaco ce cercle infernal? Simplement ce à quoi nous sommes confrontés jour après jour. Qui nous? Nous tous qui, pour le meilleur ou pour le pire, pour notre travail ou pour nos loisirs, dépendons de plus en plus des écrans – nains, petits, moyens et grands, qui sont les faces visibles de ces machines algorithmiques que représentent (parmi d’autres) les montres, les smartphones, les tablettes et les ordinateurs. Heureux donc ceux qui peuvent les éviter. Mais qu’est-ce donc ce cercle infernal? C’est notre condition – devenue routine – de constituer les éléments (pour ne pas dire les pions) du violent combat entre d’une part l’intrusion et l’agression et d’autre part la sécurité et la défense. Notre valeur en tant qu’utilisateurs de ces machines se situe là. Si l’on ajoute en vrac les webcams, les cartes de crédit et de membre, les balises, les voitures, les satellites, les puces embarquées, l’Internet&nbsp; des objets et j’en passe d’autres que j’ignore, on voit que les voies d’attaque sont aussi nombreuses que diverses et qu’elles couvrent <em>grosso-modo</em> la quasi totalité de nos vies. À tous ces objets-espions s’ajoute l’armada des logiciels, sans lesquels nous n’aurions affaire qu’à une cimetière de ferraille. Gare donc pêle-mêle aux chevaux de Troie, collectes et trafics de données, virus, publicités ciblées, cookies, etc. Devant cette déferlante de nocivités, les moyens informatiques sécuritaires et de défense font pâle figure mais, n’empêche, ils existent et sont là, faisant de leur mieux dans le cadre du combat incessant, plus ample mais perdu d’avance pour le droit à l’anonymat. Car plus coriace la défense et plus forte l’agression. Plus robuste la sécurité et plus perçante l’intrusion. Le cercle infernal est là et va savoir de quoi sera fait l’avenir.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">*</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela me rappelle la fuite obsessionnelle de la souris dans sa cage ronde qu’elle fait tourner justement par sa fuite . <span id="easy-footnote-2-31630" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/le-cercle-infernal/#easy-footnote-bottom-2-31630" title="<a href=&quot;https://tenor.com/view/kai-kai-art-kai-editions-imaginary-friend-hamster-wheel-gif-17202965&quot;>https://tenor.com/view/kai-kai-art-kai-editions-imaginary-friend-hamster-wheel-gif-17202965</a>."><sup>2</sup></a></span> <span id="easy-footnote-3-31630" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/le-cercle-infernal/#easy-footnote-bottom-3-31630" title="Au cas où l’on se mettrait à suspecter un quelconque rapport allant jusqu’à une connivence évidente entre cet essai et celui intitulé “X%”, j’avertis: c’est exactement ça."><sup>3</sup></a></span></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="498" height="448" src="https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2023/10/Le-cercle-infernal.gif" alt class="wp-image-31445"></figure>



<p class="wp-block-paragraph">[3 octobre 2023]</p>
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		<title>X%</title>
		<link>https://lecorbeaublanc.me/essais/x/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[RaduRo10]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Nov 2023 09:46:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Que nous le voulions ou non, nous ne sommes tous pas plus que des statistiques. Éléments de statistiques. Des plus diverses. La principale chose est que nous vivons. […]</p>
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									<p>«Il y a trois types de mensonges:<br>mensonges,<br>mensonges grossières et<br>statistiques.»<br>(Attribué à Winston Churchill)</p>								</div>
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									<p>«Un mort? Une tragédie.<br>Un million de morts? De la statistique.»<br>(Atribué à Iossif Vissarionovitch Djougachvili, dit Staline)</p>								</div>
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									<p>Que nous le voulions ou non, nous ne sommes tous pas plus que des statistiques. Éléments de statistiques. Des plus diverses. La principale chose est que nous vivons. (Et – accessoirement – que nous votons.) Mais aussi que nous mourrons. Pour elles. Sans nous, zéro statistiques. En revanche, plus nous sommes et plus il y aura de la matière pour elles. Et mieux elles se porteront. Notre pouvoir est par conséquent immense! Au moins devrait-il l’être.</p><p>Mais que dal. Des banav que tout cela! Nous ne sommes tous rien d’autre que des éléments de statistiques avec pouvoir zéro à part celui de nous voir placés à notre insu dans telle ou telle zone, groupe, catégorie ou position, à tel ou tel rang ou niveau, etc. Quant au critères de classement, leur nombre est infini, et si par hasard il venait à finir, il s’en trouverait encore de nouveaux.</p><p>Accoutumances, achats, activité, âge, aide, animaux, aversions, avoirs, casiers, chomage, civisme, crédits, cultes, délits, dépenses, enfants, épargnes, état civil, études, fortune, habits, habitudes, infractions, intérêts, lectures, loisirs, maladies, mariage, métiers, meurtres, migration, misère, mobilité, mortalité, natalité, politique, occupations, origines, penchants, pendularité, poids, préférences, salaires, sexe, soucis, souhaits, sport, tailles, vacances, vice, vitesse.</p><p>Les % règnent partout, sans partage. Tout et n’importe quoi se mue en pour-cent par rapport au but choisi pour la circonstance: population du pays, de la région, de la ville, classe d’âge, niveau de vie, espérance de vie, choix, tendances, prévisions, dynamique. Difficile de savoir si le lointain inventeur du % en tant que signe ou référence l’aura fait parce qu’à son époque la population était nettement moins nombreuse, et que dès lors une petite centaine satisfaisait pour présenter un repère raisonnablement révélateur.</p><p>Une chose est sûre: les % des statistiques sont des commodities, des raw materials, c’est-à-dire des matières brutes de première nécessité qui se négocient au dessus de nos têtes, tel que le pétrole ou le blé, sauf que nous en sommes les composantes anonymes et infimes, comme pour l’opinion publique de la communauté internationale <span id="easy-footnote-4-31575" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/x/#easy-footnote-bottom-4-31575" title=" https://lecorbeaublanc.me/essais/lopinion-publique-de-la-communaute-internationale/"><sup>4</sup></a></span>.</p><p>Le plus frustrant est que nous sommes strictement sans défense aucune envers ces statistiques dont on est le combustible et qui circulent librement parmi nous, sans demander pardon ou crier gare. Nous sommes situés furtivement dans les 9.21% du groupe tel ou classés dans les 43.18% de tel autre, alors que notre identité est caractérisée par d’autres et bien plus de qualités et de défauts.</p><p style="text-align: center;">*</p><p>Allons! Ce n’est pourtant pas une raison d’être déprimés pour autant. Vivants ou morts, morts ou vivants, ceci donne tout de même un minimum de sens à notre existence. Actuelle et future. Le sillon que nous creusons dans la vie et la trace qui nous suivra après la mort se retrouve(ro)nt largement dans nombre de ces %.</p><p>[12 septembre 2023]</p>								</div>
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		<title>Les organes, quel exemple!</title>
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		<dc:creator><![CDATA[RaduRo10]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 Sep 2023 07:39:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Certains ont besoin de leur vie entière pour prendre vraiment conscience d’une réalité exemplaire, soit la faveur constituée avec nul apport personnel par la jouissance de ce dispositif presque miraculeux que la Mère Nature (certains disent le Seigneur) leur offre sans contrepartie: leur propre corps. […]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph">Certains ont besoin de leur vie entière pour prendre vraiment conscience d’une réalité exemplaire, soit la faveur constituée avec nul apport personnel par la jouissance de ce dispositif presque miraculeux que la Mère Nature (certains disent le Seigneur) leur offre sans contrepartie: leur propre corps. Un groupage d’outils disposés conformément à une logique parfaite, un assemblage de fonctions nécessaires et suffisantes à une existence équilibrée, le tout concentré à l’essentiel, souvent avec des emplois multiples. Prenons ceux des exemples qui sont parmi les plus importants.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Le cerveau est le poste stratégique de commande qui contrôle et règle tout. Il est placé à dessein en haut de la structure, dans une boîte renforcée. Les nerfs créent un tissu de transmission infini qui pousse les ordres du cerveau jusqu’aux derniers recoins du corps. Le cœur est le moteur de la locomotive qui met tout en marche et fait mouvoir l’ensemble. C’est aussi le second cerveau, celui qui anime tout. Le système sanguin est un réseau routier on ne peut plus sophistiqué, où se croisent les véhicules de la vie. Le système lymphatique est un second réseau, pédestre. Il passe par une station qui est la rate. Le squelette est la structure de soutien de l’édifice, son armature. Les muscles forment un mécanisme varié qui fait bouger le corps dans tous les sens. La bouche est la porte d’entrée de l’alimentation. Elle s’ouvre et se ferme sur ordre du cerveau et reçoit air, eau et nourriture pour les envoyer plus loin. L’œsophage est un toboggan continu d’eau et de nourriture. L’estomac est un silo et un centre de traitement pour aliments. Les reins sont le centre de tri pour les liquides. Le foie est aussi un centre de tri, une station d’épuration et une déchetterie. Les intestins sont des égouts tortueux où cheminent les déchets pour être éliminés. La vessie est le bassin de rétention pour les liquides traités avant l’évacuation. Dans son ensemble, le système digestif est vu comme le troisième cerveau, tout aussi crucial que les deux premiers: c’est le siège de l’audace et de l’intuition. Voisine de l’œsophage est la trachée, qui est un tuyau de ventilation continu. Les poumons sont deux soufflets qui fonctionnent par réflexe inconditionné obéissant aux ordres du cerveau. Isolés à la fin du parcours se trouvent les instruments pour l’union des corps par lesquels se perpétue l’espèce. L’utérus est le local qui abrite le fruit de l’union. Là il éclot. À la surface il y a la peau qui couvre tout. Elle est manteau, filtre et rempart. Et partout, absolument partout, est répandue l’armée de gardiens qui défendent chaque pouce de l’ouvrage: ce sont les anticorps. Manquent seulement les branchies pour vivre sous les eaux ainsi que les ailes pour voler.</p>
<p class="wp-block-paragraph">En son entier, cet ensemble si harmonieusement composé est extraordinairement résistant et pourtant incroyablement fragile. L’homme sain et saint rend grâce chaque instant de sa vie pour cette faveur dont il a humblement la conscience qu’il n’en tire nul mérite. L’homme bêtement sain en revanche passe son temps fleur au fusil en tête de son bataillon rodé formé de ces braves soldats aux aguets, toujours obéissants, jamais fatigués. Comme chacun d’eux accomplit sa propre mission efficacement, dans la discipline et en silence, au mieux a-t-il l’habitude de ne pas se soucier, car pour lui ce dispositif roule tout seul à la condition de lui assurer les deux éléments indispensables que sont l’énergie et l’air. Loin d’en prendre soin, au pire il le torture de mille façons. Il y a enfin l’homme atteint par un mal ou une souffrance plus ou moins grave. Il peut être tout juste misérablement écrasé sous sa peine, n’aspirant qu’à être soulagé. Mais il peut aussi bien s’élever au dessus, et les meilleurs exemples connus sont à chercher dans Le Livre de Job et dans l’Évangile selon Saint Matthieu, 26/39, 42: <em>“Allant un peu plus loin, Il tomba face contre terre en priant et Il disait: «Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi! Cependant, non pas comme Moi Je veux, mais comme Toi Tu veux.”</em> et <em>“De nouveau, Il s’éloigna et pria, pour la deuxième fois; Il disait: «Mon Père, si cette coupe ne peut passer sans que Je la boive, que Ta volonté soit faite!”</em> Ces hommes lourdement atteints sont les vrais saints.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Par opposition, l’homme naïvement sain fait erreur. Bien sûr, il n’est de loin pas le seul à avoir reçu ce bienfait, comme dans le cas de la pensée. Au contraire et justement, par sa conscience, il est le seul à devoir le reconnaître, remercier et s’y conduire en accord, ce qui reste terriblement rare, car la plupart, cette faveur ils s’en moquent. L’homme en éveil se devrait d’être conscient de chaque chose, attribut, élément ou fait dont il est pourvu ou profite, raison comprise. Il faut dès lors une bonne dose de peine à l’homme sain, un malheur solide, tenace, pour qu’il comprenne que son corps entier n’est pas une donnée immuable de son vécu.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Mais comme fondamentalement il est aussi le seul à avoir reçu la clé du royaume de la Terre, c’est venu dans la nature de l’homme de se porter en maître absolu dans la froideur de ce qui l’entoure, et suivant cette piètre logique également de lui-même. S’ajoutent à cet orgueil les ainsi dites “avancées technologiques majeures” au travers desquelles sont engendrés ces hommes-là que l’on appelle bioniques et cryogèniques, pour que de cette façon le temple du corps puisse durablement muer en un vrai, fier et performant appareillage électromagnétique prêt à tout emploi, <em>Made in Earth</em>.</p>
<p class="wp-block-paragraph">[4 septembre 2023]</p>
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		<title>Bouffonnade</title>
		<link>https://lecorbeaublanc.me/essais/bouffonnade/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[RaduRo10]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Jul 2023 06:12:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les faits burlesques de ces derniers jours m’ont inspiré un mot insolite que j’ai décidé de placer en titre de cet écrit: un hybride entre bouffonnerie et pantalonnade, termes qui en pratique sont synonymes, indiquant une farce pitoyable. […]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<table class="wp-block-advgb-table advgb-table-frontend bouffonnade"><tbody><tr><td>Légende </td><td>A: vaste réunion d’États fédérés multi-ethniques</td></tr><tr><td></td><td>B: vaste État multi-ethnique moins vaste que A</td></tr><tr><td></td><td>C: vaste État multi-ethnique beaucoup moins vaste que B</td></tr><tr><td></td><td>D: État autoritaire faiblement peuplé allié à B</td></tr><tr><td></td><td>E: Région autoproclamée république faisant partie de B</td></tr><tr><td></td><td>F: Puissant État voisin membre d’une alliance ennemie</td></tr><tr><td></td><td>U: société militaire privée</td></tr><tr><td></td><td style="background-color:#ffffff">V: créateur de U</td></tr><tr><td></td><td>W: repreneur de U</td></tr><tr><td></td><td> X: ministre de la défense de B</td></tr><tr><td></td><td>Y: chef de l’état major des armées de B</td></tr><tr><td></td><td>Z: président de B</td></tr></tbody></table>



<p class="wp-block-paragraph">Les faits burlesques de ces derniers jours m’ont inspiré un mot insolite que j’ai décidé de placer en titre de cet écrit: un hybride entre bouffonnerie et pantalonnade, termes qui en pratique sont synonymes, indiquant une farce pitoyable. Les équivalents pour le composer ne manquent pas – fumisterie, pitrerie, tartuferie – mais je suis resté sur l’idée initiale. Voici leur déroulement tel que je les vois, en laissant le lecteur identifier correctement les euphémismes, ce qui ne devrait pas être une tâche trop difficile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Trente-deux ans en arrière, l’État A se défait en une quinzaine d’États distincts et plus ou moins indépendants de État A-mère, dont État B. Neuf ans en arrière a lieu l’annexion par cet État B d’un territoire appartenant depuis soixante ans à l’État C voisin, ce qui allume une situation d’animosité diplomatique, politique, sociale et militaire constante et réciproque entre ces deux États. Une force paramilitaire inconnue jusqu’alors s’affirme lors de cette attaque du côté de l’État B. Elle prend le nom de U, un auteur romantique allemand, et se fait connaître ensuite dans d’autres conflits ci et là. C’est un lieutenant-colonel des services spéciaux, citoyen V de l’État C, décoré par l’État B, qui créé pour l’occasion dite milice, partie d’un effectif estimé à 250 membres et formée de mercenaires dont une majorité d’anciens détenus. Les années la voient s’étoffer jusqu’à plus de 50ooo combattants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voici à présent l’acteur W, cette fois citoyen de l’État B, ancien détenu pour fraude et banditisme, également décoré par cet État, devenu milliardaire et accessoirement vieille accointance de Z, président de B. Quand et comment fait-il pour s’emparer de la société militaire créée par V n’est pas clair. De fait, à partir de là, son créateur tombe dans l’oubli et l’on s’habitue à parler de cette entité comme de la propre armée privée et active de W. En parallèle, durant le temps écoulé depuis, V et W sont frappés par des sanctions élaborées dans certains États dits démocratiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Seize mois en arrière, sans crier gare, l’armée de B main dans la main avec les formations de U, pénètre sur le territoire de C déclenchant ce qu’elle appelle une opération militaire spéciale qui fait des ravages dans les deux camps. Récemment, les forces de C, massivement appuyées par les renforts venant de certains États dits démocratiques, annoncent une vaste contre-offensive. Dans ces conditions et depuis plusieurs semaines, W multiplie ses critiques envers l’état major de B pour sa stratégie de guerre comme pour l’absence de support en matériel qu’elle est censée devoir à U. Son blâme s’adresse précisément à X et Y, à savoir le ministre de la défense et le chef de l’état major des armées de B, mais entre les lignes l’on peut facilement deviner des flèches qui pointent vers le régime autoritaire de Z.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, 48 heures en arrière, tard le soir, hors de lui, W annonce que des obus de B avaient été tirés sur les camps d’entraînement de U tuant nombre de ses combattants. En réponse, il déclare vouloir supprimer X et Y puis, dans la foulée, libérer le peuple de B. Il indique lancer les troupes sur la capitale de B distante de 1300 km, vouloir aller jusqu’au bout voire jusqu’à la mort, et comme but ultime, pendre X et Y sur la grande place de la ville.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’effectif de U présent sur le territoire de C se retourne et se met en marche forcée en direction de la capitale de B. Peu après il passe la frontière entre les deux pays. L’agence de presse d’État annonce des mesures de sécurité renforcées dans les principales villes situées sur le tracé annoncé. Entre temps, X se défend de ces accusations et le procureur général de B ouvre enquête envers W pour instigation à la guerre civile et mutinerie armée. Sur ce, l’État C dit affermir sa contre-offensive pour tirer profit de la provocation de W. Plongés dans l’incompréhension, les États dits démocratiques ou non suivent attentivement la situation, alors que la guerre entre les armées de B et C continue de plus belle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au milieu de la nuit, W révèle que ses forces ont abattu un hélicoptère militaire de l’État B, où les autorités locales appellent la population de rester à la maison. Du côté de U on signale que ses 25000 combattants sont prêts à mourir dans ce défi et que si tel était le cas, ils seraient remplacés sitôt par 25000 autres. À l’aube, depuis l’exil, un riche opposant à Z invite quiconque à rejoindre le bandit W pour faire tomber le bandit Z. Le maire de la capitale transmet sur les réseaux sociaux que des préparatifs antiterroristes y sont en cours. Ville après ville, l’avancée des unités rebelles semble inarrêtable au point que tôt le matin est diffusée l’information que Z parlera à la nation, tandis que le ministère de la défense promet la sécurité aux soldats de U se retirant de l’aventure criminelle engagée par leur chef. Bientôt, Z s’adresse à la nation parlant de trahison, de coup de poignard dans le dos, de menace mortelle et d’unité nationale. Sur un ton martial il insiste sur la punition des traîtres. La tension approche l’apogée et l’on commence à se poser des questions sur la capacité qui resterait encore à Z de maîtriser la situation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un après l’autre, les dignitaires du régime ainsi que le chef de l’Église apportent leur soutien au président pendant qu’à 600 km de la capitale des combats s’engagent entre l’armée régulière de C et les forces de U. À midi, W se dresse directement contre Z et l’accuse de se tromper lourdement en prenant les combattants de la milice pour des traîtres, lui compris. Il doute que le président ne soit dupé sur la réalité du front par les mêmes X et Y, qu’il accuse aussi, mais cette fois vertement, pour avoir envoyé à la mort des dizaines de milliers d’enfants du pays. Très vite sort et se propage le bruit que Z a quitté précipitamment son palais et s’est réfugié dans une de ses villas bien gardée par les troupes d’élite, mais la rumeur est aussitôt réfutée par son porte-parole.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’après-midi commence par des gestes de soutien à Z venus de l’extérieur, d’abord de l’État D, éternel allié aux airs de vassal, ensuite du président de E qui envoie sans attendre des barbus armés dans les zones de tension, et enfin du président de F, lui même cible d’un putsch sept ans plus tôt. Cependant, vers le milieu de l’après-midi, U se trouve à 400 km du but, au moment où le ministère des Affaires étrangères informe les États dits démocratiques que <em>«Nous mettons en garde contre toute tentative pour profiter de notre situation intérieure afin d’atteindre des objectifs hostiles. De telles tentatives seraient futiles. Tous les objectifs fixés par l’opération militaire spéciale seront atteints»</em>. N’empêche, le long du parcours désormais bien connu, les préparatifs s’intensifient. En parallèle, la propagande de l’État C envahi appelle les soldats de B à choisir leur camp, donc à la désobéissance militaire. Les États dits démocratiques finissent par déconseiller formellement à leurs citoyens tout déplacement vers ou dans l’État B. Moins de 24 heures après le début de la crise, la tension atteint l’apogée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis, tout à coup, lorsque les troupes rebelles ne se trouvent plus qu’à 200 km de la capitale et que dès lors le monde entier est légitimement accroché au dénouement du conflit, pile à l’heure du téléjournal, on apprend que le président autocrate de l’État D a intercédé auprès de W en faveur de Z, et a surtout négocié l’arrêt des mouvements de U sur le territoire de l’État B ainsi que la désescalade des tensions, que W a acceptés pour éviter un bain de sang entre frères. Voilà, il n’a tenu qu’à ça.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Très vite, les colonnes de U se retournent sur leurs talons et 24 heures après entament la marche inverse vers le point de départ. À l’arrivée, ils sont tout de même acclamés par des habitants en liesse qui scandent le nom de la milice, font des photos et se prennent en selfies avec les rebelles. Quant à la fin de l’histoire, eh bien comme partie de l’accord, W doit semble-t-il s’installer dans l’État D, permettant du coup au procureur général d’abolir les charges contre lui et tous ses combattants.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">*</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si dans quelque temps on lit ou relit cette bouffonnade sans y avoir touché entre temps, on peut s’attendre à ce que l’on pense qu’il s’agit d’une fiction parodique, ce qui n’est aucunement le cas. Voilà pourquoi je veux clore ce récit par un certain nombre de remarques et questions de base jetées en vrac, <em>street &amp; cash</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qu’est-ce qu’exactement et en réalité que ce colossal foutage de gueule ? À voir le déroulement, je crois que même ses acteurs ne le savent pas très bien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment expliquer qu’aucun des griefs de W n’a été démenti fermement durant la crise, alors que l’État B réprime le moindre avis contraire à la ligne du régime? Mystère… Mystère?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourquoi y avait-il besoin des combattants barbus de la soit-disant république autoproclamée E alors que l’État B est la deuxième puissance militaire mondiale? Et boule de gomme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment comprendre l’évaporation totale de X et Y durant la crise comme le maintien dans leurs fonctions après? La raison est simple: le week-end. Et leur succession n’était pas à l’agenda de Z.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment croire qu’après 800 km (600 Km ? 1100 km ? – peu importe, les avis divergent) de marche forcée – d’accord, sans doute dans des camions – 25000 brutes sanguinaires (ce qu’un mercenaire doit être) font une pirouette de 180° sur un simple ordre sans sortir le moindre couic? Un seul mot: discipline.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qui goberait la médiation rapide, efficace, propice et pacifique du président de l’État D qui se targue d’une réputation au niveau de la mer auprès des États dits démocratiques? Nous. Tous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’heure du <em>live</em> tous azimuts, des nuées de satellites et de&nbsp; <em>smartphones</em>, comment expliquer l’absence quasi totale d’images montrant les colonnes de U, la riposte des forces régulières de l’État B et les mesures antiterroristes? Excellente question.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment qualifier quelqu’un qui hurle des propos tonitruants couteau entre les dents, dit vouloir pendre des généraux et aller jusqu’à la mort, et vingt heures après laisse tout tomber pour ne pas verser le sang de frères? Il ne l’avait peut-être pas prévu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Serait-ce pour y prendre du bon temps qu’un multimilliardaire se retirerait dans un des pays les plus austères et fermés? Chiche!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Devrait-on – tel l’avis général – interpréter ce bras de fer, voire ce bras d’honneur que je continue d’appeler bouffonnade, comme le début de la fin de Z? Pas sûr. Dans un avenir pas si éloigné, je serais encore moins étonné d’apprendre que Z a reçu l’invitation de W pour officier comme parrain de son nouveau rejeton.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et finalement: <em>cui bono</em>?</p>



<p class="wp-block-paragraph">P.S. Tel qu’il a été ouvertement déclaré par les autorités des États dits démocratiques avec leurs diverses agences expertes de renseignements et eu égard leur réserve inhabituelle et constante durant les 24 heures de crise, il faut bien se rendre à l’évidence que le comment et le pourquoi de cette parodie ont échappé aux analystes stratégiques les plus rompus ce qui, encore une fois, fait la démonstration des limites souvent étonnantes de cette caste de fonctionnaires spécialisés grassement payés avec l’argent du contribuable. Car l’explication est évidente, simple et à la portée de tout un chacun, répondant du coup à la précédente avalanche d’interrogations. En réalité ce n’est donc pas si compliqué: même les grands hommes sont forcément d’abord des hommes avant d’être grands, et ce même s’ils ne le sont pas de par la taille. À n’en pas douter, W et Z sont de tels grands hommes, actifs en plus et chacun dans son secteur précis. Leur spécifique vient là où enlisés dans la routine – Z de passé vingt ans de pouvoir sans partage, W d’avoirs à ne plus savoir qu’en faire – chacun est peu à peu abattu par un ennui mortel, et la canicule du changement climatique n’aide pas. Alors, au lieu d’une N<sup>e</sup> partie de <em>paint-ball</em> ou de chasse, les deux comparses s’arrangent en catimini pour s’offrir ce loisir bien plus excitant donc gratifiant. C.Q.F.D.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[25 juin 2023]</p>
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		<title>Miracles?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[RaduRo10]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Jul 2023 07:15:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Décidément et heureusement impénétrables sont les voies du Seigneur! Car tenter de les comprendre est aussi insensé que vain. […]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Décidément et heureusement impénétrables sont les voies du Seigneur! Car tenter de les comprendre est aussi insensé que vain.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Milagro de los Andes</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">(Le miracle des Andes)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 13 octobre 1972 à 14h18, le vol Fuerza Aérea Uruguaya 571 décolle de Mendoza en Argentine. Destination: Santiago au Chili. Le trajet impose de traverser la cordillère andine à une altitude moyenne d’environ 6000 m. À bord 45 personnes, la plupart des membres d’un club amateur uruguayen de rugby. 76 minutes après, l’avion s’écrase dans le département de Malargüe de la province de Mendoza à une altitude d’environ 3600 m. 2 femmes et 10 hommes meurent lors de l’écrasement et 17 autres la période suivante. 10 semaines et 2 jours plus tard, un premier hélicoptère de l’armée chilienne évacue 6 survivants vers des hôpitaux de Santiago du Chili, puis le lendemain un deuxième hélicoptère les 8 restants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus de 20 ans passent et le 15 janvier 1993 sort aux États-Unis et en Inde le film américain <em>“Alive”</em> (<em>“Vivant”</em>) mis en scène par Frank Marshall. C’est un récit bouleversant qui retrace le calvaire vécu par les victimes et encore plus par les miraculés de cette tragédie, culminant avec l’épisode tant redouté de cannibalisme.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">The cave rescue</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">(Le sauvetage dans la grotte)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 23 juin 2018, 12 joueurs de football thaïlandais de 11 à 16 ans d’une équipe amateur et leur entraîneur âgé de 25 ans visitent une grotte de 10 km située sous une montagne de la province Chiang Rai en Thaïlande, à la frontière avec le Myanmar. Pendant leur trajet, un brusque déluge inonde la grotte et les bloque à 4 km de profondeur. Rapide, l’alerte réunit 100 scaphandres, 900 policiers et 2000 soldats, soit près de 10000 hommes au total. Son écho fait venir sur place des centaines de volontaires d’une vingtaine de pays ainsi qu’une demi douzaine d’experts plongeurs Britanniques et Australiens. 18 jours plus tard, ces hommes font sortir sains et saufs un par un les 13 jeunes munis d’équipements de plongée et rendus léthargiques, en les poussant sous l’eau comme des objets.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus de 4 ans après, le 5 août 2022 sort aux États-Unis le film américain <em>“Thirteen Lives”</em> (<em>“Treize vies”</em>) mis en scène par Ron Howard. C’est un récit tendu qui présente l’organisation parfaite des moyens déployés, les enjeux, les choix, le sacrifice des hommes, et à la fin l’incroyable pari qui sauve par miracle les treize garçons.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Operación Esperanza</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">(Opération Espoir)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 1<sup>e</sup> mai 2023 vers 07h40, un monomoteur Cessna 206 parti d’Araracuara pour rejoindre San José del Guaviare, s’écrase dans la forêt amazonienne près de Solano, département de Caquetá,&nbsp; en Colombie. À bord 7 personnes: une mère de la tribu indigène Uitoto avec ses 4 enfants, un autre indigène et le pilote, es 2 tués sur le coup. La mère s’éteint 4 jours plus tard. Miraculeusement épargnés, les 4 enfants de 1, 4, 9 et 13 ans commencent à errer dans une des jungles des plus féroces. 40 jours plus tard, ils sont retrouvés – épuisés, affamés mais sains et saufs – par plus de 150 militaires et secouristes appuyés par des moyens volants, 200 indigènes volontaires et 10 chiens bergers belges dont 1 fut perdu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce 10 juin 2023-là, au septième étage du bâtiment situé au 245 N Beverly Drive, à Beverly Hills en Californie, une équipe bien rodée – producteurs, scénaristes, metteur en scène – suit en silence et en direct le cours de l’opération transmis par un envoyé spécial glissé dans le dispositif de recherche. Parce que le film est déjà en route.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">*</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut avouer que si l’on s’aventure à passer en revue et surtout à s’imprégner des dangers, défis, risques et maux subis par chaque héros de ces trois épreuves hors du commun, l’imagination reste pauvre. D’abord aucun des 33 rescapés n’avait (ou n’a) pas 30 ans au moment respectif. Ensuite, c’est la nature qui ouvre dans ces cas sa collection: gel, nourriture, eau, végétation, arthropodes, rapaces, félins, reptiles, insectes. S’ajoutent les guérillas. Résultats: détresse, désespoir, deuil, épouvante, fantasmes, gangrènes, peine. Et enfin, dans ce corps à corps avec les éléments qu’on dirait inégal, on ne saisit pas trop comment, mais c’est l’homme – la vie – qui triomphe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[15 juin 2023]</p>
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		<title>Le nouveau désordre mondial</title>
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		<dc:creator><![CDATA[RaduRo10]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 Jun 2023 05:01:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Peu de temps en arrière, le Président russe a lancé un pavé dans la mare avec la force et le sérieux qu’on lui connaît. Il a  annoncé l’avènement d’une ère nouvelle, où le monde sera libéré de la domination de l’Ouest. […]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Peu de temps en arrière, le Président russe a lancé un pavé dans la mare avec la force et le sérieux qu’on lui connaît. Il a&nbsp; annoncé l’avènement d’une ère nouvelle, où le monde sera libéré de la domination de l’Ouest. Et du Nord. Pas tout le monde, mais seulement celui dominé: celui de l’Est et du Sud. En d’autre mots et en jetant un coup d’œil aux statistiques, plus de 85% de la population terrestre. En face, à peu près 45% du PIB (produit intérieur brut) mondial réalisé rien que par les sept premiers pays du Nord-Ouest. Quant aux fleurons que sont les moyens, la technologie, l’innovation, la recherche et le développement, ce n’est même pas la peine de comparer Nord-Ouest et Sud-Est.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’immensité des problèmes inhérents à – et entraînés par – cette déclaration glace. En ralliant la Chine, l’Inde et peut-être le Brésil, cet appel glace à la vue du fossé abyssal qui sépare ces deux “blocs”. Une crevasse béante entre les acquis intellectuels et matériels de l’Occident d’un côté et ceux du reste du monde de l’autre, accentuée par l’obligation avant tout de passer par une autre dynamique. Un retournement radical de doctrine. Une nouvelle stratégie qui, lors d’un bref coup d’œil, ressemble beaucoup à une authentique déclaration de guerre. “Dominés de tous les pays, unissez-vous !” ? En nous rappelant l’appel lancé en 1848 dans le Manifeste du Parti Communiste de Karl Marx et Friedrich Engels, à peine si l’on peut s’éviter des sueurs froides.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Grosso modo</em>, à force de communisme étouffant et mutilant à l’Est et de colonialisme dévergondé au Sud, il a fallu un siècle au Nord-Ouest pour en arriver à ce stade. Cela dit, le monde de 2020 est beaucoup plus loin de celui de 1920 que celui-ci ne l’était de 1820, n’en déplaise à la révolution industrielle. Car il ne s’agit pas seulement d’avancée économique, mais surtout de progrès humain et social, ainsi que de métamorphose politique mue par le changement absolu apporté par la communication. Et même si le nouvel ordre mondial – désormais si bien établi – fait grincer beaucoup de dents, dans ces conditions complexes comment lui substituer un autre, nettement différent et meilleur ?!…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette nouvelle configuration à plusieurs couches montre qu’il ne s’agit plus de lutte des classes mais de lutte des blocs. Avec des forces à priori totalement inégales. Nous ne sommes plus en 1984 mais en 1894, où les empires espagnol, britannique, français, japonais et russe se tuent pour le partage du monde. Les trois premiers n’existent plus. Le japonais est allégorique. L’empire russe sombra en tête, mais seulement par le nom. La chute du communisme ne fit qu’ouvrir large la voie de la renaissance d’une vieille et solide vision pour la Grande Russie: celle des tzars. Et depuis, c’est le nouvel empire américain qui mène les débats.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais fichtre!, comment faire pour inventer un autre meilleur ordre alors que chacun de ces quatre cavaliers composent tant bien que mal avec les capitalismes les plus féroces et les résultats les plus contrastés ? Comment réunir sous une seule et même torche révolutionnaire quatre hommes sur dix de religions différentes, dont une bonne partie vit sous le seuil de pauvreté, sans eau courante, électricité, accès aux soins et à l’éducation ? Comment concilier cette détresse généralisée avec l’avoir cumulé (égal au PIB de Taïwan) ne serait-ce que de leurs trente plus riches ressortissants ? Et la corruption ? Et le parti unique ‘ Et les castes ? Et le bazardage des ressources naturelles ? Et – osons le dire enfin – la démocratie avec ses fameux droits de l’homme ?…</p>



<p class="wp-block-paragraph">En dépit de multiples efforts, je ne vois pas à ce jour comment le Nord-Ouest, lancé à grande vitesse dans le post industriel, pourrait se faire imposer un autre nouvel ordre mondial par le Sud-Est, alors que même dans le secteur des dépenses militaires il traîne si loin derrière. Quelle pourrait être l’issue d’une telle confrontation qui, si elle ne sera pas tout d’abord idéologique, ne sera point ? Je n’en vois qu’une: c’est le titre porté par cet écrit.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">*</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais admettons l’inconcevable. En cas de victoire finale des actuels “dominés”, quel sera le sort des futurs ex-dominateurs ?!…</p>



<p class="wp-block-paragraph">[14 mai 2023]</p>
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		<title>L’homme nouveau</title>
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		<dc:creator><![CDATA[RaduRo10]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 03 Jun 2023 07:05:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Qui n’a pas contesté les préceptes surannés de papa et maman ? Qui ne s’est pas insurgé contre les “vieilleries” imposées par ses parents ? Qui ne les a pas défiées au risque de blâmes et autres punitions ? […]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



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<p class="wp-block-paragraph">N’oubliez jamais</p>
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<p class="wp-block-paragraph">N’oubliez jamais</p>
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<p class="wp-block-paragraph">I heard my father say</p>
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<p class="wp-block-paragraph">J’entendais mon père</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Every generation has its way</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Chaque génération suit sa route</p>
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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">I need to disobey</p>
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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">J’ai besoin de désobéir</p>
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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">N’oubliez jamais</p>
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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">N’oubliez jamais</p>
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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">It’s in your destiny</p>
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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">C’est dans ton destin</p>
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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">I need to disagree</p>
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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">J’ai besoin de m’opposer</p>
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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">When rules get in the way</p>
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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Quand les règles bloquent la voie</p>
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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">N’oubliez jamais</p>
</div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">N’oubliez jamais</p>
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</div>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-7387b849 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p style="text-align:center;margin-top:20px;"><a href="https://www.dailymotion.com/video/x1x7ik" target="_blank" rel="noopener"> https://www.dailymotion.com/video/x1x7ik</a></p>
<p style="text-align:center;margin-bottom:20px;">Joe Cocker 1997 (traduction de l’auteur)</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Qui n’a pas contesté les préceptes surannés de papa et maman ? Qui ne s’est pas insurgé contre les “vieilleries” imposées par ses parents ? Qui ne les a pas défiées au risque de blâmes et autres punitions ? Las: les talons aiguille, les mini-jupes, les cheveux longs des&nbsp;garçons, la cigarette pour les filles ne sont que des frivolités banales et gentilles comparé à l’abysse, à la rupture colossale, au renversement dont il est question dans cet écrit.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="620" src="https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2023/06/Lhomme-nouveau-1024x620.jpg" alt class="wp-image-31316" srcset="https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2023/06/Lhomme-nouveau-1024x620.jpg 1024w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2023/06/Lhomme-nouveau-300x182.jpg 300w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2023/06/Lhomme-nouveau-768x465.jpg 768w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2023/06/Lhomme-nouveau-1536x931.jpg 1536w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2023/06/Lhomme-nouveau.jpg 1558w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px"></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La nomenclature de l’image est connue. Ici l’attention se porte sur la génération Y, couleur lilas, celle dite des milléniaux <span id="easy-footnote-5-31310" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/lhomme-nouveau/#easy-footnote-bottom-5-31310" title="Pour des raisons de fluidité et de simplicité &amp;#8211; et aucunement par une quelconque préférence &amp;#8211; on arrêtera un moment cette pratique d’alourdir et encombrer inutilement le texte avec toutes les déclinaisons possibles propres aux deux genres."><sup>5</sup></a></span>, nés juste avant la fin du millénaire écoulé. Et pourquoi donc ? Eh bien parce qu’avec elle on enregistre probablement le seul et plus spectaculaire bond de la vision sur le devenir entre pas deux, mais – symétriquement – trois générations: d’une part cette Y et sa précédente, la X, et d’autre part la même Y et sa suivante, la Z, celle appelée des “zappeurs”.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Demandez à un Y dans sa trentaine de vous décrire le tableau de son avenir. Vous risquez fort de rester perplexe à l’écoute de son discours qui brosse un paysage de désolation du jour d’après où s’entassent pêle-mêle spectre du chômage durable, rejet des acquis du capitalisme et planète mourante – le tout sur fonds de condamnation à peine voilée de votre génération X comme des antérieures, toutes responsables de ce désastre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Outré, vous lui parlez de l’endurance foncière de l’homme devant les coups de temps difficiles, de sa hargne de vaincre les épreuves, de sa force qui n’a de pareil que sa volonté, de ses ressources insoupçonnées de résistance. Vous lui rappelez les guerres comme des leçons de souffrances incomparables, puis de renaissance héroïque. Larmes aux yeux, vous lui évoquez la génération silencieuse de vos propres parents suivie par celle des <em>baby boomers</em>. Vos mots choisis peinent à lui faire ressentir au mieux les temps glorieux que vous n’avez pas vécu vous même, mais qui vous ont été révélés par ceux qui les ont subi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vous verrez qu’il y a toutes les chances pour que le Y en question ne vous contredise pas, peut-être par respect pour votre émotion, peut-être par manque d’arguments contraires. En revanche, il pourra se retrancher derrière le verdict que – de toute façon – tel qu’il entrevoit l’avenir, avenir il n’y aura pas. Par conséquent, vous apprendrez que dans ces conditions et mû par un devoir basique envers le destin clairement sombre de potentielles progénitures, progéniture il n’y aura pas. Y n’enfantera pas. Point à la ligne. Fin de l’histoire. Ainsi, et pour autant que cette vision se généralise, Y viendra se ranger éventuellement aux côtés des derniers hommes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En réalité c’est qu’il y a plus. Et il y a pire. Car la source de cette babylonie eschatologique <em>sui generis</em> vient d’une originalité apparemment nouvelle: pour le Y, l’humanité et son histoire commence pile l’année de sa propre naissance. En clair, pour lui, le passé avec ses figures et ses événements c’est de l’abstrait. Grâce à ses parents, à peine s’il peut esquisser la face du monde au temps de leur adolescence à eux. Comment faisait-on concrètement de vivre sans tous les acquis de l’époque actuelle n’est pas un sujet en soi. Y n’a ni dette ni déférence envers le passé, comme il en fait preuve curieusement pour l’avenir. Y est celui par lequel la merveilleuse chaîne de la passation se brise. <span id="easy-footnote-6-31310" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/lhomme-nouveau/#easy-footnote-bottom-6-31310" title="https://lecorbeaublanc.me/essais/bouleversations-1-2/La descendance"><sup>6</sup></a></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’homme nouveau c’est Y. Mais à vrai dire et à y regarder de près, le Y n’est pas une nouvelle déclinaison du même homme tel que la Terre a connu depuis 123456… ans. Il n’est point le surhomme de Nietzsche, ni le triomphant homme nouveau du marxisme, ni l’arien du nazisme. À son insu et par son net déni du passé, l’ironie du sort fait qu’il n’est paradoxalement que le produit de consommation du même monde qu’il incrimine.&nbsp; C’est une première de l’Histoire qu’un volet entier se détache, autosuffisant, en tant qu’électron libre suspendu dans le temps. Il a déjà été montré avec davantage d’autorité: à la base, Y n’est pas plus un homme qu’un usager, un simple client statistique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et c’est là que surgit Z, dont il est encore trop tôt pour se prononcer avec pertinence sur les tenants et aboutissants. Lorsqu’il se tourne vers lui, notre Y est pris par le vertige. Il ne comprend strictement rien de cette génération de zappeurs, nés sous Internet, ouverts avec Facebook®, épanouis avec Instagram® et Snapchat®, pour lesquels la Russie est la capitale de l’Angleterre et qui pensent que la partie colorée de l’œil s’appelle Jésus. Y voit avec un mépris hautain ce rejeton (cependant pas tellement plus ignorant que lui-même) qui aujourd’hui est en train de se forger un avenir – raté pour Y – dans ce contexte en ruines qu’il rejette. Un Z qui pourtant – par la loi de la nature – lui succédera sous peu dans la vie de tous les jours. Aujourd’hui homme, demain femme, après demain ni l’un ni l’autre, chat même peut-être. Il ne saura pas dire si ce nouveau venu perpétuera sa trouvaille qui est de travailler le moins possible quitte à vivre chichement, pendant que Z se soucie clairement plus de la fonte des glaciers arctiques que du voisin grabataire au seuil de la mort dans le 2 pièces du 5ème. Je me dis alors que si le regard du Y sur le Z – qui lui est si proche par l’âge – est tellement perplexe si ce n’est terrifié, il est inutile d’aspirer à comprendre davantage autant l’un que l’autre.</p>



<figure class="wp-block-video"><video height="568" style="aspect-ratio: 916 / 568;" width="916" controls src="https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2023/06/Lhomme-nouveau-Generation-Z.mp4"></video></figure>



<p class="wp-block-paragraph">On parle ici d’un corpus significatif d’éléments fondamentaux pour tout ce qui constitue notre particularité en tant qu’espèce humaine par rapport au reste de la Nature, inerte ou vivante: cumul, expérience, valeurs, vision, aspirations, respect. On parle d’un temps où contrairement à tout autre moment du passé, au moins trois générations vivantes ne sont plus en mesure de préfigurer la face du monde à venir, puisque même la quatrième, celle qui arrive maintenant dans la fleur de l’âge, est incapable de voir autre chose qu’un paysage dévasté, mûr pour l’extinction.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">*</p>



<p class="wp-block-paragraph">La tâche est lourde de pouvoir fermer l’œil au <em>“No future”</em> du négativisme, de garder espoir et optimisme face à cet horizon cataclysmique et d’ouvrir l’oreille au “plus jamais ça” des chantres pour un monde meilleur destiné aux chères générations futures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À moins de s’appuyer sur la foi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[13 mai 2023]</p>
<p>L’article <a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/lhomme-nouveau/">L’homme nouveau</a> est apparu en premier sur <a href="https://lecorbeaublanc.me">leCorbeau.Blanc</a>.</p>
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		<title>AutoKK</title>
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		<dc:creator><![CDATA[RaduRo10]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 15 Apr 2023 10:58:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pauvres automobilistes !</p>
<p>Non, pas les conducteur d’autos que l’on taxe partout de plus en plus, auxquels on interdit chaque jour davantage de tracés et on réduit méthodiquement les possibilités de parquer leur véhicule […]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Pauvres automobilistes !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Non, pas les conducteurs d’autos que l’on taxe partout de plus en plus, auxquels on interdit chaque jour davantage de tracés et on réduit méthodiquement les possibilités de parquer leurs véhicules, ou enfin on augmente les prix des combustibles. Non.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pauvres marques, fabricants et industrie automobile !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Non-non, pas à cause des émissions de CO2 dont ceux qui fabriquent des voitures à combustion interne sont coupables pour un quart du total et ceux qui fabriquent des batteries pour les voitures électriques en sont pour le double à la production. Non plus pour la dixième place sur l’échelle sinistre de la létalité occupée par le nombre de victimes que ces engins de mort sèment en continu sur les routes dans les plus terribles accidents.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Non ! Pauvres fabricants de marques automobiles et surtout encore plus pauvres employés aux départements de marketing dont la tâche est de trouver sans répit pour leurs produits de nouveaux noms les plus évocateurs possibles, si ce n’est les plus vendeurs. Et, cerise sur le gâteau, en tenant rigoureusement compte des mœurs, coutumes et lexiques de chaque marché visé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À se demander, pourtant…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelle joie de songer se trouver dans un excrément (E-tron) ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment pouvoir flairer les grands espaces dans une Captur ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelle dame de bonne famille s’afficherait dans une LaPuta ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qui aurait l’idée farfelue de se mettre au volant d’une Naked ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que dire de s’embarquer le nez qui coule dans une Mocco ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelle mère résisterait aux ironies en conduisant une Previa ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quel plaisir réel de foncer en Cayman en Amérique du Sud ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment rouler une Scandal quand on a un peu de bon sens ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Louer une Captiva partout où la démocratie est arbitraire ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qui pourrait s’offrir une Scat à part peut-être un coprologue ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment motiver le choix d’une Pajero sans se faire moquer?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme si des mots comme soleil, joie, valeur, extase, paix, amour, miracle, diamant, digne, fleur, vaste étaient réservés…</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">*</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pire: tous ces mots maladroits, malheureux et malvenus sont si loin de faire référence à une quelconque particularité du modèle respectif ! Pourquoi dès lors ne pas avoir choisi, comme certains, de rester sur de simples chiffres ou sur les lettres de l’alphabet ?…</p>



<p class="wp-block-paragraph">[18 mars 2022]</p>
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		<item>
		<title>Les bons résultats du quiz “Vrai ou faux ?”</title>
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		<dc:creator><![CDATA[RaduRo10]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 15 Apr 2023 10:57:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>1v La Terre en sandwich https://www.lematin.ch/story/deux-hommes-parviennent-a-prendre-la-terre-en-sandwich-604651828760 2v La banane scotchée https://www.courrierinternational.com/article/art-contemporain-150-000-dollars-pour-une-banane-scotchee-un-mur-par-maurizio-cattelan?utm_medium=Social&#38;utm_source=Facebook&#38;Echobox=1575639065 3v Le mariage de mère et fils http://www.lematin.ch/societe/Une-mere-et-son-fils-veulent-se-marier-et-faire-un-enfant/story/21325515 4f L’exploit des footballeurs faux 5f Le sculpteur chauve faux 6v Le défi de la chaise https://www.lematin.ch/story/le-defi-de-la-chaise-seules-les-femmes-peuvent-le-relever-195498167266 7f L’androïde gonflable faux 8f Le racisme entomologique faux 9f La terre vide faux 10v La densité de l’eau [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:100%">
<table class="resultats"><tbody><tr><td>1v</td><td><br>La Terre en sandwich</td><td><a href="https://www.lematin.ch/story/deux-hommes-parviennent-a-prendre-la-terre-en-sandwich-604651828760">https://www.lematin.ch/story/deux-hommes-parviennent-a-prendre-la-terre-en-sandwich-604651828760</a></td></tr><tr><td>2v</td><td>La banane scotchée</td><td><a href="https://www.courrierinternational.com/article/art-contemporain-150-000-dollars-pour-une-banane-scotchee-un-mur-par-maurizio-cattelan?utm_medium=Social&amp;utm_source=Facebook&amp;Echobox=1575639065">https://www.courrierinternational.com/article/art-contemporain-150-000-dollars-pour-une-banane-scotchee-un-mur-par-maurizio-cattelan?utm_medium=Social&amp;utm_source=Facebook&amp;Echobox=1575639065</a></td></tr><tr><td>3v</td><td>Le mariage de mère et fils</td><td><a href="http://www.lematin.ch/societe/Une-mere-et-son-fils-veulent-se-marier-et-faire-un-enfant/story/21325515">http://www.lematin.ch/societe/Une-mere-et-son-fils-veulent-se-marier-et-faire-un-enfant/story/21325515</a></td></tr><tr><td>4f</td><td>L’exploit des footballeurs</td><td>faux</td></tr><tr><td>5f</td><td>Le sculpteur chauve</td><td>faux</td></tr><tr><td>6v</td><td>Le défi de la chaise</td><td><a href="https://www.lematin.ch/story/le-defi-de-la-chaise-seules-les-femmes-peuvent-le-relever-195498167266">https://www.lematin.ch/story/le-defi-de-la-chaise-seules-les-femmes-peuvent-le-relever-195498167266</a></td></tr><tr><td>7f</td><td>L’androïde gonflable</td><td>faux</td></tr><tr><td>8f</td><td>Le racisme entomologique</td><td>faux</td></tr><tr><td>9f</td><td>La terre vide</td><td>faux</td></tr><tr><td>10v</td><td>La densité de l’eau</td><td><a href="https://www.20minutes.fr/sciences/1775791-20160129-video-andreas-wahl-physicien-risque-vie-expliquer-sciences">https://www.20minutes.fr/sciences/1775791-20160129-video-andreas-wahl-physicien-risque-vie-expliquer-sciences</a></td></tr><tr><td>11v</td><td>La résine de cannabis</td><td><a href="https://www.lematin.ch/story/elle-envoie-sa-fille-de-7-ans-lui-acheter-de-la-drogue-656481410300">https://www.lematin.ch/story/elle-envoie-sa-fille-de-7-ans-lui-acheter-de-la-drogue-656481410300</a></td></tr><tr><td>12f</td><td>Le mangeur de terre</td><td>faux</td></tr><tr><td>13v</td><td>L’homosexuel Jésus Christ</td><td>h<a href="ttps://www.lematin.ch/story/un-jesus-gay-enflamme-le-bresil-528935765160">ttps://www.lematin.ch/story/un-jesus-gay-enflamme-le-bresil-528935765160</a></td></tr><tr><td>14v</td><td>La peinture aux œufs</td><td><a href="https://www.thelocal.ch/20140618/artist-plans-naked-stroll-at-basel-art">https://www.thelocal.ch/20140618/artist-plans-naked-stroll-at-basel-art</a></td></tr><tr><td>15v</td><td>La loterie fautive</td><td><a href="https://www.lematin.ch/story/une-gagnante-accuse-la-loterie-d-avoir-ruine-sa-vie-464808576792">https://www.lematin.ch/story/une-gagnante-accuse-la-loterie-d-avoir-ruine-sa-vie-464808576792</a></td></tr><tr><td>16f</td><td>L’accident à la Nutella</td><td>faux</td></tr><tr><td>17f</td><td>La cité des lutins</td><td>faux</td></tr><tr><td>18v</td><td>Le biscuit à l’élastique</td><td><a href="https://www.ouest-france.fr/insolite/il-saute-de-73-metres-de-haut-et-trempe-un-biscuit-dans-son-cafe-4619554">https://www.ouest-france.fr/insolite/il-saute-de-73-metres-de-haut-et-trempe-un-biscuit-dans-son-cafe-4619554</a></td></tr><tr><td>19f</td><td>Le cerisier de la discorde</td><td>faux</td></tr><tr><td>20v</td><td>La sologame</td><td><a href="https://www.ouest-france.fr/insolite/une-italienne-se-marie-elle-meme-5280107">https://www.ouest-france.fr/insolite/une-italienne-se-marie-elle-meme-5280107</a></td></tr><tr><td>21v</td><td>Le réfugié terroriste</td><td><a href="https://www.tf1info.fr/international/un-etudiant-californien-debarque-dun-avion-parce-quil-parlait-arabe-au-telephone-1508540.html">https://www.tf1info.fr/international/un-etudiant-californien-debarque-dun-avion-parce-quil-parlait-arabe-au-telephone-1508540.html</a></td></tr><tr><td>22f</td><td>La banquise assassine</td><td>faux</td></tr><tr><td>23v</td><td>La femme-lynx</td><td><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Jocelyn_Wildenstein">https://en.wikipedia.org/wiki/Jocelyn_Wildenstein</a></td></tr><tr><td>24f</td><td>Le père sorti des ruines</td><td>faux</td></tr><tr><td>25f</td><td>Les super chimpanzés</td><td>faux</td></tr><tr><td>26v</td><td>La femme qui pend</td><td><a href="https://www.lematin.ch/story/une-mere-accusee-d-avoir-pendu-ses-enfants-826106176085L">https://www.lematin.ch/story/une-mere-accusee-d-avoir-pendu-ses-enfants-826106176085L</a></td></tr><tr><td>27v</td><td>L’art scatologique</td><td><a href="https://www.lematin.ch/story/a-zurich-luvre-de-mike-bouchet-fait-le-buzz-et-se-boucher-le-nez-958428775329">https://www.lematin.ch/story/a-zurich-luvre-de-mike-bouchet-fait-le-buzz-et-se-boucher-le-nez-958428775329</a></td></tr></tbody></table>
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		<title>Vrai ou faux?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[RaduRo10]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 01 Apr 2023 08:25:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce qui suit est un quiz assez singulier, voire extravagant, par endroits cru même pour certains, mais bien ancré dans le temps actuel. Il s’agit d’un compte rendu plat, sec et neutre qui expose un certain nombre de cas strictement authentiques.[…]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Ce qui suit est un quiz assez singulier, voire extravagant, par endroits cru même pour certains, mais bien ancré dans le temps actuel. Il s’agit d’un compte rendu plat, sec et neutre qui expose un certain nombre de cas strictement authentiques. Pourtant pas tout à fait, car il a la particularité d’être volontairement mélangé à un autre nombre de récits purement et clairement imaginaires. C’est donc un amalgame de fiction et de réalité, quelque part pour sonder laquelle l’emporte sur l’autre. Et parce que souvent quiz est analogue à jeu ou à concours, les bonnes réponses à ce cocktail-énigme seront dévoilées en ouverture du prochain écrit. Les propositions sont à transmettre en remplissant la rubrique Commentaire qui se trouve à la fin de ce texte. Ne pas fouiller à chaque fois Internet serait grandement apprécié ! Quant au prix pour avoir fourni 27 bonnes propositions, vraies et/ou fausses, ce sera ni plus ni moins un (ou des) billet(s) d’entrée au… Madison Square Garden de New York pour suivre le match du siècle entre Muhammad Ali (alias Cassius Clay) et Joe Frazier le 8 mars 1971.</p>



<div class="wp-block-advgb-columns advgb-columns-wrapper" id="advgb-cols-15d3f7f1-f98d-43fc-bd8e-8ed1c48b62bb"><div class="advgb-columns-container"><div class="advgb-columns advgb-columns-row advgb-is-mobile advgb-columns-2 layout-12-12 mbl-layout-stacked vgutter-10">
<div class="wp-block-advgb-column advgb-column" id="advgb-col-6695ddc9-7bd2-418a-ab2a-105aadbff88b"><div class="advgb-column-inner" style="border-style:none;border-width:1px">
<p class="wp-block-paragraph">Les cas et les récits sont:</p>



<p class="wp-block-paragraph">1.La Terre en sandwich</p>



<p class="wp-block-paragraph">2.La banane scotchée</p>



<p class="wp-block-paragraph">3.Le mariage de mère et fils</p>



<p class="wp-block-paragraph">4.L’exploit des footballeurs</p>



<p class="wp-block-paragraph">5.Le sculpteur chauve</p>



<p class="wp-block-paragraph">6.Le défi de la chaise</p>



<p class="wp-block-paragraph">7.L’androïde gonflable</p>



<p class="wp-block-paragraph">8.Le racisme entomologique</p>



<p class="wp-block-paragraph">9.La terre vide</p>



<p class="wp-block-paragraph">10.La densité de l’eau</p>



<p class="wp-block-paragraph">11.La résine de cannabis</p>



<p class="wp-block-paragraph">12.Le mangeur de terre</p>



<p class="wp-block-paragraph">13.L’homosexuel Jésus Christ</p>
</div></div>
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<div class="wp-block-advgb-column advgb-column" id="advgb-col-12f6afb6-0a9e-4492-afcf-55d4d64cbccb"><div class="advgb-column-inner" style="border-style:none;border-width:1px">
<p class="wp-block-paragraph">14.La peinture aux œufs</p>



<p class="wp-block-paragraph">15.La loterie fautive</p>



<p class="wp-block-paragraph">16.L’accident à la Nutella<sup>©</sup></p>



<p class="wp-block-paragraph">17.La cité des lutins</p>



<p class="wp-block-paragraph">18.Le biscuit à l’élastique</p>



<p class="wp-block-paragraph">19.Le cerisier de la discorde</p>



<p class="wp-block-paragraph">20.La sologame</p>



<p class="wp-block-paragraph">21.Le réfugié terroriste</p>



<p class="wp-block-paragraph">22.La banquise assassine</p>



<p class="wp-block-paragraph">23.La femme-lynx</p>



<p class="wp-block-paragraph">24.Le père sorti des ruines</p>



<p class="wp-block-paragraph">25.Les super chimpanzés</p>



<p class="wp-block-paragraph">26.La femme qui pend</p>



<p class="wp-block-paragraph">27.L’art scatologique</p>
</div></div>
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<p class="wp-block-paragraph">Pour les choix, il suffit d’indiquer les numéro respectifs de 1 à 25 suivis de la lettre f(aux) ou v(rai), par exemple 26f ou 26v.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">1</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux hommes, l’un dans hémisphère boréale et l’autre dans celle australe, ont chacun posé en même temps une tranche de pain de mie aux exacts antipodes de la planète, prenant ainsi la Terre en sandwich. L’un a réalisé un tableau avec 20 tranches de pain toast et a posé l’une d’elles au sol, tandis qu’au même instant l’autre a déposé neuf par terre pour couvrir la marge d’erreur de 30 cm. 12724 km séparaient alors les deux tranches, et deux photos de l’exploit ont été prises pour être postées sur Internet.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">2</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’œuvre «Comedian» d’un fameux artiste conceptuel, une vraie banane scotchée à un vrai mur et achetée avec son vrai certificat d’authenticité par un amateur pour 119’000 francs, a été mangée devant une foule de curieux par un autre créateur qui y voit une «performance artistique» intitulée «Artiste qui a faim». L’œuvre a été créée en trois exemplaires qui – tous – portent le même nom. Le deuxième a été vendu au même tarif que le premier, alors que le troisième est proposé à la vente pour 150’000 dollars.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">3</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un homme de 32 ans a quitté son épouse lorsqu’il a rencontré sa propre mère, qui l’avait donné pour adoption à sa naissance. Il est en couple depuis deux ans avec sa mère biologique, 51 ans. Les deux affirment que leur vie sexuelle est incroyable, veulent se marier et avoir un enfant, assurant qu’il ne s’agit pas d’un inceste. Le premier rapport sexuel ayant été tellement fort, ils ne se sont plus quittés depuis. La mère: <em>«Nous sommes fait l’un pour l’autre. Quand on est amoureux comme ça, on pourrait tout abandonner.»</em></p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">4</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’y a plus de limite pour les challenges. Deux footballeurs ont tiré aux buts pendant 89 heures, 16 minutes et 52 secondes en alternance et sans interruption aucune. Un arbitre ad hoc a été présent. L’épreuve a pris fin lorsque l’un des compétiteurs s’est évanoui, certainement épuisé. Un examen est toutefois en cours afin de vérifier si l’homme n’était pas déjà atteint d’une affection rénale. Malheureusement pour les deux jeunes, leur record n’a pu être retenu car la balle n’avait pas été homologuée par leur club.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">5</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mains liés au dos, un artiste chauve, féru d’histoire, s’est fait bander les yeux et a fait poser une masse d’argile de 9 tonnes sur la place de la ville. Ensuite, par des coups de tête, il a créé dedans le buste d’un consul romain dont le nom figurait sur son t-shirt. Le résultat a pourtant créé la polémique car les fans présents à l’occasion ont plutôt reconnu le ministre des sports. Le parquet ouvrira une enquête pour voir s’il ne s’agit pas d’un acte politique du groupe dissident «Droit devant». En attendant, le sculpteur a été conduit à l’hôpital pour obturation de ses voies respiratoires.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">6</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des vidéos montrant hommes et femmes essayant de soulever une chaise la tête appuyée contre un mur déferlent sur le net. Il s’agit du «défi de la chaise», devenu viral pour une bonne raison: seules les femmes y parviennent! Le jeu consiste à se tenir d’un mur à une distance égale à deux fois la taille de son pied, poser sa tête contre le mur, abaisser son dos pour former un angle droit, prendre une chaise à deux mains, plaquer l’assise contre le torse et se relever. La plupart du temps, les hommes restent bloqués.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">7</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une information de nos confrères du soir révèle qu’une femme bisexuelle et une femme-homme gonflable fluide se sont unies par les liens du mariage. Peu après, la femme a pourtant divorcé de son épouse en latex, suspectant que celle-ci sortait avec un des hommes gonflables du voisin. Mais tout cela fut de courte durée puisqu’elle l’a aussitôt pardonnée et s’est remariée avec le même homme-femme gonflable. Aux dernières nouvelles, elle a déclaré vouloir être fécondée par un don de sperme de ce même voisin.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">8</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cas rare d’une entomologiste accusée de racisme a été révélé mardi. La comportementaliste venait d’intégrer le projet «Nova Causa», lorsque ses procédés ont éveillé les soupçons d’un adjoint qui a insisté pour que des moyens vidéo soient installés dans le local des tests. Les images ont montré que la scientifique usait de bocaux différents pour étudier les insectes d’après leur couleur. La scientifique a été licenciée sans préavis et la fondation a porté plainte pour discrimination raciale. Le procès s’ouvrira en avril.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">9</p>



<p class="wp-block-paragraph">En route pour le sommet d’un volcan réputé capricieux, deux alpinistes ont retrouvé par hasard un spéléologue vivant – même que dans un état critique – disparu depuis 112 jours. Mais le plus extraordinaire est qu’il a affirmé avoir la preuve de la Terre vide ! Arrivé en haut et regardant au fond du cratère, il aurait vu une lumière éclatante et un fourmillement impossible à discerner. Choqué, son appareil photo lui aurait glissé des mains, perdant ainsi toutes ses photos. Les grimpeurs l’ont ramené à l’hôpital.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">10</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour intéresser les gens aux sciences, parfois un brin abstraites, un physicien, conscient du problème, a trouvé le moyen absolu pour attirer l’attention:&nbsp;il met sa vie en danger en expliquant des théories. Pour montrer que l’eau est plus dense que l’air, il se met dans une piscine vêtu d’un simple short de bain, devant un fusil chargé. Lorsqu’il tire une corde qui fait bouger la détente, la balle part à 3600 km/h vers lui, pour aussitôt couler au fond de l’eau, dont la densité est environ 800 fois plus élevée que celle de l’air.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">11</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une mère de famille de 28 ans a été interpellée lundi soir pour avoir envoyé à plusieurs reprises sa fille de 7 ans lui acheter de la résine de cannabis. Les policiers ont aperçu l’enfant dans le hall d’un immeuble, au milieu des acheteurs de drogue. La mère et la grand-mère de la fillette, 55 ans, attendaient près du hall dans la voiture. Au volant, la grand-mère conduisait sans permis. <em>«La fillette était régulièrement envoyée pour acheter du cannabis»</em> déclare le vendeur de drogue, qui a été interpellé par la même occasion.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">12</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un constat stupéfiant a secoué le monde médical et au-delà, surtout les nutritionnistes, les ethnologues et les militaires. Une équipe documentaire vient de découvrir un paysan de 80 ans qui depuis son plus jeune âge se nourrit uniquement de la terre de son village. Le vieil homme parle non sans effort dans son idiome local et n’a pas souvenir d’une autre nourriture. Il est en pleine forme et sa dentition est parfaite. Analysés, les échantillons de sol ont révèle une teneur élevée de composants essentiels à la vie.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">13</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des groupes religieux et des milieux conservateurs ont lancé un appel au boycott du service de streaming qui a inclus dans sa plateforme un programme humoristique de Noël où Jésus est présenté comme homosexuel. Mercredi, en fin de journée, près de 800’000 personnes avaient déjà signé une pétition en ligne.&nbsp; «La Première Tentation du Christ», une vidéo de 46 minutes, a été diffusée par cette chaîne le 3 décembre dernier et déclenché un tollé notamment chez les évangéliques et certains catholiques.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">14</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’art prend de nombreuses formes, et rien ou presque n’est interdit. Ce qui a amené cette artiste conceptuelle à peindre des toiles à l’aide d’œufs expulsés avec son vagin. Sans doute en l’honneur des fêtes pascales. Le mois passé, elle a innové en peignant une toile à l’aide d’œufs remplis de colorant et placés au préalable dans son vagin. Une toile que cette artiste a intitulé «Naissance d’une peinture», elle qui s’était déjà promenée toute nue dans les rues, pour les besoins d’une autre de ses créations.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">15</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une jeune femme, gagnante a la loterie à l’âge de 17 ans pourrait porter plainte contre l’organisateur pour négligence. <em>«Ma vie serait plus simple si je n’avais pas gagné»</em>, a-t-elle expliqué. <em>«Les gens me regardent et se disent </em>“J’aimerais avoir son argent”, <em>mais ne se rendent pas compte du stress que ça représente. J’ai plein de choses, mais ma vie est vide. Quel est le but de tout ça?»</em> Selon son porte-parole, elle a reçu un soutien important lors de visites de conseillers à son domicile et de réunions avec un banquier.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">16</p>



<p class="wp-block-paragraph">La dépendance peut mener loin. Mais dans ce cas, pas le tabac, les drogues, l’alcool ou les médicaments. Embarquée sur cette voie, une avocate férue de Nutella<sup>© </sup>en a fait l’amère expérience, sans retour. N’arrivant pas à calmer son avidité, elle a utilisé l’héritage reçu de sa mère pour remplir sa piscine avec la fameuse pâte à tartiner. Rentrée dans le bassin pour se servir à l’excès, elle a apparemment été frappée par un malaise soudain et inconnu. Son corps a été retrouvé le lendemain dans la masse visqueuse.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">17</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au gré des saisons, les vestiges d’un étrange “établissement végétal” ont refait surface des marais tropicaux. Sur une étendue d’environ un hectare a émergé un incroyable “village” avec des rues, des places, des îlots et des points de repère, le tout à petite échelle et sur une grille orthogonale que l’on pourrait appeler urbaine si l’ensemble n’était composé uniquement de plantes et parfait état. La cité des lutins verts ? Les avis les plus divers ont été lancés et une expédition internationale est prévue cet hiver.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">18</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus de 600’000 personnes dans le monde entier tentent des défis totalement fous pour gagner une place dans le livre des records. Un homme en a voulu relever un hors normes: tremper un biscuit en sautant à l’élastique. Toute la scène a été filmée. C’est à 73.41 mètres de hauteur que l’homme a sauté dans le vide avec son biscuit au chocolat au-dessus d’un lac et il l’a trempé très délicatement dans une tasse de café au lait. L’homme a battu l’ancien record du monde qui s’élevait à 60.55 mètres de haut.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">19</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cadre est une petite ville du nord-est. Les protagonistes sont voisins. L’un est pompier, l’autre prof de maths. Depuis 22 ans ils se disputent un cerisier situé sur la limite entre leurs propriétés. Le cas arrive enfin devant un juge et le prof l’emporte: le tronc est 0.038 mm plus de son côté. En vain: débouté, six mois durant l’autre creuse un long tunnel depuis le hydrant public jusqu’aux toilettes du voisin, y enfile sa lance de service et envoie l’eau à 7 bar. Les deux sont à présent devant le juge pour une autre raison.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">20</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une femme avait dit que si elle ne trouvait pas son prince à 40&nbsp;ans elle se marierait toute seule. Elle vient donc de s’épouser à elle même. L’idée de cet auto-mariage lui est venue il y a deux ans, après avoir mis fin à une relation de douze ans. Son credo: le bonheur n’est pas que dans le couple. Elle a donc promis <em>«de m’aimer toute ma vie et d’accueillir les enfants que la nature voudra bien me donner»</em>. Ce type d’union n’a aucune valeur légale, mais la sologamie est une tendance en plein essor, lancée déjà en 1993.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">21</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un étudiant a été évacué d’un avion parce qu’un autre passager l’avait entendu parler arabe. L’incident remonte au 6 avril. Le jeune homme réclame aujourd’hui des excuses. Réfugié politique, il a déclaré qu’il avait téléphoné à son grand-père peu après s’être installé à sa place à bord de l’appareil. Une femme qui l’observait a alerté le personnel de bord et l’étudiant a été sommé de quitter l’appareil. <em>«C’est la teneur de la conversation du passager, et non la langue utilisée, qui a éveillé nos soupçons»</em>, a précisé la compagnie.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">22</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour sa dernière demeure, une militante du climat de 37 ans a choisi une banquise arctique de 2500 m<sup>2</sup>. En tous les cas, c’est la surface connue lorsqu’elle s’y est installé au printemps. Deux cent jours plus tard, un baleinier de retour vers son port a frôlé une plaque de glace d’environ 100 m<sup>2</sup> à la dérive, portant la dépouille gelée de la jeune femme dans une curieuse posture: nue, assise, le poing levé. À ses côtés, sur un écriteau, les données essentielles –&nbsp; nom, nationalité, date – et un message: <em>«Adieu, ma chère planète !»</em>.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">23</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les filles et les garçons dépensant des fortunes pour ressembler aux fameuses poupées Barbie et Ken, on connaît. Mais parfois cela peut aller beaucoup plus loin. Selon certaines sources, cette très jolie mondaine aurait dépensé sa vie durant pas moins de 4 millions de dollars pour acquérir fermement le «&nbsp;look&nbsp;» d’un lynx. Aujourd’hui, à 80 ans, le résultat des innombrables interventions chirurgicales subies est visiblement un désastre. Milliardaire divorcée, depuis peu elle est ruinée et survit à l’aide sociale.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">24</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le bonheur rejoint l’horreur ! Deux mois après le tremblement de terre, un homme est sorti seul des débris de sa cave effondrée. Pris par le délire mais rapidement soigné par les secouristes, ses&nbsp; souvenirs sont confus. Il a bu l’eau de pluie s’écoulant des gravats. Au début il n’a pas mangé une semaine puis il a chassé les cafards et les rats, qu’il a rôtis au feu de bois. Les derniers jours, sans rats ni cafards, il s’est attaqué à lui-même, mais comme cela faisait atrocement mal, il a fini par se nourrir de sa petite fille de 3 ans.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">25</p>



<p class="wp-block-paragraph">Seize chimpanzés se sont échappés d’un laboratoire d’essais sur l’intelligence artificielle durant la nuit de samedi à dimanche et ont investi le centre de contrôle de l’institut. Durant l’incident, un gardien a été blessé mais ses jours ne sont pas en danger. Les singes, visiblement dotés d’une étonnante sagacité, ont transféré sur des supports informatiques un grand nombre de données qu’ils ont ensuite remis à des acolytes en dehors du campus. La police tente de trouver d’éventuels complices parmi les employés.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">26</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une femme de 36 ans est accusée d’avoir pendu ses enfants âgés de 4 et 8 ans dans la cave de sa maison. Elle est inculpée pour infanticide, même si elle insiste qu’ils se sont suicidés. La police a retrouvé l’aîné et sa petite soeur pendus à une poutre avec une longue laisse pour chien, deux chaises renversées à proximité. La mère affirme que son fils <em>«subissait des brimades à l’école et qu’il voulait mourir»</em>. Mais son témoignage a vite suscité des questions car les enfants de 8 ans ne se suicident généralement pas.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">27</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette importante exposition d’art contemporain a ouvert ses portes hier. L’œuvre la plus étudiée est composée de 300 caisses de bois remplies à la main d’excréments humains. Elle a la taille d’une piscine de 25 mètres et a été réalisée à partir de ce qu’ont produit en un jour les 400’000 habitants de la ville. Même traitée avec du ciment et des pigments, «La charge de la ville» dégage une forte puanteur et fait le buzz au-delà du projet artistique. Le concepteur s’estime très heureux de la discussion ainsi créée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[11 février 2023]</p>
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		<title>Zeu américains filmes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[RaduRo10]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Mar 2023 06:21:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Lui (puisque dans la grande majorité des cas il s’agit d’un mâle) est dans le bel âge. Entre 45 et 55 ans. Assez pour avoir à son actif une bonne expérience, voire une certaine notoriété, pour ne pas dire une célébrité certaine. […]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Lui (puisque dans la grande majorité des cas il s’agit d’un mâle) est dans le bel âge. Entre 45 et 55 ans. Assez pour avoir à son actif une bonne expérience, voire une certaine notoriété, pour ne pas dire une célébrité certaine. Pas trop, pour abattre encore le 100m en 11”, ronger un câble en polypropylène avec ses dents et ne pas être plombé par le rhumatisme. Il est enfant unique et n’a pas de passé, si ce n’est celui d’un anti-système tenace. Souvent il est bel homme, souvent selon l’optique de la production. Souvent il est fauché, même que souvent soit il a été riche, soit il a eu l’occasion de l’être, auquel cas il a rejeté cette option car soit elle mettait à l’épreuve sa verticalité morale, soit cela le rangeait du côté des méchants. Car lui, c’est un bon. Un dur, mais un bon. Et un bon a ses faiblesses. Dans son cas, ce sont souvent la patrie, son ami et collègue, et sa famille. De famille, en fait il n’en a plus vraiment, puisque sa belle femme soit est morte de chagrin, soit à divorcé de lassitude, alors que sa fille – puisque souvent il s’agit d’une fille unique, elle est soit à l’école primaire, soit dans la fleur de l’âge – soit ne le connaît presque pas, soit ne le reconnaît plus. Dès lors, il vit tout seul, souvent totalement reclus, souvent au fond d’une forêt, mal rasé, à fendre d’un seul coup des bûches. En tout cas, loin du monde qui l’a rejeté. Et Dieu! rejeté il fut, soit suite à une bavure qui a entraîné la mort de son ami et collègue, soit suite à un choix peu orthodoxe qui a poussé à bout ses supérieurs. Cette retraite n’a pourtant pas suffi pour lui faire perdre ses aptitudes dans les domaines qui l’ont rendu irremplaçable. Car il est le seul dépositaire d’un bagage qu’un seul homme ne possède plus de nos jours. Il est seul a pouvoir résoudre une équation insolvable où se joue souvent l’avenir de l’humanité. Alors à quitte ou double, en pesant le pour et le contre et à contre cœur, les cols blancs de sa hiérarchie, souvent pourris et souvent par chantage, sont réduits à l’extraire mordicus de son repaire en utilisant comme souvent ses facultés au service d’une dernière mission de vie ou de mort, qu’il est resté seul à pouvoir mener à bien, souvent seul, dans un choc inégal face à une adversité écrasante. Il est ex service secret, pilote, truand, espion, juge, physicien, escroc, policier, militaire. Lui, c’est l’héros principal positif, celui qui devra et va vaincre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En face donc se trouve ni plus ni moins la synthèse du mal absolu, l’héros principal négatif qui devra et va être brisé. Le plus souvent il se présente sous la forme d’un individu – un richissime exalté, un savant allumé, un anarchiste cinglé, un enragé sadique. (Cela dit, ce personnage peut être un mâle tout comme peut être, plus rarement toutefois, une femelle. Belle.) Leur point commun premier est qu’ils agissent toujours tout seuls, alors qu’ils sont entourés d’une armada de fantômes vivants, ternes et sans noms qu’on dirait hypnotisés, ensorcelés ou lobotomisés, tellement ils lui obéissent au doigt et à l’œil. Leur deuxième point commun est que leur dessein est et monstrueux et planétaire. Pourtant ce mal absolu peut souvent prendre aussi la forme d’une organisation, souvent occulte et illégale, ou bien d’une société monopolistique ayant acquis sa domination par la voie de la corruption et de la terreur, voire même sous la forme d’un État appelé voyou. Leur dessein destructeur commun à tous est l’omnipotence globale et leur unique point commun est la possession des moyens ultimes, qu’ils soient nucléaire, chimique, bactériologique, informatique, climatique, sur terre, sous terre, sur mer, sous les mers, dans l’air ou dans l’espace. Ils sont là depuis quelque temps déjà, n’ont fait que se renforcer, et chaque tentative de les détruire – officielle ou officieuse, ouverte ou discrète, à petites doses ou à grande échelle – a échoué, au point qu’est venu le moment où le pic de l’horreur se dresse inéluctablement, et avec lui vient l’impitoyable compte à rebours. Leur euphorie égale le désarrois des militaires et des officiels du gouvernement jusqu’à cet instant là où un stagiaire, un commissionnaire, un sous-fifre, un temporaire, qui par des légendes urbaines diverses a eu vent de certains exploits, glisse au premier officiel rencontré le nom de l’héros principal positif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les années ayant passé, celui-ci est un peu déboussolé entre les prouesses technologiques et les niou iMœurs. Stoïque, il encaisse les railleries de ses ex-pairs et les moqueries des jeunes. Il revient de loin mais tente d’abord de rejoindre son ex- femme (si elle est en vie), puis sa fille, mais c’est la fin de non recevoir. Deux fois. Il subit à nouveau, mais se tourne résolument vers sa mission qu’il commence à préparer à sa façon sous la perplexité de l’entourage. Ses moyens et méthodes viennent d’une autre époque, et plus le temps s’écoule, plus ses commanditaires s’interrogent et haussent les épaules, tant ils n’ont pas une solution de rechange. Pourtant ce que nul ne sait ou ne se souvient pas, c’est ce qui se trouve au delà du regard neutre de l’homme: une force de caractère, une hargne, une maîtrise, un savoir-faire et un vécu sans pareil. C’est appuyé sur ces attributs que le jour J il se lance dans sa mission. Il sait par cœur que chaque accomplissement exige des sacrifices inévitables et il est bien préparé pour faire partie du lot. En son for intérieur il est prêt à suivre les instructions de ses supérieurs jusqu’au point où il sait trop bien qu’en fonction de ce que son jugement lui dictera, il ne les suivra plus. C’est lui seul qui trace ses limites, et il sait d’emblée que celles-ci changent suivant les circonstances, que rien n’est tabou. Sauf sa famille. Et aussi la vie des innocents. Même que… Enfin… La mission lancée, l’épreuve s’annonce titanesque. C’est David seul contre Goliath puissance cent. Mais ce serait sans compter sur son arsenal d’endurance, de ruse, de ténacité, de vision, de savoir, de réactions, de sagacité, aussi que sur son réseau. Réseau vaste, bigarré et surprenant: un jockey ci, une pharmacienne là, un cireur, un conducteur de bus, une patineuse, un paléontologue, une chanteuse de cabaret, un portier. À des moments nommés, chacun et chacune et d’autres encore feront la différence face aux vagues de pions décérébrés qui s’envoleront comme des mouches, alors que l’héros principal positif creusera l’écart tout en se frayant un chemin de plus en plus étroit vers son but. Pourtant l’infâme mollusque a huit bras.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et ils sont longs. Si d’une part il vient d’en perdre trois, puis quatre, d’autre part à présent le moment tant redouté est arrivé où il lui en reste au moins un, voire deux, pour enlacer à la gorge la famille de l’héros principal positif. À partir de là, sa mission s’emballe. Lui, il se rend compte que tout n’est pas si propre dans le gouvernement et par quelques accointances qui, bon gré mal gré, lui sont restées fidèles, il nettoie sa hiérarchie des pourris qui sapaient son action et, par là, il découple ses forces et se rue directement vers le mollusque quadripode qui menace sa fille et son ex-femme. Les voilà face à face. Cela se passe souvent soit dans le donjon d’un château médiéval scandinave, soit au fond d’une mine, soit au bord d’un méga yacht, soit dans un bunker, soit sur les échafaudages d’une usine désaffectée. Peu importe en fait, puisque dans tous les cas de figure – château, mine, yacht, bunker, usine – à la fin tout explose, avant que l’héros principal positif, crade, écorché et moitié nu ne retrouve sa fille indemne, béate de fierté et de gratitude, ainsi que son ex-femme encore sous le choc mais qui est prête à tout lui pardonner au nom d’une seconde chance ensemble. Comment ceci aura-t-il été possible ?! Souvent c’est parce que l’héros principal négatif est à un tel point imbu de lui-même et de sa suprématie qu’il ne peut s’empêcher de la lui exposer dans des comptes rendus à endormir debout par l’ampleur. Souvent c’est parce que l’héros principal positif aura eu l’intelligence de placer au préalable et savamment des charges dissuasives à des points clé. Souvent c’est aussi parce que celui-ci feint l’imbécile et que l’autre l’est tellement qu’il se prend au jeu. Dans un cas comme dans l’autre, par là sa tâche vient fortement allégée et lance le final qui peut se dérouler comme nous l’avons vu. À retenir donc de l’histoire la force inébranlable de l’homme atypique dans sa lutte perdue d’avance par les vecteurs du Mal.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">*</p>



<p class="wp-block-paragraph">À mesure que les clichés primaires se soient mus en stéréotypes ineptes puis en doctrines hypocrites, soigneusement structurées, zeu américains filmes ont tant tripoté ceux qui les consomment, au point de les transformer en de vrais fantômes vivants, ternes et sans nom. Des pions décérébrés, avec moi-même en premier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[23 octobre 2022]</p>
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		<title>La conne quête de l’espace</title>
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		<dc:creator><![CDATA[RaduRo10]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Jan 2023 17:24:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est à l’aube précise de son histoire que débute une langueur de l’homme dont il ne saura jamais se défaire: celle pour l’espace et l’au-delà. […]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">C’est à l’aube précise de son histoire que débute une langueur de l’homme dont il ne saura jamais se défaire: celle pour l’espace et l’au-delà. Un contexte trop étroit, un monde trop limité, une Terre trop petite, une planète perdue dans l’univers – autant de conclusions intolérables, impossibles à endosser. Las: muni du dot unique de l’imagination, l’homme la mit aussitôt au travail.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La liste des fantaisies et des visionnaires jalonne un long fleuve qui sourd au début des temps et s’écoule encore. Ce continuum est illimité dans la durée – Dédale, Icare, Démocrite, Lucien de Samosate, da Vinci, Kepler, Voltaire, Milton, Irving, Verne, Flammarion, Wells, Asimov… Mais il se perd aussi dans le delta des fictions qu’il porte avec – extraterrestres, luniens, martiens, droïdes, planètes, étoiles, mondes, galaxies, univers, civilisations, ressources, facultés, exploits. Du coup l’on se rappelle la sagesse disant que l’imagination est limitée, mais pas la&nbsp;réalité. À plus forte raison dès lors d’essayer sans relâche, encore et toujours.</p>



<figure class="wp-block-video"><video height="240" style="aspect-ratio: 312 / 240;" width="312" controls src="https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2023/01/La-conne-quete-de-lespace-Excursion-dans-la-Lune.mp4"></video></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Jusqu’à notre époque, cette poursuite constante a sans cesse été freinée, voire rendue utopique, par un obstacle majeur: le facteur technique. Si Dédale a bien existé et qu’il a pu bricoler des ailes pour les coller sur son dos et sur celui de son fils, l’exploit, même que si proche de la cible-Soleil, fut raté, tragique et sans suites. Issue identique à la fin du XIX<sup>e</sup> siècle pour le premier homme et Allemand volant, qui s’écrasa sans gloire aucune d’une hauteur de 15 m après avoir plané sur 250 m. L’avenir se présentait mal.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Coup de gueule soviétique: à peine 60 ans après l’homme, c’est sa meilleure amie, une bâtarde âgée d’environ trois ans, ramassée dans la rue, qui est devenue le premier être vivant envoyé en orbite. Bien sûr, la chienne s’est sacrifiée héroïquement quelques heures après le lancement, mais par son geste suprême elle a aussi accompli, tout aussi héroïquement, trois exploits inimaginables: achever la série d’échecs humains, prouver que l’impossible est possible et ouvrir la voie à la conquête de l’espace. Ces axiomes furent vite scellés par – cette fois – les premiers hommes vivants placés en orbite: un Soviétique d’abord, ensuite un Américain, puis un Soviétique, puis un Américain… Tous rentrés vivants !</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers ces deux vaillantes nations, l’humanité entière trouva son nouvel El Dorado. Il n’en fallut qu’une poignée d’année pour que la bannière étoilée puisse être plantée solidement, fièrement et profondément dans la rocaille de la Lune, tandis que la France fêtait un immense tremblement social et que la Tchécoslovaquie célébrait l’écrasement de son socialisme dit “à visage humain”. C’était déjà trop tard: tant pis pour les calamités, les conflits, les atrocités et les tremblements frappant les sociétés terrestres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Famines au Biafra, Sahel, Éthiopie, Somalie, Soudan, Niger ? Guerres du Viêt Nam, Mozambique, Six Jours, Kippour, Angola, Liban, Cambodge, Afghanistan ? MS Achille Lauro ? Septembre noir ? Sabra et Chatila ? Olympiade de Munich ? Bloody Sunday ? Brigades rouges ? Baader-Meinhof ? Seveso et Bhopal ? Aum Shinrikyō ? Tchernobyl ? Fukushima ? Sida ? Chocs pétroliers ? Tian’anmen ? Chute du communisme ? Crise des <em>“subprimes”</em> ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rien n’a pu et ne peut stopper la vaillante conquête de l’espace. Les programmes nationaux Apollo, Artemis, Dragon, Explorer, Gemini, ISS, Mars, Mercury, Mir, Pioneer, Ranger, Salyut, Shuttle, Skylab, Soyuz, Viking, Voyager, Vostok l’attestent, dont plusieurs se déroulent en ce moment. Certes, il n’est pas question d’estimer – même à la louche – le coût total de ces missions d’état depuis 60 ans alors que ce n’est pas au contribuable de connaître ces chiffres. Trouvés au hasard sur internet, les divers montants qui sont articulés jouent dans la ligue des milliers de milliards. Combien ? Des dizaines ? Des centaines ? Plus peu-être ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Paradoxalement, c’est devenu presque secondaire, car depuis peu, ces dépenses nationales pharaoniques ont commencé à se voir éclipsées par celles de sociétés purement privées. Leur crédo n’est pourtant guère différent: “Vers l’infini et au delà !”. <span id="easy-footnote-7-31210" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/la-conne-quete-de-lespace/#easy-footnote-bottom-7-31210" title=" Le slogan glorieux crié à tout va par le personnage Buzz l’Éclair dans le film “Toy Story” de John Lasseter, Pixar, 1995) "><sup>7</sup></a></span> À un détail près, et de taille: elles se doivent d’être rentables. Et voilà comment s’ouvre toute grande la porte du tourisme spatial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On y pénètre furtivement, sur la pointe des pieds ou, plutôt, on guigne par le trou de la serrure, puisque les tarifs pratiqués pour ce genre de promenades défient l’imaginaire: il faudrait cinq ans de labeur continu pour un travailleur d’un des pays les plus pauvres de la planète pour se payer une seule minute d’une telle sortie en orbite. Cependant, la loi universelle de l’équilibre opère heureusement aussi dans ce domaine, de telle sorte qu’un travailleur pauvre d’un pays parmi les plus pauvres de la Terre ne nourrit pas de tels idéaux. Ils sont propres à ceux qui ont des moyens et qui pour ce faire s’alignent sagement en file d’attente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Finalement, il y a un point où idéaux et finances se rejoignent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela commence avec l’immobilier spatial. On vend des surfaces de la Lune et de Mars. On devient propriétaire d’un cratère ou d’un petit désert, comme notre voisin de son jardin. Qui vend ? Pas des luniens, pas des martiens, mais des terriens, évidemment. <span id="easy-footnote-8-31210" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/la-conne-quete-de-lespace/#easy-footnote-bottom-8-31210" title=" https://lunarregistry.com "><sup>8</sup></a></span> Les prix sont attractifs, il faut l’admettre: environ 70 USD en moyenne pour posséder un hectare sur la Lune au lieu-dit Oceanus Procellarum. Certaines locations sont – il est vrai – déjà totalement occupées, alors que pour d’autres l’on concède des rabais qui vont jusqu’à 20%.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On continue avec les colonies dans l’espace. La Station Spatiale Internationale plane dans le ciel depuis bientôt 25 ans. Elle a accueilli plus de 250 humains. Son objectif premier est l’étude de la vie à bord sur plusieurs mois. L’expérience ainsi accumulée servira à ouvrir la voie aux villes flottantes. À l’avenir, on pense déjà à la possibilité de produire dans l’espace et, plus largement parlant, d’y monter toute une économie. Cela compenserait un tant soit peu les coûts faramineux de construction sur Terre, aussi que ceux d’exploitation et d’entretien de ces structures.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="693" height="1024" src="https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2022/03/La-conne-quete-de-lespace-LAncien-de-jours-693x1024.jpg" alt class="wp-image-30799" srcset="https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2022/03/La-conne-quete-de-lespace-LAncien-de-jours-693x1024.jpg 693w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2022/03/La-conne-quete-de-lespace-LAncien-de-jours-203x300.jpg 203w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2022/03/La-conne-quete-de-lespace-LAncien-de-jours-768x1135.jpg 768w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2022/03/La-conne-quete-de-lespace-LAncien-de-jours-1040x1536.jpg 1040w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2022/03/La-conne-quete-de-lespace-LAncien-de-jours-1386x2048.jpg 1386w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2022/03/La-conne-quete-de-lespace-LAncien-de-jours-scaled.jpg 1733w" sizes="(max-width: 693px) 100vw, 693px"></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Puis il y a la vraie colonisation, sur sol ferme. Cela présuppose l’alunisage et pour l’instant l’amarsisage, en attendant l’avénusage et autres ajupitérages ou aastéroïdages. La démographie explosive de la population terrestre et la consommation inconsidérée des ressources de notre planète sont des raisons suffisantes pour une telle démarche, sans même parler de la menace climatique qui fera de la Terre le <em>no men’s land</em> de Mad Max. Les visionnaires y avaient déjà réfléchi depuis longtemps, c’est bien pour cela qu’on les a appelé ainsi. De quoi et comment vivrait-on là-bas sans eau, avec des gravités différentes et des températures qui s’étalent sur 1000 C° ? Des scientifiques actuels, très sérieux, y ont déjà pensé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela passe par la terraformation . En clair, on transforme toute une planète pour la rendre conforme à notre physiologie et à nos besoins. Dans ce but on convertit – disent-ils – l’atmosphère de la planète choisie en la pilonnant rien qu’avec quelques 10<sup>16</sup> tonnes d’hydrogène ou 10<sup>17</sup> tonnes de calcium ou de magnésium, ou alors on la meut en lui jetant dessus comme des boules de neige les satellites d’autres planètes, on lui change le cycle de rotation comme on lance une toupie, on lui fixe autour divers miroirs et boucliers – bref, on fait comme le Grand Architecte Universel pour certains ou la Mère Nature pour d’autres: on joue aux boules avec les planètes. Même si ubuesque, rien d’étonnant à tout ce cinéma, car cela fait des lustres que dans le domaine de la prodigiosité l’homme se veut l’égal du Seigneur Créateur ou de la Nature Créatrice.<span id="easy-footnote-9-31210" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/la-conne-quete-de-lespace/#easy-footnote-bottom-9-31210" title="&amp;nbsp; <a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Terraformation_de_V&quot;>https://fr.wikipedia.org/wiki/Terraformation_de_V</a>énus"><sup>9</sup></a></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui ressort donc de ces élucubrations venues des instances scientifiques les plus sérieuses est surtout le fait que n’ayant pas eu assez de maltraiter sa propre planète, dans sa quête sans répit vers l’infini et au-delà l’homme est prêt à se conduire de la même façon partout ou il met les pieds. Et il serait vain de s’égarer dans l’analyse du financement de telles énormités: le nombre de zéros nécessaires serait insuffisant, comme la totalité du PIB mondial sur des années. Évidemment, sans toucher à l’aspect des limites techniques et des contraintes physiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant ce temps… Eh bien, pendant tout ce temps-là, soit depuis le lancer dans l’espace de la chienne Laïka, il y a 65 ans…</p>



<p class="wp-block-paragraph">…20 à 30 millions d’humains sont morts dans 160 conflits plus ou moins barbares, plus ou moins longs, plus ou moins partout dans le monde, chiffres qui tiennent haut la comparaison avec celui de tous les morts militaires de la Seconde Guerre mondiale,</p>



<p class="wp-block-paragraph">un enfant sur 50 travaille chaque jour,</p>



<p class="wp-block-paragraph">un humain sur 6 est encore analphabète,</p>



<p class="wp-block-paragraph">un humain sur 5 soit n’a pas de toit, soit ce n’est pas le sien,</p>



<p class="wp-block-paragraph">un humain sur 8 a encore faim en permanence et</p>



<p class="wp-block-paragraph">un humain sur 3 ne sait pas quand, où et comment il mangera, n’a toujours pas l’accès à l’eau potable ni à l’hygiène de base.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et souvent c’est le même humain.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">*</p>



<p class="wp-block-paragraph">Hmm, la conne quête de l’espace !… alors qu’elle est encore si loin, la conquête de l’espèce <span id="easy-footnote-10-31210" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/la-conne-quete-de-lespace/#easy-footnote-bottom-10-31210" title=" humaine"><sup>10</sup></a></span>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[21 mars 2022]</p>
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		<title>Progressistes, conservateurs et régressistes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[RaduRo10]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Dec 2022 08:55:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis toujours et d’un point de vue très précis, l’humanité se regroupe en trois classes ou catégories: celle des progressistes, celle des conservateurs et celle des régressistes. […]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Depuis toujours et d’un point de vue très précis, l’humanité se regroupe en trois classes ou catégories: celle des progressistes, celle des conservateurs et celle des régressistes. À part ces trois catégories, il existe pourtant encore une quatrième, hors classes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par principe:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Les progressistes remettent en question les acquis, secouent l’ordre établi et font bouger les choses. Ils avancent. Grâce à leurs énergies et audace, nous ne chassons plus le loup avec des pieux en bois, coiffés de têtes d’ours, mangeons des repas chauds et avons l’Internet.</li>



<li>Les conservateurs repoussent la vision des progressistes et veulent s’en tenir à l’ordre établi en tirant les leçons du passé. Ils se satisfont des progrès et acquis confirmés. Grâce à leur mental réfléchi, nous gardons la famille, les bonnes manières et nos amis à quatre pattes.</li>



<li>Les régressistes dénoncent l’entier parcours de la civilisation, se projettent à l’origine de l’homme créé ou évolué, aspirant à la loi des choses tracée par la nature. Ils regrettent une dérive triste, constante et implacable. Grâce à ceux-là, nous buvons encore l’eau des sources.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Du passé que tout cela. Autour, ces attributs ont changé du tout au tout. Dans l’acception qui prévaut à ce jour:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Un progressiste n’est pas (ou plus tellement) quelqu’un ou quelque chose qui marche – ou souhaite marcher – en avant, dans une direction quelconque, bonne ou mauvaise, afin de passer au delà d’un état donné. C’est avant tout, mais sans limitation, quelque chose ou quelqu’un qui nourrit un intérêt actif pour le social, l’abolition des genres, les droits de la femme et de l’homme, la répartition des ressources et de la richesse, l’écologie. En apparence et à son insu, le progressiste est une extension naturelle – mais non réclamée ou assumée – du socialiste, voire du communiste. Bref, c’est la facette lumineuse du monde qui nous entoure.</li>



<li>Un conservateur n’est pas (ou plus tellement) quelque chose ou quelqu’un qui veut maintenir un état de faits, bon ou mauvais. C’est d’abord et sans limitation quelque chose ou quelqu’un qui a un rapport étroit avec l’avoir et le pouvoir, binôme qui est lié au mépris et à la domination. Dès lors, par une extension censée normale dont il ne se reconnaît guère, le conservateur est transformé en réactionnaire, populiste, fondamentaliste et traditionaliste, alors que réaction, peuple, fondement et tradition n’ont aucune connotation négative, et cela encore aujourd’hui. Bref, c’est la facette sombre du monde qui nous entoure.</li>



<li>Un régressiste n’est pas (ou plus tellement) quelque chose ou quelqu’un de nostalgique, passéiste, qui – à tort ou à raison – déplore le paradis perdu de l’homme, mettant en exergue surtout ses devoirs, avant de veiller à ses droits. C’est quelque chose ou quelqu’un qui se revendique d’un âge révolu, qui tire en arrière, le parfait exclu d’une société qui le traite tel un marginal perdu dans les temps, à jamais hors de la réalité, et ainsi négligeable. Bref, coincé entre les facettes lumineuse et sombre du monde qui nous entoure, le régressiste est le chant mince, ciselé, donc rugueux de la monnaie, auquel nul n’est disposé de prêter l’attention.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Reste enfin la quatrième catégorie, hors classes.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Elle n’a pas de nom, n’en a pas reçu, est réduite, éparse et peu connue. Ceux qui s’y retrouvent ne sont ni progressistes, ni conservateurs, ni régressistes. Comme point commun ils ne se réfèrent ni au monde qui nous entoure, eux avec, ni aux âges passé, actuel et futur. Ils ont existé depuis toujours hors du contexte, du contingent et du temps. Leurs énergies, leurs intérêts et leurs repères sont solidement ancrés loin au-delà: dans l’ineffable. Et cela continue. Grâce à eux, nous pouvons encore garder vif l’espoir de ne pas être seuls dans ce monde.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">[16 décembre 2015 – 13 février 2022]</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>(Les réflexions qui suivent tentent d’obéir à une cohérence absolue. Ce n’est que sur cette voie que les actions et les idées pourraient être validées entièrement. Mais comme par définition la cohérence absolue de l’homme est utopique, toutes ses actions et idées sont destinées à rester des hypothèses.)</em></p>
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		<title>Wehe den Besiegten</title>
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		<dc:creator><![CDATA[RaduRo10]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 Dec 2022 09:13:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une chose est sûre : prophète je ne le suis pas, donc je confie cette activité aux spécialistes. Dans ce texte il n’est cependant même pas question de prévision, car son sujet matérialise la sagesse qui dit «Chassez le naturel: il revient au galop». […]</p>
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<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-7387b849 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em>Vae victis </em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em>autem</em> </p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em>Ex ossibus ultor</em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"></p>
</div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><em>(Malheur aux vaincus) </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>(mais) </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>(Des ossements surgira le vengeur)</em></p>
</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">Une chose est sûre : prophète je ne le suis pas, donc je confie cette activité aux spécialistes. Dans ce texte il n’est cependant même pas question de prévision, car son sujet matérialise la sagesse qui dit <em>«Chassez le naturel: il revient au galop»</em>. Donc:</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2022/12/Wehe-den-Besiegten-Vae-victis-809x1024.jpg" alt class="wp-image-31164" width="405" height="512" srcset="https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2022/12/Wehe-den-Besiegten-Vae-victis-809x1024.jpg 809w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2022/12/Wehe-den-Besiegten-Vae-victis-237x300.jpg 237w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2022/12/Wehe-den-Besiegten-Vae-victis-768x972.jpg 768w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2022/12/Wehe-den-Besiegten-Vae-victis.jpg 1213w" sizes="(max-width: 405px) 100vw, 405px"></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Passé, présent et futur. Bref retour sur les derniers 120 ans pour observer en deux actes, chacun divisé en cinq étapes identiques,</p>



<p class="wp-block-paragraph">  • comment la loi physique action-réaction affecte les sociétés, </p>



<p class="wp-block-paragraph">  • la question générale de l’exagération et de la disproportion, </p>



<p class="wp-block-paragraph">  • le caractère répétitif (ou cyclique) des phénomènes, et enfin </p>



<p class="wp-block-paragraph">  • le tout par rapport au “bagage génétique” d’un peuple<span id="easy-footnote-11-31159" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/wehe-den-besiegten/#easy-footnote-bottom-11-31159" title="Il n’est question ici que de l&amp;rsquo;Allemagne. Au vu de cet écrit, la seule diffé- rence entre l&amp;rsquo;Allemagne et le Japon est que la première n’a pas subi la bombe atomique. C’est dire. "><sup>11</sup></a></span> et à sa place dans le monde à un moment donné et sur la durée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<table class="wp-block-advgb-table advgb-table-frontend is-style-default"><tbody><tr><td style="background-color:#ffffff"><strong>Temps passés. Acte I.</strong><br></td><td style="background-color:#ffffff"><strong>Temps actuels. Acte II.</strong><br>(conséquence et suite de l’Acte I)<br></td></tr><tr><td style="background-color:#ffffff"><strong>1. Prémices</strong><br><br>1900 environ : point de départ. La reine Victoria meurt. L’empire britannique – un des plus vastes de tous les temps – est à son apogée. C’est aussi l’époque d’autres empires coloniaux de l’ère industrielle : français, espagnol, portugais, russe, turc, austro-hongrois, allemand, belge, hollandais, japonais. Premier congrès sioniste. Guerre russo-japonaise. Première révolution russe. L’économie explose. Automobile, avion, électricité, téléphone, pétrole, finances.</td><td style="background-color:#ffffff"><strong>1. Prémices</strong><br><br>Années ’50-’60. État d’Israël. Décolonisation. Guerre froide. Les «&nbsp;trente glorieuses&nbsp;» battent le plein. L’Allemagne paye des réparations de guerre exorbitantes en force de travail, en intelligence et en espèces. Premières guerres israëlo-arabes. Simon Wiesenthal chasse les nazis. Adolf Eichmann est capturé, jugé et pendu. Guerre de sept jours avec occupation du Golan et du Sinaï. Jérusalem entièrement sous administration israélienne.<br></td></tr><tr><td style="background-color:#ffffff"><strong>2. Action disproportionnée</strong><br><br>1914, première guerre mondiale, entre puissances coloniales. D’une part la Triple Entente (France, Grande Bretagne, Russie), d’autre part les Empires Centraux (allemand, austro-hongrois, ottoman). À l’échelle du globe l’Amérique est à peu près un nain. Les premiers avions, sous-marins et chars d’assaut. La défaite des Empires. 1919 traité de Versailles. Sanctions inimaginables à l’encontre de l’Empire allemand. Démembrement des Empires austro-hongrois et ottoman. L’Allemagne, jusqu’alors fleuron industriel – chimie, transports, mécanique, sidérurgie – est liquéfiée.</td><td style="background-color:#ffffff"><strong>2. Action disproportionnée</strong><br><br>Années ’70-’80. Israël s’avance comme première victime de<br>la seconde guerre mondiale. Médiatisation. Mépris des résolutions de l’ONU. Persécution simultanée des Palestiniens. Achille Lauro. Septembre Noir. Jeux olympiques de München. Lobbying américain. Apport massif de capitaux et de population. Essor économique. Colonies en territoires occupés. Lobbying juif dans la politique internationale. La victimisation d’Israël est systématique. Des lois frappent tout soupçon d’antisémitisme. Le sujet devient tabou. Sabra et Shatila. Le chancelier allemand se rend en Israël.</td></tr><tr><td style="background-color:#ffffff"><strong>3. Conséquences</strong><br><br>1918, premier état communiste en Russie. Années ’20, apparition du national-socialisme allemand. Les «&nbsp;années folles&nbsp;». La république de Weimar. En une année, le cours dollar-mark passe à la puissance dix. 1929:  la crise. Détresse, misère, instabilité politique. Influence des milieux juifs dans la société et l’économie. Réponse aux conditions de Versailles : la poussée inexorable du nazisme. Apparition de mouvements et instauration de régimes nationalistes autoritaires en Italie, Espagne, Portugal, Belgique, Hongrie, Roumanie, Bulgarie.</td><td style="background-color:#ffffff"><strong>3. Conséquences</strong><br><br>Années ’90, fin de la guerre idéologique capitalisme-communisme. La nouvelle guerre économique et permanente s’ouvre. Ressources naturelles, eau, faim. Retour de l’antisémitisme sur fond de nationalisme et de protection identitaire. Des milliers de milliards dépensés pour les frères de l’Est. L’Allemagne devient le fer de lance européen. 3e mondial (Japon 4e). Chômage au plus bas. En revanche c’est un nain militaire. Klaus Barbie. 1990, première sortie de l’armée hors de ses frontières. Peuple las des crimes nazis ou las de se taire.</td></tr><tr><td style="background-color:#ffffff"><strong>4. Montée de la réaction</strong><br><br>1933, Allemagne. Réunion des compétences militaire, économique, technique, logistique, politique, doctrinaire. Travail, discipline, mobilisation, autoritarisme, totalitarisme. En 6 ans la culbute : revenue de nulle part, l’Allemagne devient une puissance mondiale. Dans la foulée elle aura repris le titre d’empire 15 ans après Versailles. Autoroutes, constructions, emploi. Quatre facteurs distincts imbriqués : rétorsion suite à l’humiliation de 1919; sémitisme comme bouc émissaire; esprit de supériorité tiré de la culture, histoire, science, technique; expansionnisme et hégémonie basés sur la force.  Espace vital : 70 millions sur 350’000 km2.<br></td><td style="background-color:#ffffff"><strong>4. Montée de la réaction</strong><br><br>Années 2010. L’Allemagne se voit comme “la vache à traire” d’une Union Européenne qui se voit à la botte de l’Allemagne. La NSA américaine espionne la chancelière. Où sont les amitiés d’antan ? Retour de boomerang du colonialisme de 1900. Brexit. Essor des partis dits populistes aux quatre coins du continent. Le pays accueille un million de migrants. 10% de la population totale vient d’Asie et d’Afrique. L’islam compte pour moitié. Le nouveau parti Alternative für Deutschland, déclaré nationaliste euro-sceptique, est la 5ème force politique dans le pays et Volkswagen le premier automobiliste mondial. Espace vital : 18% habitants de plus sur le même territoire.</td></tr><tr><td style="background-color:#ffffff"><br><strong>5. Réaction disproportionnée</strong><br><br>1939, deuxième guerre mondiale. Moins d’une génération après la première. Pires et plus amples atrocités de l’histoire connue, sans compter d’autres génocides de l’histoire, admis ou contestés. Défaite de l’Axe Berlin-Roma-Tokyo. Nouvelle danse des Alliés sur la dépouille de l’Allemagne. Les bombes atomiques anéantissent le Japon. L’Amérique gagne le statut de super-puissance et les Soviétiques s’engouffrent dans la brèche. Capitalisme contre communisme comme résultat idéologique. A contrario de 1919, le plan américain Marshall relève l’Allemagne (et l’Europe de l’Ouest) comme rempart contre l’URSS et la Chine. Envolées allemande et japonaise 15 ans après leur ruine.</td><td style="background-color:#ffffff"><br><strong>5. Réaction disproportionnée ?</strong><br><br>À suivre…<br><br><br><br><br><br><br><br><br><br><br></td></tr></tbody></table>



<p class="wp-block-paragraph">Et finalement cette image, dans l’éventualité où ce texte n’aura pas été suffisamment explicite.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2022/12/Wehe-den-Besiegten-Graphique-1024x615.jpg" alt class="wp-image-31176" width="512" height="308" srcset="https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2022/12/Wehe-den-Besiegten-Graphique-1024x615.jpg 1024w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2022/12/Wehe-den-Besiegten-Graphique-300x180.jpg 300w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2022/12/Wehe-den-Besiegten-Graphique-768x461.jpg 768w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2022/12/Wehe-den-Besiegten-Graphique.jpg 1181w" sizes="(max-width: 512px) 100vw, 512px"></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">[7 octobre 2017, 2 décembre 2018, 3 janvier 2021]</p>
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		<title>L’âge des proscris  ou Le normal anormal versus l’anormal normal et vice-versa</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le CorbeauBlanc]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Aug 2022 04:53:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’âge des proscris est celui où (presque) tout ce qu’a été la vie habituelle de l’homme le long de l’histoire n’est d’un coup plus admis ou accepté car inconvenant, faux, dangereux, inadéquat, illégal, abusif, mauvais. […]</p>
<p>L’article <a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/lage-des-proscris/">L’âge des proscris  &lt;span style=&quot;font-size:0.8em;&quot;&gt;&lt;br&gt;ou &lt;br&gt;Le normal anormal versus l’anormal normal et vice-versa&lt;/span&gt;</a> est apparu en premier sur <a href="https://lecorbeaublanc.me">leCorbeau.Blanc</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">L’âge des proscris est celui où (presque) tout ce qu’a été la vie habituelle de l’homme le long de l’histoire n’est d’un coup plus admis ou accepté car inconvenant, faux, dangereux, inadéquat, illégal, abusif, mauvais. À l’âge des proscris, deux hydres rivales hantent et s’entre-dévorent, pour abattre sur nous chaque jour leurs lambeaux infects. D’une part, les vieilles idées préconçues de base: le mépris, l’élitisme, le patriarcat, la condescendance, le racisme. S’oppose la folie de la correction religieuse, politique, morale, sociale et identitaire par l’égalité sans bornes et à tout prix, par l’uniformité via l’écrasement – critère unique et but évitant toute atteinte possible à la personne et à la communauté. Les interdits chassent les excès, assurent la sécurité, fixent le terrain de ce carnage destiné à défendre la société civile et, par là, à établir partout, <em>nolens volens</em>, le progrès et la démocratie. </p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-medium"><img loading="lazy" decoding="async" width="212" height="300" src="https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2022/08/Lâge-des-proscris-ou-Le-normal-anormal-versus-lanormal-normal-et-vice-versa-212x300.jpg" alt class="wp-image-30915" srcset="https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2022/08/Lâge-des-proscris-ou-Le-normal-anormal-versus-lanormal-normal-et-vice-versa-212x300.jpg 212w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2022/08/Lâge-des-proscris-ou-Le-normal-anormal-versus-lanormal-normal-et-vice-versa-724x1024.jpg 724w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2022/08/Lâge-des-proscris-ou-Le-normal-anormal-versus-lanormal-normal-et-vice-versa-768x1086.jpg 768w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2022/08/Lâge-des-proscris-ou-Le-normal-anormal-versus-lanormal-normal-et-vice-versa.jpg 945w" sizes="(max-width: 212px) 100vw, 212px"></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Attention à ce rouleau compresseur et gare à toute hostilité ou obstacle ! Voici quelques exemples de choix parmi tant d’autres.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><strong>Esklødë</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Esklødë fut une bien pauvre et vieille paysanne, mi peau-rouge mi noire, juive, lesbienne, handicapée et retardée, salariée d’un asile de fous, alcoolique, morte par overdose. <span id="easy-footnote-12-30905" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/lage-des-proscris/#easy-footnote-bottom-12-30905" title="Résumé en 26 mots, soit 146 caractères sans espace"><sup>12</sup></a></span> Non. Archi-faux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Esklødë fut un(e) person(ne) démuni(e) de ressources matérielles et financières, d’un âge avancé, venu(e) du secteur primaire, mi natif/ve américain(e) mi africain(e), qui faisait partie du peuple issu du royaume biblique d’Israël, éprouvait un fort désir hormonal pour des êtres avec le même ensemble d’éléments cellulaires qu’iel, qui révélait un certain déficit physique et dont l’état intellectuel observé se situait en dessous de la moyenne établie, qui avait l’habitude d’absorber en grandes quantités des liquides avec un dosage très élevé de molécules inflammables obtenu de la distillation de divers(es) fruits et légumes, collaborateur/rice rémunéré(e) d’une institution médico-sociale pour humains qui sont marqués par une série de désordres physiologiques ou psychiques pouvant mener à des troubles du comportement ou de l’esprit qui laissent supposer une altération pathologique des moyens mentaux, ayant cessé d’être en vie comme conséquence de l’intoxication avec une/des substance(s) hallucinogène(s).<span id="easy-footnote-13-30905" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/lage-des-proscris/#easy-footnote-bottom-13-30905" title="Même résumé qu’au dessus, mais en 156 mots et 876 caractères sans espaces, soit six fois plus."><sup>13</sup></a></span></p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><strong>Le/a lieu/e</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’opérateur/e aperçut un/e sign/e que le/a chais/e était prêt/e. Le/a port/e s’ouvrit laissant deux assistant/es accompagner le/a person/ne qui n’opposait la moindr/e résistanc/e. Les yeux/es perdu/es, just/e si iel traînait un/e peu/e les pied/e/s. Arrivé/e/s devant l’instrument/e de mort/e, ielles s’arrêtèrent silencieux/ses, puis/e se tournèrent vers/e le/a paroi/e en ver/re derrièr/e, où étaient assis/es les contrôleurs/es de l’opération/e. Certain/e/s visag/e de marbr/e, d’autr/e/s mouchoir/e/s aux yeux/es. Un/e des assistant/e/s déchaîna les pied/e/s du/de la person/ne. L’autr/e l’assit sur le/a sièg/e en bois/e et appuya son/sa poitrin/e contr/e le/a dossier/ère. Ensuit/e, les deux attachèrent les bras/es aux appui/e/s puis/e se mirent en repos/e. Un/e pasteur/e entra, livr/e en main/e, mais/e on le fit vit/e sortir. Un/e troisièm/e assistant/e, visag/e grav/e, s’avança en silenc/e depuis/e l’arrièr/e du/de la chais/e pour enfiler un/e cagoul/e sur le/a têt/e aton/e. Pour finir, les trois se retirèrent, fermant le/a port/e derrièr/e eux/es. Le/a rideau tomba en deçà du/de la paroi/e en verr/e et le/a lumièr/e s’éteignit dans le/a local/e d’application/e. Vinrent un long éclair/e intermittent/e qui illumina le/a rideau et un/e crépitement/e saccadé/e, fort/e pénibl/e, suivi/e/s d’un/e long/e paus/e où l’on ne put entendre qu’un/e succession/ne de sons/es étouffé/es, suivi/e du/de la rideau qui se leva lentement laissant découvrir le/a lieu/e vid/e. Au centr/e il y avait toujours/e le/a mêm/e chais/e, vide, prêt/e pour le/a prochain/e séanc/e.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><strong>Kweoudjima</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis que la mémoire existe, la lignée de Kweoudjima Gwé à toujours été démunie. Faux ! N’est démuni que celui comparé au nanti. Une abeille n’est ni nantie ni démunie; elle n’est que l’égale de sa voisine, et toutes ne sont démunies que par rapport à la reine, seule nantie. Encore que cela reste à débattre. Tel les Gwé. Jadis, un ancien (on ne tient ici de registre d’état civil) avait même servi comme grand chef de cette tribu. Nus, tous ça chassait, cultivait, cueillait, dansait, mangeait, priait, chantait, mourrait. Puis, de l’au-delà des mers vinrent les grands hommes ferrés. Et ils apportèrent des leurres, des babioles et de l’eau qui brûle. Et ils écorchèrent les troncs, creusèrent la terre, fouillèrent les sources, coupèrent les bois, emportèrent des pierres colorées. Et pour finir ils emportèrent les familles, attachées. C’est ainsi qu’ils se retrouvèrent démunis, c’est-à-dire misérables. Depuis arrière-arrière-arrière-grand-père et jusqu’à grand-père, qui s’est battu pour que cela cesse. Et ça a cessé, sauf la misère qui s’était incrustée pendant des siècles. À l’échange ils ont gagné touristes, tévé et Yookos. Alors on voit qu’avec une thune par jour, mieux vaut être démuni, car en fait on n’a rien. Pour ça, le touriste se paye un cola à l’hôtel, tandis que ça gagne chez lui dix fois plus à cueillir des fraises et cent fois si t’es est bien plus malin. On sort alors tout son avoir, paye le guide, marche 1800 km, paye le passeur, prend avec 28 autres un canot à 15 qui se fait stopper en pleine mer, on chavire et on se noie, car le quota final est atteint.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><strong>Stuarte</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">D’une part fort de la nouvelle neutralité des genres instaurée par la loi fœmme et de l’autre fort de certaines cartes bien jouées, Stuart a pu vite devenir la premier mâle à se faire implanter avec succès un appareil uro-génital féminin complet sans pour autant devoir déposer son appareil uro-génital masculin, déjà complet. C’est par un tel exploit scientifique qu’iel put obtenir le privilège de copuler plénièrement tant avec un femelle qu’avec une mâle, parfois en simultané. La modification étant pourtant notable, au début Stuarte a quelque peu mélangé les dates et hop! iel s’est vu – au 7<sup>ème</sup> ciel – enceint. La grossesse fut tip-top. Neuf mois plus tard, la sage-homme veillant aux moindres soins de la gestation lui mit au sein une sublime fille de sexe féminin, au bonheur de ses pères. Grâce à d’amples mamelles et à une bonne lactation, un certain temps Stuarte pu allaiter la nourrissonne à leur mutuelle satisfaction. Toutefois, au fil des semaines la source diminua peu à peu, la bébé réclamant toujours du lait véritable. La mère-père dû ainsi être remplacée par la plus fécond nourreur connu. Pour des mamelles, celle-ci avait en effet choisi deux pis de vache à huit trayons au total lors de la greffe d’un appareil uro-génital féminin complet. Forte de cette source généreuse, la fille grandit en un jour comme d’autres en un mois, de sorte qu’au jalon d’une année de vie elle put déjà aller à l’école. La suite de histoire ayant &nbsp; été perdue, nous ignorons hélas! si plus tard elle a suivi le modèle de son mère-père ou a bêtement marié un garçon quelconque.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><strong>Fiodda…</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">..est l’exemple parfait de l’homme parfaitement moderne. Aînée d’une riche famille de l’Europe du Nord, à l’écouter déjà qu’elle s’est tôt installée au Tropique du Cancer pour jouir d’un climat agréable et d’un cadre de liberté, plus près de la nature, de l’authenticité, de la vraie vie enfin. Intimement harmonisée à son environnement, arrivée au bel âge, mère accomplie, la voici préceptrice de ses six enfants. Ses préceptes sont simples, forts, sûrs et vrais. On s’habille lorsqu’on a froid. (Rare, au Tropique.) Et si on a froid, par exemple quand on brûle, on se couvre avec la peau d’un animal, mort. Au besoin on se chauffe au bois. À propos, on ne prend aucun médicament, puisqu’on a la sève et les extraits des plantes. On boit l’eau de la source. On ne mange ni l’animal ni ses produits, mais on utilise ses poils pour faire mille choses dans la maison et la vie de tous les jours. On ne touche pas aux piles, au verre, papier, métal, plastique, voiture, radio, internet, bref le tout électrique. On se déplace à pieds. Le soir, si besoin, on s’éclaire au feu de bois, mais dans la règle on s’endort dans des lits faits de paille et feuilles de palmier. Fi de velcro, kärcher, caddie, plexiglas, kleenex, téflon, on se fabrique le strict nécessaire à partir de ce que la terre veut bien nous offrir: glaise pour des pots, branches pour les outils, feuilles pour les habits, fientes pour l’engrais. Puisqu’on est en équilibre idéal avec Mère Gæa, on ne la lèse d’aucune manière, on est empreinte carbone zéro, voilà donc pourquoi le climat nous dit: bravo et merci !</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><strong>Yachnoul</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En été, tout le village est dans la joie de la récolte: les femmes à cueillir le pavot et à couper les tiges, les hommes à fumer le narghilé, séchant front et nuque, et les petits à jouer au ruisseau scrutés par leurs mères. L’école n’est pas encore là. En fait, il n’y en a même plus depuis le missile perdu sur la cabane. Les jeunes sont partis, l’on ne sait trop où, relayés par l’unité de la force de paix alors que le bled n’a pas connu de conflit. Maudit missile ! Les 150 baraques genre Star Wars se croient chez eux même si nul ne capte leur charabia. Au moins ceux-là aiment l’industrie locale et ferment donc l’œil sur les revenus des gens. Et un jour c’est le tapage: un gros pickup avec mitrailleuse lourde freine en plein marché, suivi par deux 4×4 et un bus rempli de gens et le toit d’antennes. Les véhicules se vident illico et en plein chahut, malgré le sac en jute jusqu’au genoux, on flaire Yachnoul, fierté du village, cerné par six balèzes masqués. Alors champs, huttes et ruisseau se vident et – poings levés – ça se met à s’arracher les habits, à crier, se tirer les cheveux, tomber à terre, courir. Et la force de paix qui ouvre un grand cercle autour, mouille au froc et fusils d’assaut en joue. Un gradé tente d’appeler au calme et crie des infos que personne n’écoute. Une tête sortie de la foule agite quelque c… Une rafale part. Une autre. Pause. Les caméras tournent. Des hurlements fusent. À 8000 km de là, aux <em>news</em> du soir on voit les adeptes d’un terroriste attaquant la force de paix, qui s’est défendu. Bilan: six morts dont une enfant de trois ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[6 février 2022]</p>
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		<title>L’inversité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le CorbeauBlanc]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 May 2022 09:34:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’humain est un cas tordu, toujours en conflit avec lui-même.<br />
Il cherche longtemps et obstinément à s’armer, non par une quelconque crainte de l’ennemi, mais par besoin de sécurité préventive. […]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">L’humain est un cas tordu, toujours en conflit avec lui-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il cherche longtemps et obstinément à s’armer, non par une quelconque crainte de l’ennemi, mais par besoin de sécurité préventive. Lorsqu’après un gaspillage insensé de moyens il finit par s’armer jusqu’au dents, il perd l’intérêt au combat. Ça le blase, puisqu’il est déjà trop armé et par conséquent il se sent invincible. En fait, la confrontation avec quelqu’un nettement moins bien préparé ne présente plus l’attrait requis et attendu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Longtemps aussi il s’efforce de s’assurer l’alimentation la plus exquise possible : nourriture, boissons et <em>tutti quanti</em>. Ce n’est que lorsqu’enfin il se retrouve complètement immergé dans la plus absolue surabondance que brusquement il se lasse et déchante. Il se met à rêver de simplicité, de retour aux sources même de la mère nature. En effet, la variété infinie des saveurs lui aura ennuyé le palais, la gourmandise et jusqu’à l’appétit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Idem pour la richesse. Une vie entière il s’acharne à l’acquérir, d’abord pour atteindre la quiétude matérielle, puis pour la consolider et enfin pour s’assurer le confort de ne plus y penser. Mais une fois l’objectif atteint, vient l’angoisse de perdre – dans l’ordre inverse – la paix de l’esprit, la paix tout court et pour finir le statut. Et c’est là qu’il se met à lorgner jalousement vers le démuni qui, lui, à part sa vie, n’a strictement rien à perdre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’en est pareil pour la gestion du temps. Travailler plus est pour lui une cible à démolir. Travailler le moins possible afin de pouvoir disposer de temps pour soi-même et sans diminuer les ressources ? C’est un but à conquérir. Sauf qu’une fois acquis – à l’âge actif, pas à la retraite – le trésor du temps devient lourd à garder, sous le poids de sa propre personne qui se retrouve tout à coup sans le fil conducteur tant et si longtemps honni.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quid de sa propre santé physique et de celle mentale. Alors justement, comme puisque pour lui le travail n’est pas la santé, l’homme la cherche dans l’infini des comprimés, poudres, sérums, potions et autres sirops – souvent très chers – offerts par l’industrie. Cela au mépris de l’armada de ses propres gardiens, minuscules, fidèles, silencieux et gratuits qui veillent 24/7 sur son corps et son mental, et sont là pour les défendre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La même loi des contraires règne sur les connaissances et le Savoir. Une vie durant il s’échine à grimper laborieusement l’escalier de la compréhension pour remplir le plus possible son bagage de sagesse. Sauf que chaque marche gravie, à part de l’élever à une hauteur qui lui permet de voir encore plus loin, lui découvre la distance sans cesse croissante qui le sépare de l’horizon et, par là, lui ouvre l’abysse béant de son ignorance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Scénario identique pour l’affection et son pinacle – l’amour. La quête y est effrénée, la soif intarissable, l’emportement parfois volcanique, et ce dans les deux sens: aimer comme être aimé. On peut mourir par amour ou pour l’amour, comme on peut tuer ou se faire tuer. Quelle meilleure preuve alors ? Et pourtant, une fois l’amour gagné, vie et temps l’érode et l’on se lasse devant le seuil de l’oubli, au point mort de l’indifférence.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">*</p>



<p class="wp-block-paragraph">En réalité, le cœur de l’intérêt se trouverait ancré au fond de l’aspiration constante et farouche vers l’état ultime dans toutes choses de la vie: sécurité, gastronomie, richesse, loisirs, santé, savoir, amour. Parmi bien d’autres. Elle serait à l’œuvre aussi longtemps que dure l’ascension et que cet état n’aura pas encore été atteint. Ce conflit de toujours est donc là, et l’homme ne fait qu’appliquer la loi de son meilleur ami: il se mord la queue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les exceptions ? Elles n’intéressent pas et ne s’y opposent pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[12 décembre 2021-23 janvier 2022]</p>
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		<title>Un mal basqué</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le CorbeauBlanc]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Apr 2022 11:43:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Voici un des plus célèbres portraits de l’histoire de la peinture. Et probablement un des plus accomplis, profonds, captivants. En réalité c’est un autoportrait: celui de l’Allemand Albrecht Dürer. […]</p>
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<figure class="wp-block-image aligncenter size-medium"><img loading="lazy" decoding="async" width="217" height="300" src="https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2021/12/Un-mal-basque-Durer-demasque-217x300.jpg" alt class="wp-image-30716" srcset="https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2021/12/Un-mal-basque-Durer-demasque-217x300.jpg 217w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2021/12/Un-mal-basque-Durer-demasque-741x1024.jpg 741w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2021/12/Un-mal-basque-Durer-demasque-768x1062.jpg 768w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2021/12/Un-mal-basque-Durer-demasque-1111x1536.jpg 1111w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2021/12/Un-mal-basque-Durer-demasque-1481x2048.jpg 1481w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2021/12/Un-mal-basque-Durer-demasque-scaled.jpg 1852w" sizes="(max-width: 217px) 100vw, 217px"><figcaption>https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Albrecht_Dürer_-<em>1500_self-portrait</em>(High_resolution_and_detail).jpg</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Voici un des plus célèbres portraits de l’histoire de la peinture. Et probablement un des plus accomplis, profonds, captivants. En réalité c’est un autoportrait: celui de l’Allemand Albrecht Dürer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On remarque en un clin d’œil la difficulté de ce prodigieux exercice: les mains sont à vue, c’est-à-dire qu’après chaque coup de pinceau ou presque, le peintre doit se tourner vers le miroir, poser son outil et reprendre la pose étudiée de sa main droite, la gauche étant peu visible; il doit bien mémoriser ou vérifier tel ou tel détail, revenir au chevalet, reprendre le pinceau et continuer son travail. D’une part. D’autre part, en se retournant face au miroir, il doit chaque fois assurer les même boucles somptueuses, les mêmes plis de son habit, la même position des poils de sa fourrure, mais avant tout il est crucial qu’il retrouve exactement le même faciès, le même air, la même apparence, le même regard calme et pénétrant. Cela jour après jour, par beau ou mauvais temps, se garantissant le même éclairage, les joues bien rasées, jovial, serein ou alors de mauvais poil après une dispute avec sa femme ou son voisin. Que tout cela a dû être dur pour Dürer !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ce n’est rien vis-à-vis de ce que le portrait ne montre pas ! L’année du Seigneur est 1500, année importante si elle en est, pas seulement parce qu’elle marque pile la moitié du millénaire, mais surtout parce que l’Europe, Nuremberg avec, est à l’épreuve de la suette. Ce fléau livre une fièvre importante, une sueur abondante (d’où son nom) et finalement une mort foudroyante. Il est vrai que depuis quelque temps les cas sont plutôt rares, mais l’artiste est avisé. La maladie est contagieuse ? Il cherche la solitude. Elle voyage par les airs ? Il porte un masque. Et c’est ce que le fameux tableau exposé à la <em>Alte Pinakothek</em> de Munich ne montre pas.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-medium"><img loading="lazy" decoding="async" width="207" height="300" src="https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2021/12/Un-mal-basque-Durer-mal-basque-207x300.jpg" alt class="wp-image-30717" srcset="https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2021/12/Un-mal-basque-Durer-mal-basque-207x300.jpg 207w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2021/12/Un-mal-basque-Durer-mal-basque-705x1024.jpg 705w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2021/12/Un-mal-basque-Durer-mal-basque-768x1116.jpg 768w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2021/12/Un-mal-basque-Durer-mal-basque-1057x1536.jpg 1057w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2021/12/Un-mal-basque-Durer-mal-basque-1410x2048.jpg 1410w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2021/12/Un-mal-basque-Durer-mal-basque-scaled.jpg 1762w" sizes="(max-width: 207px) 100vw, 207px"><figcaption>Archive de l’auteur</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le peintre est jeune. C’est quelqu’un d’intègre, raffiné, de belle présentation. Il est toutefois méticuleux. Comme bon nombre de virtuoses, il construit soigneusement ses œuvres, le plus souvent par des esquisses ou des versions préparatoires. Dont pour cet autoportrait. Sauf que dans ce cas, dite ébauche – inachevée – est restée dissimulée pour une raison étrange, inconnue. Voici donc la vraie apparence d’Albrecht Dürer au temps de la pandémie et avant qu’il n’enlève son masque, certainement par coquetterie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour certains ce n’est – et ce ne fut – pas une découverte. Parmi eux, trois siècles et demi plus tard, un certain Giuseppe Verdi s’y inspira pour créer son opéra «Un bal masqué». C’était à point nommé, car le monde venait d’être frappé de plein fouet par la peste chinoise, dite aussi bubonique. Sur scène, dans les salles et les foyers, interprètes, spectateurs et personnel de service étaient tous rigoureusement masqués. L’opéra connut un franc succès. En revanche, chose à vrai dire surprenante, les protections étaient dérisoires: avec des trous pour les yeux, paradoxalement elles ne couvraient que le haut des visages, laissant nez et bouches complètement à l’air libre. Ce fut l’amorce de la dernière et pire pandémie de peste connue. Un siècle et plus de quinze millions de morts plus tard, elle fut considérée éteinte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Oublier l’histoire c’est être réduit à la revivre, vrai ? Soixante ans passent et la leçon du passé paye. Face à une vilaine grippe, la planète met le masque. Cette fois au bon endroit et dans toutes les situations i(ni)maginables: au travail, à la poste, dans le bus, à l’opéra, dans l’ascenseur, en vélo, au magasin, dans la rue, au ski, en moto, à la piscine, au restaurant, en balade, en voiture, sur le bateau, au chalet, en classe, au jogging, à la plage, au stade, au lit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cela s’ajoute la cerise sur le gâteau de l’esprit artistique qui explose, pas tant au travers des huiles sur toiles que par des objets divers ou des sérigraphies sur tissus. Ces masques figurent ou arborent des drapeaux, crânes, paysages, moustaches, slogans, gueules d’animaux, choses cochonnes, son propre visage, ou sont faits de macramés, bouteilles de PET, monstres pastafari, feuilles de choux – tout un répertoire imaginaire que l’on pensait éteint.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">*</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant le mal ne faiblit pas. Pire: il change de stratégie. Et de nom. Alors, un mal basqué ? Un mal bâclé, peut-être ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">[5 décembre 2021]</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Post scriptum</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant qu’un tel s’excite envers un autre tel ou telle qui ne porte pas de masque, tous les États du monde et l’OMS se mettront d’accord</p>



<p class="wp-block-paragraph">– sur le/s type de masque/s qui protège/nt effectivement du Covid 19,</p>



<p class="wp-block-paragraph">– combien de temps porter un tel masque est réellement efficace,</p>



<p class="wp-block-paragraph">– si lorsqu’on a déjà eu la maladie on peut encore répandre le virus,</p>



<p class="wp-block-paragraph">– combien de temps après la maladie reste-t-on immunisé,</p>



<p class="wp-block-paragraph">– sur le temps minime pour choper le virus transmis par un malade,</p>



<p class="wp-block-paragraph">– où va le virus exhalé dans un masque qui ne saurait coller au visage,</p>



<p class="wp-block-paragraph">– si un seul masque est suffisant quand deux personnes sont en contact,</p>



<p class="wp-block-paragraph">– sur la vraie distance de sécurité entre deux personnes à l’intérieur,</p>



<p class="wp-block-paragraph">– que deviennent les virus exhalés au-delà de la distance de sécurité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Accessoirement, il s’accorderont aussi sur l’utilité de porter un masque</p>



<p class="wp-block-paragraph">– seul dans son auto, sur sa moto, son vélo, sa planche ou sa barque,</p>



<p class="wp-block-paragraph">– seul dans la forêt, à la plage ou en général dans la nature,</p>



<p class="wp-block-paragraph">– en jouant au tennis, basket ou foot sur un terrain vague,</p>



<p class="wp-block-paragraph">– pendant un jogging,</p>



<p class="wp-block-paragraph">– sous la pluie,</p>



<p class="wp-block-paragraph">– sur une piste de ski,</p>



<p class="wp-block-paragraph">– seul dans la Grande Roue, une auto-tamponneuse ou un carrousel,</p>



<p class="wp-block-paragraph">– seul dans une rue, sur un trottoir, place, stade, etc.</p>
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		<title>Et si…</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le CorbeauBlanc]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Jan 2022 06:55:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>… fouler avec témérité, voire de l’inconscience, le territoire obscur de l’invraisemblable serait après tout une option valable ? Question difficile, réponse problématique. [...]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">… fouler avec témérité, voire de l’inconscience, le territoire obscur de l’invraisemblable serait après tout une option valable ? Question difficile, réponse problématique. En vérité, ce qui suit n’est qu’un prolongement presque normal, cependant hésitant car fort risqué, de réflexions antérieures qui étaient déjà – elles – suffisamment audacieuses. Elle étaient réunies dans “The Great Reset”.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce territoire est sombre et inconnu. Il est peuplé d’intentions et de pensées à priori inimaginables et apparemment hostiles puisque – justement – dissimulées. L’errance, lente, improbable et pénible y est possible seulement si l’on rassemble des jalons épars pouvant indiquer un chemin un tant soit peu ordonné. Pourtant ceci exige d’abord à les distinguer – ces jalons, puis les voir et les reconnaître, ténus qu’ils luisent à peine dans l’opacité la plus dense. Encore qu’en réalité il sont étonnamment nombreux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mise en garde préalable et utile: ceci est tout le contraire d’une grotesque machination conspirationnistique, complotistique, ésotéristique et cabalistique. La suite ne s’enquiert pas d’une mode trop répandue de nos jours, pressée à coller des étiquettes sur tout sentier situé en dehors du courant de pensée unique. Le but ici n’est pas d’ourdir un N<sup>ème</sup> tissu de fumée et d’illusions, mais bien de s’appuyer sur la raison et la sagacité pour tenter d’apercevoir la réalité au-delà du plafond nuageux qui enveloppe le monde. Aussi, les métaphores seront légion et certaines idées tout à fait sinistres, d’où précisément la témérité de ce raid dans l’invraisemblable.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">*</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et si…</p>



<p class="wp-block-paragraph">…la Terre n’était pas occupée par près de huit milliards d’êtres humains, bientôt neuf milliards, ensuite dix lors de la génération suivante, mais par tout autant d’usagers consommateurs ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">…les besoins et habitudes des occupants, étendus et affinées après la Seconde Guerre mondiale, continueraient à croître et à se raffiner de par la nature hédoniste propre au genre humain ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">…les ressources de cette même Terre, en constante diminution et pour certaines situées déjà dans les chiffres rouges, à brève échéance venaient à ne plus suffire, ensuite à s’épuiser ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">…la magie irraisonnée du virtuel, de l’intelligence artificielle et de la robotique poussées par l’envolée technologique, apporterait l’indigence au plus grand nombre privé de revenus par le travail ?</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">*</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et si alors…</p>



<p class="wp-block-paragraph">…l’espèce humaine étant la seule capable de s’autodétruire en masse, l’issue de cette quadrature viendrait de ses rangs mêmes ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">…les angles aigus de ce carré infernal seraient arrondis en réduisant simplement et drastiquement le chiffre des usagers ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">..la mise en œuvre de ce scénario serait déjà en cours depuis un certain temps et que ses résultats seraient à vue autour de nous ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors voilà l’impossible équation résolue: avec une occupation réduite de ¾, strictement aux usagers les plus porteurs au point de vue statistique, leurs besoins et habitudes pourraient croître et se raffiner sans fin pour des générations à venir, au travers de ressources désormais abondantes sublimées par les bienfaits de la réalité virtuelle, de l’intelligence artificielle et de la robotique.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">*</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mystérieuse énigme…</p>



<p class="wp-block-paragraph">[25 janvier 2021]</p>
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		<title>The Great Reset (2/2)</title>
		<link>https://lecorbeaublanc.me/essais/the-great-reset-2-2/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Le CorbeauBlanc]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Nov 2021 08:47:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nous vivons des temps extraordinaires. En clair, cela veut dire des temps qui sont en dehors de l’ordinaire. Qui sait, peut-être uniques. Pas toute génération a une telle occasion. [...]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-advgb-columns advgb-columns-wrapper" id="advgb-cols-f9e39f96-c796-474e-af2c-25b45d79d617"><div class="advgb-columns-container"><div class="advgb-columns advgb-columns-row advgb-is-mobile advgb-columns-2 layout-12-12 mbl-layout-stacked vgutter-10">
<div class="wp-block-advgb-column advgb-column advgb-is-half-tablet advgb-is-full-mobile" id="advgb-col-fd11d6e2-6e58-417a-b511-217b0c572da6"><div class="advgb-column-inner" style="border-style:none;border-width:1px">
<p class="citation wp-block-paragraph"><em>“ L’Éternel vit que la méchanceté des<br>hommes était grande sur la terre, et</em><br><em>que toutes les pensées de leur coeur se<br>portaient chaque jour uniquement<br>vers le mal.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">[…]</p>



<p class="citation wp-block-paragraph"><em>Et l’Éternel dit: J’exterminerai de la</em><br><em>face de la terre l’homme que j’ai créé,<br>depuis l’homme jusqu’au bétail, aux<br>reptiles, et aux oiseaux du ciel; car je<br>me repens de les avoir faits.”</em></p>



<p style="text-align:right;margin-right:50px;">(Genèse 6.5, 7)</p>
</div></div>
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<div class="wp-block-advgb-column advgb-column advgb-is-half-tablet advgb-is-full-mobile" id="advgb-col-ce8f2dae-c286-4216-8f0a-7e939af23d7a"><div class="advgb-column-inner" style="border-style:none;border-width:1px">
<p class="citation wp-block-paragraph"><em>“Et l’Éternel dit: Voici, ils forment un<br>seul peuple et ont tous une même<br>langue, et c’est là ce qu’ils ont entrepris;<br>maintenant rien ne les empêcherait de<br>faire tout ce qu’ils auraient projeté.<br></em></p>



<p class="citation wp-block-paragraph"><em>Allons! descendons, et là confondons<br>leur langage, afin qu’ils n’entendent<br>plus la langue, les uns des autres.<br></em></p>



<p class="citation wp-block-paragraph"><em>Et l’Éternel les dispersa loin de là sur<br>la face de toute la terre; et ils cessèrent<br>de bâtir la ville.”</em></p>



<p style="text-align:right;margin-right:50px;">(Genèse 11.6-8, 7)</p>
</div></div>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>«Il est dangereux d’avoir raison lorsque le gouvernement a tort.»</em> (Voltaire)</p>



<p class="wp-block-paragraph">[…] Je ne suis d’aucun de ces assemblages, mais peut-être d’un troisième groupe, médian, peut-être totalement marginal, peut-être insignifiant: celui des éveillés, des observateurs, des analyseurs et des attentistes. J’aime croire que – les yeux ouverts – j’observe, analyse et attends, en essayant de ne pas juger. Quoi ?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Me rappelant le fameux conte allemand et la déclamation triomphale de son illustre personnage «J’en abats sept d’un coup !» <span id="easy-footnote-14-30685" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/the-great-reset-2-2/#easy-footnote-bottom-14-30685" title="”Le vaillant petit tailleur”, Kinder- und Hausmärchen, Les frères Grimm, 1812"><sup>14</sup></a></span>, j’observe que la liste des anomalies est réduite de moitié au travers d’une seule arrivée qui les chapeaute toutes, ensuite de quoi la moitié restante glisse dans l’indifférence. Ainsi, d’un côté, l’Islam, les nationalismes, le tiers-monde, la Chine, la croissance, la consommation, les migrations, la surveillance, l’intelligence artificielle, la démographie, la technologie et le politiquement correct fondent en entier dans une mélasse répondant au doigt et à l’œil au seul Covid-19. De l’autre côté, devant la priorité devenue absolue des statistiques sanitaires quotidiennes, l’exploration spatiale, le climat, la discrimination, la déforestation, la pollution, la pauvreté, la femme, le terrorisme, la famille, le gaspillage, la biodiversité et la course aux armements perdent tous leur intérêt. Au bout du compte, c’est l’ensemble des activités humaines – bonnes et moins bonnes – qui s’estompe devant l’ubiquité de ces infâmes sphères poilues et invisibles, 10’000 fois plus petites qu’un grain de sable</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après ce constat, je tente d’analyser les divers tenants et aboutissants. Si en 1350 les gens étaient à raison tétanisés par la grande faucheuse et son lot préalable de souffrance et misère, en 2021 le désarroi est économique, social, culturel, politique. Mais avant et par dessous tout, psychologique. Cela fait plus d’un demi siècle qu’on a marché sur – et parlé avec – la Lune, depuis longtemps on manipule la nature et les éléments et l’air autour est saturé d’une infinité d’ondes des plus diverses: cela n’a pas empêché les gens de tomber victimes de l’hystérie qui s’est emparée de la planète partant d’une forme d’affection de base constamment présente, elle, depuis l’antiquité. Cette fois la nouveauté est cependant venue des médias, par la vitesse à se saisir de la question, la persévérance à la traiter et à la gonfler, alors que les sujets importants qui font tourner le monde n’ont pas changé. Bientôt une année entière que ce mal occupe, 24/7, si ce n’est l’intégralité des informations, en tout cas la quasi totalité. Dès lors, il ne serait probablement pas téméraire de penser que nous sommes en plein milieu de la plus importante campagne du genre menée en temps de paix. Sachant que dans ce domaine aussi, et depuis un moment déjà, internet a dépassé la presse, la radio et la télévision.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vingt-cinq ans en arrière, un certain Edward Berneys mourrait centenaire. Il reste dans l’histoire et il est largement reconnu comme “le père des relations publiques” et surtout comme “le père de la propagande”, dont il avait mis les bases dans les années ’20 et ’30. Ces idées, dont voici quelques extraits, glacent le sang.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«Les gens veulent aller là où ils voulaient être conduits.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">«Les gens sont rarement conscients des raisons réelles qui motivent leurs actions».</p>



<p class="wp-block-paragraph">«Si l’on comprend le mécanisme et les motifs de la pensée de groupe, il est à présent possible de contrôler et d’organiser les masses selon notre volonté, sans qu’elles s’en rendent compte.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">«Nous sommes gouvernés, nos esprits sont façonnés, nos goûts formés, nos idées suggérées, largement par des hommes dont nous n’avons jamais entendu parler.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">S’étonner alors de rencontrer des concepts parfaitement similaires – et pas moins glaçants – exposés par le Ministre de l’éducation du peuple et de la propagande du III<sup>e</sup> Reich ?!…</p>



<p class="wp-block-paragraph">«Les masses ont besoin de quelque chose qui leur donnera un frisson d’horreur.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">«Si le mensonge est assez gros et qu’on le répète assez, les gens commencent à y croire.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">«L’État a le droit absolu de superviser la formation de l’opinion publique.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">«La propagande marche le mieux lorsque les manipulés sont convaincus qu’ils agissent de leur plein gré.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">«Considérez la presse comme un excellent clavier sur lequel le gouvernement peut jouer.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la foulée de ces terribles énoncés, il est intéressant de se faire une idée sur la façon dont deux figures majeures du XX<sup>e</sup> siècle voyaient (les rapports avec) les masses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Iossif Vissarionovitch Djougachvili, dit Staline:</p>



<p class="wp-block-paragraph">«Les écrivains sont les ingénieurs de l’âme humaine.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">«La quantité a sa propre qualité.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">«Peut importe pour qui ils votent tant qu’ils votent pour nous.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">«La mort d’un homme – une tragédie, celle de millions – de la statistique.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et Winston Churchill:</p>



<p class="wp-block-paragraph">«Je préfère argumenter contre une centaine d’idiots, que d’en avoir un d’accord avec moi.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">«Il n’y a rien que le gouvernement peut donner qu’il n’aura d’abord enlevé.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">«La diplomatie est l’art de dire aux gens d’aller se faire voir de telle manière qu’ils demandent dans quelle direction.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">«Le penseur positif voit l’invisible, ressent l’intangible et accomplit l’impossible.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ces conditions, que demander aux citoyens Jean Exemple et Marie Modèle ? Surtout si – fait nouveau – ils auront dépassé l’âge de la retraite. Isolés physiquement, réduits aux moyens de communications, martelés par le flot ininterrompu de chiffres de plus en plus alarmants, mis au pas à force de statistiques sans fin et de graphiques implacables donc nécessairement vraies, montrés du doigt comme étant nécessairement des personnes vulnérables rien que par leur âge, défiés par un enchaînement logique de cause à effet chiffres-mesures, mais aussi confrontés à des cas réels – fatals ou non – dans leurs entourages, ils ne peuvent que se laisser devenir d’autres victimes de la psychose par l’information. Oubliées les grippes saisonnières récurrentes, plus ou moins mortelles, tout comme les autres fléaux – le SIDA, les grippes dites espagnole, asiatique, Hong Kong, aviaire, porcine, Ebola, la vache folle. Loin derrière les invariablement premières sources de mortalité dans le monde, dont le bilan létal ne serait-ce que des maladies cardiovasculaires, des accidents vasculaires, des bronchites chroniques et des infections respiratoires est dix fois plus élevé que celui – actuel – du Covid-19. La déferlante informationnelle sortie de la pensée unique brouille leur lucidité. Alors il n’ont que le choix d’implorer de leurs vœux le vaccin-miracle, en espérant qu’à leur âge il ne soient pas les cobayes d’un produit fabriqué en à peine quelques mois, tandis que l’on attend toujours, près de quarante ans plus tard, le remède pour le SIDA.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste l’attente, le <em>“wait and see”</em>. Attendre peut-être, mais que voir ? Voir augmenter l’hécatombe ? Voir disparaître les incohérences sans fin qui jalonnent les restrictions imposées ? Voir si finalement il y aura autodestruction ? Voir se décanter le quartette maladie-politique-affaires-médias ? Voir le passeport sanitaire ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Évidemment, il ne faut pas oublier que l’irruption du Covid a entraîné une foule de changements fort bénéfiques qu’il serait trop injuste de ne pas saluer comme il se doit: les avions ont brusquement cessé de s’écraser, les trains ont cessé de dérailler, les navires de sombrer, les avalanches de dévaler, les insurgés de s’insurger, les migrants de migrer et se noyer, les factions de s’entretuer, les feux d’incendier, les réfugiés de se réfugier, les psychopathes de massacrer, les eaux d’inonder et les pédophiles de sévir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En revanche, si une chose n’est pas certaine, elle est déjà bien prévisible. Lorsque les contraintes sanitaires auront éventuellement produit l’effet clamé, sortira à la lumière du jour ce que l’on pourrait appeler “The Dark Side of The Moon”, la face jusqu’alors voilée d’une réalité fourrée sous le tapis, aveuglée par l’éclat du Covid-19-20-21-22-23-24…: des sociétés à genoux, décimées, détruites et déroutées, à la recherche d’un nouveau repère. Sera alors venue l’heure du “Great Reset” ? Le 4B “Biden Build Back Better” ? “Le Brave New World” ? Attendons voir…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, attendons voir, et d’ici là, n’oublions tout de même pas les propos – déjà cités – de ces maîtres de l’acrobatie des masses mais, surtout, la vérité qui – au moins pour tout homme de foi – est un truisme: que la performance ultime du diable est de convaincre qu’il n’existe pas. Pour chaque militant du camp de loin le plus fourni dont il fut question, et qui rassemble tous les inconditionnels groupés dans différentes catégories ordonnées sur l’échelle de la candeur, ce serait une chance de regarder d’un angle différent le conspirationnisme et le complotisme de carnaval. Et par là, peut-être au moins éviter de mourir idiot. Après en avoir vécu.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">*</p>



<p class="wp-block-paragraph">«Le Covid ? Pire que le communisme !» me disait en mars 2020 une pessimiste. Attendons donc cent ans pour en juger.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[18 janvier 2021]</p>
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		<title>The Great Reset (1/2)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le CorbeauBlanc]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Oct 2021 06:27:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nous vivons des temps extraordinaires. En clair, cela veut dire des temps qui sont en dehors de l’ordinaire. Qui sait, peut-être uniques. Pas toute génération a une telle occasion. [...]</p>
<p>L’article <a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/the-great-reset-1-2/">The Great Reset (1/2)</a> est apparu en premier sur <a href="https://lecorbeaublanc.me">leCorbeau.Blanc</a>.</p>
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<div class="wp-block-advgb-columns advgb-columns-wrapper" id="advgb-cols-6b2bb9d3-92d7-4b7a-88ca-fe03627576ca"><div class="advgb-columns-container"><div class="advgb-columns advgb-columns-row advgb-is-mobile advgb-columns-2 layout-12-12 mbl-layout-stacked vgutter-10">
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<p class="citation wp-block-paragraph"><em>“ L’Éternel vit que la méchanceté des<br>hommes était grande sur la terre, et</em><br><em>que toutes les pensées de leur coeur se<br>portaient chaque jour uniquement<br>vers le mal.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">[…]</p>



<p class="citation wp-block-paragraph"><em>Et l’Éternel dit: J’exterminerai de la</em><br><em>face de la terre l’homme que j’ai créé,<br>depuis l’homme jusqu’au bétail, aux<br>reptiles, et aux oiseaux du ciel; car je<br>me repens de les avoir faits.”</em></p>



<p style="text-align:right;margin-right:50px;">(Genèse 6.5, 7)</p>
</div></div>
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<p class="citation wp-block-paragraph"><em>“Et l’Éternel dit: Voici, ils forment un<br>seul peuple et ont tous une même<br>langue, et c’est là ce qu’ils ont entrepris;<br>maintenant rien ne les empêcherait de<br>faire tout ce qu’ils auraient projeté.<br></em></p>



<p class="citation wp-block-paragraph"><em>Allons! descendons, et là confondons<br>leur langage, afin qu’ils n’entendent<br>plus la langue, les uns des autres.<br></em></p>



<p class="citation wp-block-paragraph"><em>Et l’Éternel les dispersa loin de là sur<br>la face de toute la terre; et ils cessèrent<br>de bâtir la ville.”</em></p>



<p style="text-align:right;margin-right:50px;">(Genèse 11.6-8, 7)</p>
</div></div>
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<p class="wp-block-paragraph">Nous vivons des temps extraordinaires. En clair, cela veut dire des temps qui sont en dehors de l’ordinaire. Qui sait, peut-être uniques. Pas toute génération a une telle occasion. Peut-être aucune jusqu’à présent. Et comme d’habitude, nous sommes plusieurs générations à vivre leur temps simultanément, car l’humanité se déroule par paquets de quatre à six générations. En ce moment nous sommes donc peut-être une demi douzaine de générations à expérimenter ensemble ces temps extraordinaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certes, tout au long de l’histoire et aux quatre coins du monde les hommes ont souvent connu de très longues périodes de détresse, déclin, destruction, terreur, des guerres semblant sans fin, des calamités dantesques, interminables. Beaucoup moins de paix, de fertilité et de bonheur. Les temps à l’intérieur desquels nous sommes maintenants engagés sont tout aussi effrayants, toutefois ils sont radicalement différents, et c’est justement pour cela qu’ils sont extraordinaires. Car cette fois le mal est planétaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les cloches résonnent partout, de partout, fort, à l’unisson, mais…</p>



<p class="wp-block-paragraph">…ça vise la Lune et ça s’intéresse aux planètes avant de connaître à fond La Grande Bleue, qui est la mère de tout ce qui vit et bouge. Ça assiste bras ballants à l’envolée spectaculaire de la seconde plus grande religion au monde tout en regardant ses deux milliards de fidèles comme des sans-culottes modernes. Ça enrage devant la propagation des nationalismes, feignant ne pas comprendre qu’il ne s’agit que d’une réaction viscérale d’humains au bord de la rupture à force d’internationalisme, d’uniformisation et de globalisation. Ça traite le soit-disant “tiers-monde” uniquement comme une terre-source de richesses qu’il convient d’exploiter, peuplée par des primates qu’il sied de changer tel des mouchoirs. Ça s’effraye devant une nation il y a peu médiévale qui tend visiblement vers l’hégémonie mondiale, mais ça reste incapable de former un pole uni de dialogue avec. Ça continue de tourner à fond aux combustibles fossiles et aux hydrocarbures tout en regardant les glaciers fondre, les eaux monter, les forêts bruler et les coteaux s’écrouler. Ça se complaît de croire à la pérennité des ressources de la bonne Terre et donc de les engloutir comme jamais auparavant pour assouvir la déesse Croissance. Ça surfe sur le déni universel d’égalité entre les hommes, à force de racismes, chauvinismes, sectarismes, radicalismes, élitismes. Ça persiste à consommer à tort et à travers, à gaspiller sans aucun souci d’économie, tout en prônant péniblement le recyclage et le développement durable. Ça multiplie les destructions ahurissantes des forêts, poumons de la Terre, pour la gloire de la restauration rapide et de l’ameublement standardisé. Ça souille comme jamais l’eau des océans, mers, fleuves, rivières, lacs et fontaines. Ça contemple le fossé croissant entre (pays) riches et (pays) pauvres, que l’on déclare aider par des financements en réalité oppressifs, l’œil toujours tourné vers les cotations du jour. Ça retient la femme – mère de tous les hommes – enfermée dans la clôture de la soumission, de l’infériorité et de l’iniquité. Ça traite la migration massive comme une agression dont il faut se défendre puisqu’elle met en péril des valeurs historiquement établies, alors qu’elle n’est que le prix de plusieurs siècles d’esclavage et de pillages. Ça fait d’internet l’outil absolu de contrôle au travers des systèmes de payement, des réseaux sociaux, des communications, des crypto-monnaies et des caméras de surveillance disséminées tous azimuts. Ça sort du chapeau le concept du terrorisme, le plante solidement à tous les coins des rues et le hisse au sommet des préoccupations permanentes de la société. Ça piétine méthodiquement le noyau social fondamental qu’est la famille, sur la base de la liberté sexuelle avancée comme premier, dernier et unique argument. Ça s’obstine à jeter la nourriture en excès et à arroser à l’eau potable, mais rechigne à trouver les moyens pour qu’aliments et eau puissent soulager les plus démunis – qui sait? peut-être justement des migrants en devenir. Ça accélère le développement de l’intelligence artificielle et ça rêve du progrès qu’elle apportera au genre humain, sans souci pour une alternative au désastre social que cela entraînera sans faute. Ça se satisfait de constater une démographie exponentielle et déséquilibrée, sans chercher en urgence des solutions de fond. Ça plie les genoux devant l’illusion de la technologie en tant qu’avenir de l’homme, qu’elle-même transforme en produit. Ça extermine des quantités d’espèces animales pour des frivolités, alors que l’équilibre naturel est depuis longtemps déjà en danger. Ça développe en continu l’arsenal le plus sophistiqué jamais connu pour, armés jusqu’aux dents, justement disposer des moyens nécessaires et adéquats au jeu des gendarmes mondiaux et à la défense permanente contre le terrorisme et les migrations, garantissant ainsi paix et stabilité dans le monde. Mais surtout, un quart de siècle après son invention et en dépit de tout bon sens et de véracité, ça fait du “politiquement correct” le phare dans le brouillard du fonctionnement des sociétés dites “avancées” (puisque les autres – “en développement” – n’en ont cure de cette ineptie), au point de le faire engendrer d’autre formules, les unes plus absurdes que les autres: socialement correct, pédagogiquement correct, étiquement correct, scientifiquement correct, écologiquement correct, culturellement correct et, récemment, sanitairement correct.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">*</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les cloches résonnent donc partout, de partout, très fort et à l’unisson, mais ceux qui devraient en premier prêter l’oreille s’adonnent fébrilement à diverses besognes et n’entendent pas le vacarme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Est venu à présent le tour du nouveau tsunami planétaire – intitulé Covid-19 – de nous frapper, et de plein fouet. Il explique le propos d’ouverture disant que nous vivons des temps extraordinaires, en ceci que pour la première fois dans l’histoire connue, un fléau global et substantiel apparait sans distinction dans un monde déjà miné par un aussi grand nombre de dysfonctionnements majeurs. Aurions-nous là les ingrédients nécessaires et suffisants pour une fin du monde cette fois authentique ? Retour donc aux Écritures ? Pas sûr, mais pas tout à fait exclu non plus, néanmoins selon une approche différente.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2021/10/The-Great-Reset-485x1024.jpg" alt class="wp-image-30668" width="809" height="1708" srcset="https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2021/10/The-Great-Reset-485x1024.jpg 485w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2021/10/The-Great-Reset-142x300.jpg 142w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2021/10/The-Great-Reset.jpg 624w" sizes="(max-width: 809px) 100vw, 809px"></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ce ne peut être Le Grand Architecte Universel qui a parsemé la Terre de toutes les infamies énumérées, et encore moins Lui qui y a lâché de Sa propre main des hordes googolesques de vilains nano agents pathogènes essaimant vite, infectant vite et tuant vite les plus faibles, parmi d’autres. Non, puisqu’on le sait: Lui a d’autres moyens, et d’autres plans, que nous n’avons pas à connaître.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant de poursuivre, un bref rappel et quelques chiffres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon certaines estimations, la peste noire, pire pandémie enregistrée et qui a suivi l’époque des croisades, a tué durant huit ans quelque 25% de la population mondiale de l’époque, 50% selon d’autres. Une fois éteinte, c’est la Renaissance qui a pris sa place. En dix-huit mois environ, le Covid-19 seul vient de réduire la population mondiale actuelle d’approximativement 0.025%, ce qui – proportionnellement – correspond à environ 0.13% sur une même période de huit ans, soit à peu près 200 à 400 fois moins que la redoutable peste noire. Viendra alors pourtant, comme il y a huit siècles en arrière, le moment pour “The Great Reset” ? La remise des compteurs à plat ou à zéro ? Une seconde Renaissance ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les vraies disparités sont pourtant ailleurs. Si la peste noire a donc clairement dévasté l’espèce humaine, la pandémie actuelle est extrêmement loin de produire de semblables ravages. Physiques. En ces temps-là, «les hommes croyaient en Dieu et aux forces du mal» <span id="easy-footnote-15-30639" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/the-great-reset-1-2/#easy-footnote-bottom-15-30639" title="”Les visiteurs”, Jean-Marie Poiré, Gaumont-France3-Canal+, 1993"><sup>15</sup></a></span>. Au XIV<sup>e</sup> siècle, personne n’avait idée des hommes de notre temps qui, chevauchant modifications génétiques, biotechnologies et cryogenèse, soit craignent irrationnellement et sans limites la maladie et la mort – physique, soit n’acceptent plus tellement la fatalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est là où tout change. D’un côté, les notions approximatives, les remèdes de fortune et la précarité universelle de jadis. D’un autre côté, les acquis, les moyens et le niveau de vie sans commune mesure d’aujourd’hui. Peut-être 200 à 400 fois supérieurs (sic!). Et comme on a vu que la “force de frappe” du Covid-19 est à ce point moindre par rapport à celle de la peste noire (peut-être 200 à 400 fois – sic!), pour trouver un impact comparable il faudrait sérieusement travailler sur le mental, dont l’infériorité comblerait le handicap. Mais pourquoi œuvrer pour un tel impact et qui s’adonnerait à ce travail ?!…</p>



<p class="wp-block-paragraph">S’attaquer à ce sujet présuppose céder à la tentation et ouvrir la boîte de Pandore, mordre le fruit défendu. C’est clairement délicat et risqué, mais pratiquement inévitable. Procéder donc avec un discernement infini.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mal actuel – qui appartient à la grande famille des grippes – a vite fait de diviser la Terre en deux camps principaux, distincts, irréconciliables et totalement inégaux. Le camp de loin le plus fourni rassemble tous les inconditionnels, regroupés dans différentes catégories ordonnées sur l’échelle de la candeur. À différents degrés, ils s’alignent automatiquement sur les versions officielles, au fur et à mesure de leur apparition. De l’autre côté, il y a la minorité de ceux que les inconditionnels traitent de tous les noms méprisables, mais surtout de “anti-quelque chose”, “complotistes” et “conspirationnistes”. À tout moment ils verraient des chimères partout, inventeraient des réalités parallèles et s’alimenteraient d’illusions dangereuses fabriquées dans leurs esprits troublés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne suis d’aucun de ces assemblages, mais peut-être d’un troisième groupe, médian, peut-être totalement marginal, peut-être insignifiant: celui des éveillés, des observateurs, des analyseurs et des attentistes. J’aime croire que – les yeux ouverts – j’observe, analyse et attends, en essayant de ne pas juger. Quoi ? […]</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">[18 janvier 2021]</p>
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		<title>Le mal conduire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le CorbeauBlanc]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Jul 2021 17:14:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Hélas, on conduit de moins en moins bien et de plus en plus mal. La voiture. C’est encore une fois le monde à l’envers: plus il y a de voitures sur les routes et moins bien on les conduit. [...]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Hélas, on conduit de moins en moins bien et de plus en plus mal. La voiture. C’est encore une fois le monde à l’envers: plus il y a de voitures sur les routes et moins bien on les conduit. À croire qu’à la fin du XIXe siècle, aux débuts de l’automobile, lorsque derrière le volant ne pouvait prendre place qu’une poignée de nantis meuglant de leurs poires en caoutchouc sur des chaussées sombres en terre battue ou au mieux pavées, encombrées de charriots et de calèches, et que pointer à 20 km/h était un exploit à faire mugir les cochers – à croire donc qu’en ces temps de légende forcément on conduisait bien, voire très bien, si ce n’est très attentivement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Peut-être. Pour ce qui est certain, nous circulons aujourd’hui sur des routes nickel, bariolées de traits continus ou en traitillé blancs, jaunes, oranges, verts, bleus, rouges; jalonnées à profusion par une foule de panneaux – carrés, triangles, croix, cercles, rectangles et losanges multicolores; éclairées à foison par des lumières continues ou clignotantes vertes, jaunes, rouges, mauves, blanches, orange. Dans cet univers, si par hasard on se retrouve pendant un temps suffisamment long derrière une voiture qui circule correctement, nous saluons cela comme un événement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Un événement est opposé à la routine, alors pour la routine voici quelques exemples:</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Ça signale à gauche et ça bifurque à droite. Et vice versa. On est impuissants et le juron sort.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Ça ne signale rien et ça bifurque à gauche. Ou à droite. Le juron sort.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Ça signale longtemps à l’avance à gauche (ou à droite) sur une voie unique qui de toute façon tournera à gauche (ou droite). Impuissants, les yeux en prennent plein la poire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Ça ne signale rien et ça change de voie sur route et autoroute. Le juron sort.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Ça signale à droite (ou à gauche) en continu lors d’un arrêt prolongé à une barrière, un feu, un embouteillage, etc. Les yeux en prennent plein la poire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Ça sort brusquement et sans avertissement d’une rue secondaire, d’une propriété, d’un parking ou d’un garage et ça file sans regarder derrière. On freine en catastrophe et le juron sort.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Ça se traîne en ville à 18 ou 34 km/h dans des zone limitée à 30, respectivement 50 km/h. On enrage et on a envie de dépasser par la voie en sens inverse, ce qui peut être fatal.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Ça se traîne à 80 km/h sur la voie de dépassement de l’autoroute. On enrage et on a envie de dépasser par la droite, ce qui peut être fatal.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Ça freine devant un feu qui est au jaune; au dernier instant ça accélère et ça passe de justesse au moment même où le rouge s’allume. On freine en catastrophe, on enrage et le juron sort.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Ça sort d’un rond-point sans aucune signalisation. Le juron sort.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Ça circule calmement sur la voie du milieu de l’autoroute alors que celle de droite est libre sur des kilomètres. On enrage et le juron sort.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Ça croise une connaissance, ça descend de la voiture et ça engage une (longue) conversation tout en laissant à côté tourner le moteur de la voiture. On enrage et le juron sort.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Ça dépasse (brusquement) par la gauche ou par la droite sur l’autoroute sans signaler. Le juron sort.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Ça roule les feux éteins, sur route ou autoroute. Ça peut être fatal et au mieux le juron sort.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Ça coupe brusquement la route sans même le moindre signe. On freine, ça peut être fatal et au mieux le juron sort.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Enfin, ça conduit comme un dératé – sur la voie de dépassement, à une fois et demi la vitesse légale et à un mètre derrière, grands feux en flash – un vieux “bolide” de deuxième ou troisième main. On a envie de freiner, rien que pour punir l’animal, mais heureusement l’épouse est à côté, alors on se rabat nerveusement et à grand regret sur la voie de droite et le juron sort. Parfois, le cinglé poursuit sa course folle sur la même voie de dépassement et on voit devant les autres voitures devant s’écarter devant lui. Et, certainement, des jurons sortent. Parfois en revanche, l’animal plafonne (toujours sur la même voix de dépassement) à une vitesse – certes – assez élevée, mais moindre que tout à l’heure, de sorte qu’on arrive à son hauteur sur la voie de droite sans forcer. Figé dans son accélérateur de particules, il ne regarde ni gauche ni droite et fonce à nouveau sur la prochaine voiture qui par malchance se trouve devant lui.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Avec le temps et le cumul des exemples, on arrive à se demander si d’aventure rien ne serait aléatoire, que finalement certains éléments communs définiraient tous ces gens, de sorte qu’il serait possible de dresser une espèce de portrait-robot les caractérisant, composé d’éléments comme l’âge et le sexe de la personne, la race, la nationalité, le type, l’âge et la valeur de la voiture. Pourtant tel n’est pas le but de ces réflexions, raison pour laquelle nous nous en tiendrons là.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><br>*</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Serait-ce donc la faute des écoles de conduite ? Discutable, voire peu vraisemblable. Que dire alors quand la tête du plouc au volant et le numéro inscrit sur ses plaques minéralogiques indiquent sans doute possible qu’il a dépassé depuis belle lurette l’âge des balbutiements routiers ?<br>Mystérieuse énigme…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>[15 janvier 2021]</p>
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		<title>Le tiercé perdant</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le CorbeauBlanc]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Jun 2021 09:30:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis la nuit des temps - et notamment, pour ce qui est de l’écriture, depuis Gutenberg, dans le monde artistique, celui de la création de l’esprit qui nous intéresse ici, mais pas seulement, les choses se passent ainsi : il y a comme une sorte de tiercé. Perdant. [...]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Conférence inaugurale explicative devant les Collèges de la Fédération des Syndicats Réunis, de l’Alliance Artistique Sociale, de la Ligue Patronale Nationale et de la Confédération Libre des Usagers</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><br><strong>Thème de l’exposé : ‘Les deux sens de la rentabilité’</strong><span id="easy-footnote-16-30450" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/le-tierce-perdant/#easy-footnote-bottom-16-30450" title="Caractéristique d’un investissement de dégager un résultat ou un gain exprimé en monnaie. (d’après le Dictionnaire Larousse de français)"><sup>16</sup></a></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Depuis la nuit des temps – et notamment, pour ce qui est de l’écriture, depuis Gutenberg<span id="easy-footnote-17-30450" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/le-tierce-perdant/#easy-footnote-bottom-17-30450" title="Johannes Gensfleisch zur Laden zum Gutenberg, dit Gutenberg (1400-1466) : imprimeur allemand qui inventa les caractères métalliques mobiles."><sup>17</sup></a></span>, dans le monde artistique, celui de la création de l’esprit qui nous intéresse ici, mais pas seulement, les choses se passent ainsi : il y a comme une sorte de tiercé. Perdant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Il y a donc d’abord le premier élément du tiercé, indispensable et déterminant : le créateur,<span id="easy-footnote-18-30450" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/le-tierce-perdant/#easy-footnote-bottom-18-30450" title="Par simplicité et aucunement par préférence, est utilisé ici le genre masculin."><sup>18</sup></a></span> ou l’artiste. Lui, il créé le produit artistique, l’œuvre, disons. Un jour, il le sort de sa tête, comme ça. Parce qu’il en a tout simplement envie, ou parce qu’on le lui demande, ou parce qu’il a des achats à faire, ou qu’il a d’autres besoins, ou parce qu’il veut – ou se doit de – faire un geste social, ou politique, ou culturel, ou sportif, ou parce qu’il n’arrive pas à s’empêcher de faire autrement. Ce peut être un poème, une peinture, une chanson, un film, une sculpture, peu importe. Il fait cela absolument seul, dans sa cabane, en tandem, ou en très petit comité.<span id="easy-footnote-19-30450" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/le-tierce-perdant/#easy-footnote-bottom-19-30450" title="À ne pas confondre le(s) créateur(s) à proprement parler avec, dans certains cas (théâtre, musique, cinéma, ballet), les innombrables personnes qui contribuent à mettre en pratique l’œuvre respective, chacun en fonction de ses aptitudes."><sup>19</sup></a></span> Avec ça, une fois qu’il aura achevé son produit artistique, son rôle s’achève aussi. Sauf s’il se trouve dans la situation très particulière où, par son travail, il aura répondu à une commande bien précise de la part d’un tiers, eh bien l’œuvre qu’il vient de créer, il peut l’oublier dans un tiroir ou dans son grenier, et passer éventuellement à la suivante.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Erreur ! Parce que sur ce, vient le deuxième élément du tiercé : l’entremetteur, qu’on dit aussi l’intermédiaire. Suivant le type de création qui est en jeu, l’entremetteur peut être ce que l’on appelle un producteur, un éditeur, un agent, bref un commerçant, un acheteur qui par la suite deviendra vendeur. Car à moins qu’il ne veuille pas ranger son travail – comme on l’a vu, ou, même si cela ne le dérangerait pas, mais qu’il ne peut se le permettre, enfin, peu importe les motifs, à ce stade le créateur se doit d’attribuer à son œuvre un nouveau statut. De pure création propre à son esprit, il doit ainsi l’oblitérer du qualificatif d’article, en d’autres termes de marchandise. Partant de là, il est évident que la valeur transactionnelle du produit artistique ne peut être fixée autrement que par lui-même, par son créateur donc, ou par l’acheteur, ou au moyen d’une négociation plus ou moins ardue entre les deux parties. Toujours est-il qu’au bout de cette étape, la propriété du produit passe – intégralement ou partiellement, suivant les cas – des mains de son créateur, dans celles de cet acheteur-là. Vous remarquerez que si dite transaction a lieu après la conclusion du travail de création, pendant, ou même avant de le commencer, le principe reste inchangé : tout cela n’est qu’un simple détail d’organisation entre les parties.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Cette marchandise ayant ainsi changé de propriétaire, son sens change en conséquence, cela par l’apparition (dans ce processus) du troisième élément du tiercé : le client final, couramment appelé aussi le consommateur, plus rarement l’utilisateur ou l’usager. Quantitativement parlant, l’on observe en passant que d’habitude l’intermédiaire évoqué est une entité solitaire (comme d’ailleurs nous l’avons aussi vu pour le créateur lui-même), voire représentant un groupe d’action limité, alors que, tout à l’opposé, dans l’écrasante majorité des cas, ce client final-ci est non seulement multiple, mais il peut arriver qu’il constitue nécessairement la majeure partie de l’humanité. Nécessairement et aussi humainement, parce que de par la nature même de toute transaction opérée par l’homme, l’intermédiaire qui aura acquis un bien, a tout avantage de mettre à profit au maximum son acquisition, en distribuant le produit – c’est-à-dire en le vendant – sur la plus large échelle possible. Et l’on sait que souvent le but de tout commerçant intermédiaire et de faire en sorte pour transformer la majeure partie de l’humanité en cliente finale. Que l’objet de la transaction soit dans ce cas une production de l’esprit n’est ainsi plus relevant, à partir du moment où elle aura acquis ce statut de marchandise.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Bien. Mais alors pourquoi en fin de compte ce tiercé serait-il perdant ? Et, par ailleurs, en quoi ce genre de production serait-il différent – disons – d’une plaque de chocolat ou d’une paire de chaussures ? Patience. Il est tout à fait vrai qu’une œuvre artistique est destinée à (ou devrait) donner satisfaction qualitativement, comme la plaque de chocolat et la paire de chaussures. D’abord à son propre créateur, ensuite, en passant par l’intermédiaire, à l’utilisateur final, puisqu’il est également muni de raison et d’esprit. Voyons cela de plus près.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Vendues au client final, la plaque de chocolat et la paire de chaussures incluent dans leurs prix d’abord leurs composantes matérielles, ensuite l’effort humain (et dans certains cas mécanique), les deux indispensables à sa réalisation, auxquels s’ajoute un certain surplus permettant à la chaîne de production de couvrir ses coûts, comme d’évoluer. Aussi, le calcul du prix final est-il relativement simple et logique, et accessoirement l’on peut conclure sur la valeur ajoutée<span id="easy-footnote-20-30450" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/le-tierce-perdant/#easy-footnote-bottom-20-30450" title="Différence entre la valeur des produits consommés par une entreprise au cours de son processus de production dans une période donnée et la valeur finale de sa production pour cette période. (Dictionnaire Larousse de français)"><sup>20</sup></a></span> dégagée au cours de ce processus. Les composantes matérielles d’une création de l’esprit n’ont en revanche pas de valeur:<span id="easy-footnote-21-30450" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/le-tierce-perdant/#easy-footnote-bottom-21-30450" title="Des critères d’appréciation réservés au travail artistique (par exemple la pure notoriété du créateur ou certaines particularités de l’œuvre) ne sont expressément considérés dans cette section du texte, qui a un but uniquement comparatif. Par ailleurs, ces critères obéissent le plus souvent à des intérêts d’investissement spéculatif."><sup>21</sup></a></span> on ne considère pas une sculpture d’après son poids, ou un roman d’après son épaisseur. Elle est créée ex nihilo, à partir de rien, si ce n’est au moyen des facultés mentales, de l’acquis intellectuel et de la sensibilité du créateur.<span id="easy-footnote-22-30450" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/le-tierce-perdant/#easy-footnote-bottom-22-30450" title="Par rapport à la définition ci-dessus, en omettant volontairement le temps qu’un auteur veut bien consacrer à la réalisation de son œuvre, on observe que la valeur ajoutée d’une création artistique frise l’infini."><sup>22</sup></a></span> Dans le monde que nous vivons, ceci est justement impossible pour le fabriquant de la plaque de chocolat ou de la paire de chaussures. Alors comment procède-t-on lorsqu’on se trouve devant un produit artistique fait à partir de rien, donc même pas de zéro ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Pour simplifier, ce qui se pratique pour les besoins des transactions avec des produits de l’esprit, c’est de chiffrer – ou d’imaginer – la résonance que l’œuvre en question a, ou aurait, chez l’usager. Ceci vaut autant pour la première étape, où l’œuvre devient marchandise, que pour la seconde, lors de sa distribution dans le public. Sans égard aux natures radicalement différentes de ces deux univers, esprit et matière, nous voyons que les méthodes d’évaluation d’une création sensible et d’un produit physique se rejoignent ici en un point unique appelé rentabilité. Ce phénomène est possible uniquement parce que le créateur de l’œuvre artistique aura préalablement alloué à sa création un statut commercial négociable, une réalité marchande.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Cependant, encore une fois : de par leur nature même, ces deux plans ne peuvent coïncider en aucun de leurs points. Nous traitons ici – d’une part – du domaine matériel, brut, et – d’autre part – de celui sensible de l’esprit. Dans ce cas, comme nous l’avons vu, il s’agit plus particulièrement de son volet purement émotionnel, seul paramètre possible et couramment utilisé pour chiffrer ou estimer la valeur d’une telle création. Alors rapprochons-nous encore une fois et observons quelques créations significatives: ‹Des souris et des hommes›,<span id="easy-footnote-23-30450" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/le-tierce-perdant/#easy-footnote-bottom-23-30450" title="Roman de l’écrivain américain John Steinbeck, 1937."><sup>23</sup></a></span> ‹Le cri›,<span id="easy-footnote-24-30450" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/le-tierce-perdant/#easy-footnote-bottom-24-30450" title="Tableau du peintre norvégien Edvard Munch, 1893."><sup>24</sup></a></span> ‹Still loving you›,<span id="easy-footnote-25-30450" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/le-tierce-perdant/#easy-footnote-bottom-25-30450" title="Chanson du groupe de hard rock allemand ‹Scorpions›, 1984."><sup>25</sup></a></span> ‹Forrest Gump›,<span id="easy-footnote-26-30450" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/le-tierce-perdant/#easy-footnote-bottom-26-30450" title="Film du metteur en scène américain Robert Zemeckis, 1986."><sup>26</sup></a></span> ‹La Grande Arche de la Défense›,<span id="easy-footnote-27-30450" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/le-tierce-perdant/#easy-footnote-bottom-27-30450" title="Bâtiment de l’architecte danois Johan Otto von Spreckelsen, 1989."><sup>27</sup></a></span> ‹Les bas-fonds›,<span id="easy-footnote-28-30450" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/le-tierce-perdant/#easy-footnote-bottom-28-30450" title="Pièce de théâtre de l’écrivain russe Maxime Gorki, 1901."><sup>28</sup></a></span> ‹L’oiseau dans l’espace›<span id="easy-footnote-29-30450" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/le-tierce-perdant/#easy-footnote-bottom-29-30450" title="Bronze du sculpteur roumain Constantin Brâncuși, 1926. (voir aussi la note en fin de texte)"><sup>29</sup></a></span>. Les explications sont superflues : chacune de ces œuvres est à juste titre suffisamment fameuse de par sa force d’évocation et sa clarté suggestive. Entre autres. Chaque auteur l’imprègne de sa vision et de son esprit, et l’accompagne d’un certain message. Vision, esprit et message prennent ensuite le chemin immatériel du client final.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Une fois atteint l’univers sensible de ce dernier, les trois vecteurs évoqués – la vision, l’esprit et le message – sont censés engendrer un ensemble de réponses intérieures qui leur sont identiques, ou au moins apparentées. Au travers et au gré de ses ressources émotionnelles, de sa capacité à vibrer, le consommateur réagit plus ou moins à ces stimuli. Nous touchons ici au cœur même de l’exposé. Car en fin de compte et fondamentalement parlant, les réactions de l’usager ne sont en rien structurellement différentes de celles qui sont suscitées par une foule de manifestations naturelles et humaines qui ont lieu directement, sans intermédiaire donc. Rappelons-nous au hasard, sans prétendre à aucun classement sur l’échelle de l’émotion : la tendresse, une tornade, une injustice, un ciel étoilé, une menace, une coccinelle escaladant une goutte de rosée sur la feuille d’un nénuphar, un deuil, l’envie, une clairière fleurie, une récompense, un baobab solitaire au milieu d’une prairie, une déception, un lever de soleil, une crainte, une mer plate, la pitié, un arc-en-ciel, la jalousie, un tremblement de terre, l’indifférence, la colère, etc…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Dans les rapports réciproques entre les hommes, comme dans ceux entre les hommes et la nature, ces manifestations émanent du – et touchent le – côté émotionnel, celui-là même qui nous fait vibrer au contact avec une œuvre d’art, une création artistique. Pensons-y bien. Rien ne différencie – attention ! fondamentalement et structurellement – ces deux situations. Si l’on est ému jusqu’aux larmes en lisant l’histoire de ‹La petite fille aux allumettes›,<span id="easy-footnote-30-30450" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/le-tierce-perdant/#easy-footnote-bottom-30-30450" title="Conte de 1845 par l’écrivain danois Hans-Christian Andersen, racontant l’histoire d’une fillette qui vend des allumettes aux passants. Elle cherche à se réchauffer en les brûlant, mais meurt de froid dans la nuit du Jour de l’An après avoir eu des visions ineffables, dont celle du seul être humain qui l’ait jamais aimée, sa grand-mère morte récemment. (https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Petite_Fille_aux_allumettes)"><sup>30</sup></a></span> on le serait tout autant, sinon davantage, en découvrant ce 29 janvier 2015 dans un quartier de Toronto (Canada), le corps recroquevillé et sans vie du petit Elijah Marsh, 3 ans, sorti faire tout seul le tour de son pâté de maisons par un froid de canard, muni rien que d’une couche, d’un T-shirt et de ses chaussures.<span id="easy-footnote-31-30450" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/le-tierce-perdant/#easy-footnote-bottom-31-30450" title="Paris Match› du 21 février 2015."><sup>31</sup></a></span> Si l’on trouve l’art du peintre hollandais Vincent Van Gogh exaltant, contempler un champ de blé au mois de juillet sous le vent et le soleil, et admirer son tableau ‹Champ de blé aux corbeaux›,<span id="easy-footnote-32-30450" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/le-tierce-perdant/#easy-footnote-bottom-32-30450" title="1890, Musée Van Gogh, Amsterdam."><sup>32</sup></a></span> produirait le même genre émotion. Celui qui serait glacé d’horreur par la métamorphose satanique de Regan MacNeil,<span id="easy-footnote-33-30450" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/le-tierce-perdant/#easy-footnote-bottom-33-30450" title="Dans le film américain ‹The Exorcist› (1973) de William Friedkin."><sup>33</sup></a></span> on pourrait se dire qu’il en serait de même s’il se réveillait au milieu d’un glissement de terrain emportant sa maison. Enfin, quelqu’un serait frappé tout autant par le déferlement de fureur d’un prochain que par le formidable assaut du ‹Dies irӕ›.<span id="easy-footnote-34-30450" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/le-tierce-perdant/#easy-footnote-bottom-34-30450" title="Premier mouvement de la troisième partie (Sequentia) du ‹Requiem en ré mineur› KV 626 (1791) du compositeur autrichien Wolfgang Amadeus Mozart."><sup>34</sup></a></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>En conclusion, ces deux types distincts de relations, qui déclenchent des phénomènes émotionnels identiques, sont différentes en un seul point, artificiel et technique: l’une est parfaitement directe, d’homme à homme et de la nature à l’homme; l’autre a nécessairement lieu par l’intermédiaire d’un objet fait par un tiers – son créateur, qui, dans ce but, l’aura préalablement transformé en produit, en autorisant du coup son entrée dans le circuit de l’échange. Comme nous l’avons vu, cette mutation est implicitement liée à l’existence d’un entremetteur. Et cette unique différence entraîne aussi une autre : le coût, ou le prix, puisque ipso facto le produit en question est assorti d’une certaine valeur marchande. Résultat contradictoire : alors que ce rapport sensible d’homme à homme et de la nature à l’homme a lieu librement, sans contrepartie pécuniaire donc, le même rapport sensible entre l’homme et cette fois la création artistique est soumis au monnayage.<span id="easy-footnote-35-30450" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/le-tierce-perdant/#easy-footnote-bottom-35-30450" title=" Notons au passage qu’un objet pratique manufacturé n&amp;rsquo;est pas en mesure de susciter ce genre d&amp;rsquo;émotions. Le sujet, controversé (par exemple en raison de l’engouement déferlant enregistré pratiquement à chaque lancement d’une nouvelle version d’iPhone), ferait l’objet d’une réflexion qui se situe en dehors du cadre de ce texte."><sup>35</sup></a></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Nous sommes arrivés à présent au stade où nous pouvons identifier le tiercé perdant. En fait, deux tiers – et non pas trois – composent ce tiercé, chacun d’eux étant perdant pour des raisons qui lui sont propres. Conceptuellement parlant, perdant est l’homme de l’art, qui au cours du processus de création doit tenir compte de – et passer par – un commerçant entremetteur pour faire connaître son œuvre aux plus nombreux. Financièrement parlant, perdant est le client final, le consommateur, en un mot : le public, qui doit payer<span id="easy-footnote-36-30450" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/le-tierce-perdant/#easy-footnote-bottom-36-30450" title="Monnaie à part, cela peut partir à 10 pour un billet d’exposition, monter à 20 pour un livre, 200 pour le billet à un concert, et finir à 200’000’000 pour un tableau. "><sup>36</sup></a></span> pour pouvoir recevoir en échange et vivre une émotion au contact de cette œuvre, contact qui est soit occasionnel et unique, soit répétitif, soit plus ou moins définitif par l’acquisition de l’œuvre.<br>Cette procédure s’est profilée à l’aube de la Renaissance, soit quelques huit siècles en arrière, lorsque l’art profane a commencé à se détacher de l’art sacré. Évidemment, c’est difficile d’accepter aujourd’hui qu’en réalité elle constitue une altération durablement incrustée dans la société. D’autant plus qu’elle met en évidence aussi un tiercé gagnant. Financièrement parlant, gagnant peut être d’une part et dans certains cas l’homme de l’art<span id="easy-footnote-37-30450" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/le-tierce-perdant/#easy-footnote-bottom-37-30450" title="Ou tout autre individu qui contribue à l’accomplissement de l’œuvre. (revoir la note 4)"><sup>37</sup></a></span> même, qui vit confortablement par la vente de son œuvre,<span id="easy-footnote-38-30450" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/le-tierce-perdant/#easy-footnote-bottom-38-30450" title="Chaque domaine de l’art contemporain compte des pointes en ce sens : la romancière britannique Joanne K. Rowling, le rappeur américain Curtis James Jackson III (dit ‹50 cent›), le peintre allemand Gerhard Richter, entre autres."><sup>38</sup></a></span> et d’autre part l’entremetteur, qui vit confortablement par le commerce qu’il en fait. Intellectuellement ou culturellement parlant, gagnant peut être le client final, le consommateur, en un mot le public, qui accède ainsi à la connaissance de l’œuvre, chose inexistante huit siècles en arrière. Pour le surplus, lorsqu’on prend en compte le poids économique atteint – ne serait-ce-qu’en termes financiers et sociaux – par les industries du spectacle, des ars graphiques et de la musique, qui n’existent qu’au travers de cette procédure, la remettre en question s’avère encore moins évident et encore plus difficile.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Il n’empêche que, fondamentalement parlant, le degré de liberté créatrice, la sincérité (ou la pureté) de l’acte artistique dans le domaine profane sont influençables, donc influencées, soumises au prix et monnayées, alors que par définition la sincérité (ou la pureté) de l’acte créateur dans l’art sacré est en dehors du domaine de l’influençable,<span id="easy-footnote-39-30450" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/le-tierce-perdant/#easy-footnote-bottom-39-30450" title="Il est volontairement fait abstraction ici du volet lié à la source inspiration, ou à l’origine (voire à la motivation) de l’acte créateur, comme d’ailleurs, par conséquent, au rôle, ou à la qualité de celui qui l’accomplit. Dans l’art profane, celui-ci est nommé auteur, tandis que dans l’art sacré la personne en question se considère le plus souvent un simple exécutant chargé de transmettre un message, ou de remplir une mission de nature supérieure. Observons aussi que dans ce cas, la notion même de liberté créatrice est pratiquement caduque, car le phénomène qui génère l’acte créateur est d’une nature complètement différente."><sup>39</sup></a></span> est non monnayable, et reste ainsi hors prix. Il s’agit d’une différence primordiale, de substance. Le créateur artistique profane qui ne suit pas cette procédure altérée, s’affranchit tacitement des influences inéluctables qui affectent l’authenticité de son œuvre et peut ainsi la préserver du tiers toujours gagnant qu’est l’entremetteur, tout en acceptant de restreindre de manière drastique la connaissance de son art par le public. Là est l’autre sens de la rentabilité, créatrice.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><br>*</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Passé, le temps de la révolution industrielle, celui du colonialisme et même celui de la globalisation. L’essor de l’écologie, la prise de conscience grandissante de l’homme concernant sa place sur cette Terre et dans l’Univers, la poussée du développement durable, la requalification des rapports inter-humains, sont autant d’éléments importants et récents, et autant de signaux encourageants sur le fait que rien dans la sphère humaine n’est irréversible. Il est en revanche probablement très peu vraisemblable qu’un phénomène créateur généralisé tel qu’exposé ici – de retour à la source, de remise en ordre, de revue des valeurs – puisse aussi voir le jour à grande échelle. Et pourtant, rien n’empêche d’adapter l’enseignement de Térence:<span id="easy-footnote-40-30450" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/le-tierce-perdant/#easy-footnote-bottom-40-30450" title="Publius Terentius Afer, dramaturge latin (190-159 av. J.C.) Le vers référé est ‘Homo sum, humani nihil a me alienum puto’ (en ‘Heautontimoroumenos’),‘Je suis un homme ; je considère que rien de ce qui est humain ne m’est étranger’."><sup>40</sup></a></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>‘Nihil quod est homo est impossibile.’<span id="easy-footnote-41-30450" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/le-tierce-perdant/#easy-footnote-bottom-41-30450" title="Rien de ce qui est humain n&amp;rsquo;est impossible."><sup>41</sup></a></span></p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><br>*</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>(Relatif à la note 14.) Le célèbre cas de cette œuvre est particulièrement intéressant sous l’angle traité ici. En octobre 1926, ‹Oiseau dans l’espace› et 19 autres sculptures de Constantin Brâncuși arrivent à New York à bord du navire Paris2. En théorie, les œuvres d’art ne sont pas sujets aux droits de douane, mais les douaniers refusent de croire que l’objet de bronze effilé en est une. Ils lui imposent donc le tarif douanier pour les objets en métal manufacturés&nbsp;: 40&nbsp;% du prix de vente, soit environ 230 $ (un peu plus de 3000 en dollars d’aujourd’hui). L’artiste Marcel Duchamp, qui accompagne les sculptures depuis l’Europe, le photographe américain Edward Steichen, qui doit prendre possession de la sculpture après son exposition, et Brâncuşi lui-même protestent&nbsp;: les sculptures doivent apparaître à la Brummer Gallery de New York et ensuite à l’Arts Club de Chicago. Sous la pression de la presse et des artistes, les douanes américaines acceptent de revoir leur classement, mais en attendant libèrent les œuvres sous la mention «&nbsp;ustensiles de cuisine et matériels hospitaliers&nbsp;». Cependant, l’expert douanier F. J. H. Kracke, après consultation d’artistes américains sceptiques, finit par confirmer le classement initial et déclare que les œuvres sont sujet aux droits de douane. Le mois suivant, Steichen fait appel de la décision. Sous le régime de la loi douanière de 1922, pour que ‹Oiseau dans l’espace› puisse passer la douane sans droits, il doit s’agit d’une œuvre originale, dépourvue d’un but pratique et réalisée par un sculpteur professionnel. Personne ne conteste que l’objet n’a aucun but pratique, mais la qualification d’art de la sculpture est fortement contestée. Le cas de 1916 ‹United States vs Olivotti› avait établi que les sculptures ne sont de l’art que s’il s’agit de représentations gravées ou ciselées d’objets naturels «&nbsp;dans leurs vraies proportions&nbsp;». Une succession d’artistes et d’experts d’art témoignent dans le sens de la défense, tandis que les plaignants se concentrent sur la définition de l’art et de qui décide de ce qu’est l’art. La déclaration sous serment de Brâncuşi au consulat américain explique le processus de création de l’objet, établissant son originalité. Malgré les opinions contradictoires présentées à la cour, les juges Young et Waite se déclarent en novembre 1928 en faveur de l’artiste. Selon leur conclusion: ‘&nbsp;L’objet considéré (…) est symétrique et beau dans sa forme, et bien que l’on puisse avoir quelque difficulté à l’associer à un oiseau, il est néanmoins plaisant et très ornemental et, comme nous tenons la preuve que c’est la production originale d’un sculpteur professionnel et que c’est en fait une sculpture et une œuvre d’art selon les autorités auxquelles nous avons référé ci-avant, nous soutenons la réclamation et trouvons qu’il a le droit d’entrer sans payer de droits.&nbsp;‘ Il s’est agi de la première décision de justice américaine qui ait accepté la sculpture non représentative comme art. (https://fr.wikipedia.org/wiki/Oiseau_dans_l%27espace)</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>[11 décembre 2015]</p>
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		<title>La communication ? Mais pourquoi faire ?!</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le CorbeauBlanc]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 May 2021 17:11:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un jour, au XXème siècle, près de trente ans de çà, soit à l’âge paléo du postmoderne, un fabricant d’appareils téléphoniques inventa un slogan vite devenu célèbre. [...]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Un jour, au XXème siècle, près de trente ans de çà, soit à l’âge paléo du postmoderne, un fabricant d’appareils téléphoniques inventa un slogan vite devenu célèbre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>A cette époque, lorsqu’il s’agissait de téléphonie ambulatoire, les gens traînaient encore avec eux des espèces de machines en fer ayant la taille d’une boîte de cigares et le poids d’un six-pack de bières. Appeler en plein air était un luxe, car les tarifs étaient prohibitifs, tout comme ces machines. Fait nouveau, elles étaient tout au moins pourvues d’un écran noir-blanc, vert-blanc ou jaune-vert de la taille d’un petit timbre-poste. N’empêche, c’était le Pérou puisque l’on pouvait envoyer des messages écrits à 160 caractères maximum, de préférence sur le territoire national.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Pendant ce temps-là, les gens plus fortunés s’offraient déjà des appareils vraiment portables, encore qu’ils gardaient la taille et le poids d’une bouteille de Bordeaux, alors que les plus frimeurs se payaient le luxe insensé de s’afficher avec des merveilles bien plus étonnantes: les <em>handy</em>. Ces gadgets pas plus grands qu’un paquet de clopes et que les braves possesseurs pouvaient en première les sortir de leur poches, affichaient aussi leur prix: un bon salaire de cadre. Pourtant la taille des écrans, toujours monocolores, n’avait que peu évolué tandis que les tarifs n’avaient que peu diminué.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>C’est ce moment précis que le fabricant-vedette choisit pour lancer sa formule commerciale. Ecrits en dessous de son nom, <em>Connecting People</em>® (ce qui veut dire connectant ou mettant en contact des gens), ces deux mots allaient devenir emblématiques pour la marque. Deux mots. Simple. Facile. Basique. Presque banal, puisque mettre en contact deux personnes à distance, cela se pratiquait déjà depuis passé un siècle. Si, mais pas au marché, en voiture ou à la pèche. Bref: carrément magistral. Tellement, que le fabricant en tira parti pendant presque deux décennies.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Entre temps la firme devint <em>leader</em> mondial, pour y rester une bonne quinzaine. Grâce à cette trouvaille publicitaire ? Quelle importance ?! En réalité, durant un certain temps, peu de choses essentielles évoluèrent dans ce domaine: on agrandit et colora les écrans, allégea les gadgets et baissa les tarifs. C’étaient les années où d’entente avec les amis, les gens faisaient sonner le handy en pleine séance juste pour épater la galerie. Appeler hors de la maison, du bureau ou du chalet restait néanmoins assez rare.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>L’heure de gloire des messages avait sonné. C’est vrai qu’ajouté à la pression concurrentielle, l’effet de masse faisait que les jougs tarifaires nationaux se mettaient à céder, et même que ces chats de l’époque étaient limités à ces textes sommaires, les factures refusaient de baisser. Se forma ainsi le réflexe de communiquer autrement. La messagerie instantanée se substitua graduellement à la téléphonie classique et surtout à celle mobile, alors qu’une énorme vague toute fraîche, faite de réseaux sociaux, plateformes d’échange et autres micro-blogues était en train de se dresser.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Comme toute pub géniale, ces deux vieux mots-là eurent la peau dure et au tournant du millénaire la firme franchit le seuil décisif, faisant le pas suivant, <em>The Next Step</em>. Arriva le <em>smartphone</em> qui “réinventa le téléphone”. Désormais aucun souci que d’autres malins se fouraient dans cette nouvelle caverne d’Ali-Baba, en devançant même ce vieux <em>leader</em> qui n’était plus <em>cool</em>. D’ailleurs son slogan avait tristement réussi à se faire moquer par va savoir quel gai luron créatif qui en avait détourné le sens: <em>Connecting People</em>® s’était mué en <em>Correcting People</em>. Et il en demeura ainsi.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Au fait, ce n’était plus important car trop tard. Désormais tout allait changer. L’objet ne comptait plus. Derrière le portail de la grotte, le <em>smartphone</em> attendait au fond d’une boîte de Pandore inédite. Pas enfouie, pas cachée, mais non ! bien en vue elle, et d’un volume appréciable, un vrai coffre en bois massif, brillant et dodu comme dans les histoires de pirates. Dieu que cet appât était alléchant !… Recherche et développement se donnèrent la main fermement. A présent il ne restait plus que l’embarras du choix pour se ruer le plus vite à la chasse de ce nouveau trésor.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>A présent nous voilà dix petite années en arrière. Les barrières politiques tombent, les taxes chutent, les vitesses de transmission et débits décollent. Les appareils, mille fois plus performants et tentants que ceux de l’âge paléo du postmoderne sont offerts. L’<em>e-mail</em> itinérant est une routine. Sur terre, des <em>tsunamis</em> de messages déferlent chaque jour. Les réseaux sociaux explosent, et avec eux, les volumes de données. Textes, sons, images et vidéos se courent après et dans tous les sens le long des câbles, mais surtout dans les airs. La communication continue, 24/24, touche au zénith.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Non. Erreur. Grave. La boîte de Pandore est intemporelle. Elle mérite sa légende, ne ment pas et ne fait pas de quartiers. Car dans toutes choses, le cœur de l’intérêt somnole en nous, enfermé qu’il est dans l’aspiration farouche de l’humain vers le stade suprême. Il s’allume à l’appel de la convoitise, pour rester en éveil tant que dure l’ascension et tant que ce niveau n’est pas encore atteint. Eh bien maintenant que nous sommes enfin arrivés dix ans plus tard, c’est-à-dire aujourd’hui même, nous découvrons que tout cela s’applique au même titre à nos communications.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Les temps ont donc passablement évolué. Plusieurs milliards de gadgets légers, donc portables, se baladent sur la planète. On les appèle encore <em>smartphones</em>, même qu’en réalité ce sont de vrais et puissants ordinateurs de poche que tout le monde a. Au moins un. Même dans des endroits où la faim, la pauvreté, la guerre et la désolation font des ravages. Ailleurs, c’est par excentricité, snobisme ou rejet technologique que l’on reste fidèle aux vieux appareils au look primitif, les vintage phones. Le monde à l’envers, dirait-on. Le plus important: téléphoner est devenu marginal.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>En effet, qu’il s’agisse d’images kitch, de gags ringards bourrés d’<em>emoticons</em> ou de clips cochons, afin de contrecarrer le déluge d’envois ineptes, aujourd’hui déjà il n’y a plus un autre choix que celui de bloquer pubs et interlocuteurs indésirables. Laisser sans réponse un appel ou un message – fut-il sérieux et urgent – est monnaie courante depuis des années. Parfois, tout au plus, tandis que l’instantanéité est la propriété de base de ces moyens de communication, on répond des heures ou même des jours après, lorsque l’urgence et l’importance sont déjà devenues caduques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Pourquoi ? Simple: par effet de trop plein. Par saturation, qui entraine l’indifférence, puis le désintérêt. Par frivolité et par manque de discernement. On arrive au point où l’on coupe la sonnerie. Pire: on éteint carrément l’appareil. La plupart des services disposent de fonctions automatiques pour répondre aux appels, sauf qu’en avoir recours est un autre type de dépendance dont on se passe volontiers. Réseaux sociaux ? Les <em>millenials</em> s’en détournent déjà; pour eux, le Graal auquel ils se sont abreuvés il y a dix ans se réduit de plus en plus au seul chapitre des news.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Cela étant, à quoi bon exactement sous le seul angle technique, de pouvoir échanger instantanément tout et n’importe quoi sur terre, sur mer et dans les airs entre Dubai et Kiev, Hanoi et Oslo, Riga et Lima ? Les limites de l’inutilité primordiale sont-elles déjà atteintes ? Oui et non. Comme chaque fois, devraient entrer en scène le discernement, l’esprit sélectif, l’esprit de mesure et le sens des priorités, à même de dompter l’<em>homo ludens</em>, l’homme joueur, l’homme enfant que nous sommes lorsqu’en chassant les petits monstres virtuels nous nous heurtons les uns aux autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Hélas, ce dur combat est trop souvent perdu d’avance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>[3 mars 2020]</p>
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		<title>Il était une fois…</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le CorbeauBlanc]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 20 Feb 2021 15:07:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Mesdames, messieurs, chers invités, bonsoir à tous et merci de votre intérêt pour ce symposium que j’ai le plaisir d’animer et qui fait partie des “Journées de la Mémoire” organisées ici par le ICSIH. [...]</p>
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<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">…l’actrice de cinéma. Et l’acteur de cinéma. Ou inversement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«Bonsoir!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mesdames, messieurs, chers invités, bonsoir à tous et merci de votre intérêt pour ce symposium que j’ai le plaisir d’animer et qui fait partie des “Journées de la Mémoire” organisées ici par le ICSIH<span id="easy-footnote-42-29923" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/il-etait-une-fois/#easy-footnote-bottom-42-29923" title=" Inter-racial Center for the Safeguarding of the Intangible Heritage &amp;#8211; Centre Inter-racial pour la Sauvegarde du Patrimoine Immatériel."><sup>42</sup></a></span> Comme vous avez pu le découvrir sur le programme affiché, dans le cadre de la section consacrée à l’historique de la cinématographie, le thème de ce jour est “Il était une fois… l’actrice et l’acteur de cinéma”.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Permettez-moi de commencer par une petite anecdote qui en dit long sur ce sujet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une des singularités de ma famille est qu’autant du côté de ma mère que de mon père, mes ancêtres étaient encore assez jeunes lorsqu’ils se sont mariés. En ce temps-là, le mariage était la règle. De surcroît, ils vécurent longtemps: sur huit arrière-arrière grands parents, j’ai eu le privilège d’en connaître trois, dont notamment la grand-mère maternelle de mon père qui n’a juste pas atteint le siècle alors que j’approchais mes vingt ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Arrivé maintenant pas si loin de son âge de l’époque, je me rappelle que Mémé, qui était une adorable personne passionnée de cinématographie, me racontait parfois certaines scènes – pour moi étranges – où, au tomber du rideau d’une projection, des femmes et des hommes qui tenaient des rôles dans le film s’avançaient sur scène pour s’incliner à n’en plus finir devant un public qui applaudissait à tire-larigot. Evidemment, cela se passait à l’aube de ce que l’on appelait le septième art, à la fin du XIX<sup>e</sup> siècle donc. Je me souviens aussi que ces récits ardents trouvaient dans le jeune homme que j’étais un écho assez relatif car en effet, comment pouvais-je imaginer cela ?! Mais mon affection pour Mémé collée à la politesse triomphaient sans faute, de sorte qu’elle terminait toujours ses récits toute soulagée d’avoir pu me faire vivre un instant la fascination de sa jeunesse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec cette anecdote-là nous voici à l’aube d’une époque très lointaine où l’image qui bouge tâchait péniblement de se frayer le chemin dans un paysage culturel qui depuis l’antiquité avait été dominé dans ce secteur par le théâtre, sous toutes ses formes. Pendant ce temps, les hommes déambulaient déjà sur deux ou quatre roues plus vite qu’une calèche à cheval et un char à bœufs; de plus en plus de téméraires se lançaient dans le vide avec des appareils en bois à ailes fixes, plus lourds que l’air, qu’ils venaient de nommer “avions” en souvenir du latin <em>avis</em> (oiseau); les gens se mettaient a parler entre eux à distance; l’éclairage des places et des rues passait du gaz à l’ampoule électrique, etc. Dans tous ces domaines, et bien d’autres encore, c’était le temps des héros.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Revenons à présent à l’image en mouvement. Lorsque l’on parle de héros, l’essor de la plus formidable pépinière du genre prit très rapidement dans les salles obscures éclairées par des lanternes magiques, remplacées par des kinétoscopes puis par des caméras de projection. Quant aux courbettes en fin de séance, elles furent vite rendues caduques par la multiplication exponentielle de ces salles. Déjà à la fin de la Première Guerre mondiale, une élite d’idoles s’était ainsi formée aux Etats-Unis, près de Los Angeles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le reste ne fut qu’une conséquence logique de la fascination – si ce n’est de la magie, justement – que le film, ce dernier venu dans l’univers imaginaire de l’homme, exerça depuis son invention. Et alors que les premières créations étaient – logiquement d’ailleurs – encore tributaire du théâtre, avec des costumes, décors et une mise en scène qui sentaient le carton et la poussière, à peine cinq décennies plus tard l’on déroulait des milliers de chars, figurants, doublures et cascadeurs dans des épopées cinématographiques démesurées et désormais oubliées. C’était le triomphe du réel et de la quantité plein les yeux et à grande échelle sur des toiles blanches, les plus larges possibles. Par conséquent, les coûts de production suivirent cette direction.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est là, et c’est en partie pour cela, qu’entra en lice la technologie, et avec elle les premiers “effets spéciaux”, comme on les appela au début. L’intérêt y était double. D’une part, à travers des procédés optiques et autres machinations, on obtenait des résultats que – physiquement – l’on ne pouvait demander aux acteurs. D’autre part, on pouvait ainsi contenir le budget. Ce fut donc le début de la révolution technique qui s’installa durablement à partir des années 1960-1970 pour arriver à la maturité vingt ans plus tard avec l’intervention de l’ordinateur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est probable que dans l’ensemble, les années 1980-1990 ont marqué le sommet du “cycle de vie” du cinématographe tel qu’il fut conçu au tout début par ses éclaireurs. C’est au long de cette période-là que les actrices et les acteurs on atteint des statuts de “stars”. En réalité, ces stars étaient de vraies déités vivantes, touchant plus de vingt millions de dollars pour chaque film, aussi médiocre fut-il. Le prix d’un avion moyen-porteur de l’époque. De ses débuts timides, l’arsenal technique s’étoffa avec le IMAX, la 3D (D pour dimension) et la holographie. C’est aussi durant cette période-là que, encore logiquement, l’on a commencé à compter des budgets à trois chiffres, 100, 200… Toujours en dollars. Cette spirale vertigineuse ne pouvait continuer. Au fait, une mort rapide la guettait, et certains d’entre vous se rappellent encore le nom du bourreau: c’est la piraterie informatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A présent voyons ceci de plus près. Cent ans après les premiers films où des acteurs grimés déclamaient leurs tirades dans un univers noir et blanc de décors carton-pâte, le cinéma recevait en pleine figure la déferlante Internet, qui – ne l’oublions pas – était encore en son enfance. Enfant terrible cependant, car les effets du réseau des réseau commencèrent à se faire vite sentir. Et terribles ils furent, car les cachets des demi-dieux fondirent comme neige au soleil. D’une part. Mais d’autre part, depuis une petite vingtaine d’année, l’informatique avait fait son chemin, aussi bien dans les appareils que dans les logiciels, de telle sorte qu’au tout début du millénaire le monde put s’extasier près de dix heures devant une trilogie pseudo-médiévale mettant en scène des forêts mouvantes, des milliers de chevaux, de créatures de toutes sortes et de guerriers. Sauf que rien de tout ceci n’était réel. Les recettes de ce trio dont le coût n’avait pas atteint les 300 millions avaient en revanche dépassé dix fois le budget consenti.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce fut là une tournante. Dans une logique similaire à celle qui avait eu cours plus de trente années en arrière, l’industrie du film comprit que la riposte à la piraterie et, quelque part, sa propre survie, passaient nécessairement par l’ordinateur, les logiciels et les techniques de communication. Grâce à ces outils nouveaux, le consommateur d’images allait pouvoir découvrir, affalé dans son lit, pop-corn et bière à portée du bras, des faits et de choses non seulement absurdes physiquement, mais carrément impensables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le spectacle fictif que nous consommons à grandes doses déjà depuis un certain temps a vu le jour ces années-là. D’abord avec une actrice virtuelle qui reçut en 2002 un rôle principal dans “S1møne”, ensuite en créant un casting d’acteurs et actrices 100% factices pour “Beowulf” en 2007 partant d’une pléiade de déités du cinéma, puis deux ans plus tard, avec “Avatar”, en réalisant des créatures imaginaires dans un monde tout aussi irréel. Il ne faut pas oublier le royaume animal fabuleux de la franchise “Jurassic”, celui fantastique des productions mettant en scène les super-héros, etc. Côté recettes, entre temps l’industrie avait enfin trouvé les moyens de fortune lui permettant de s’en sortir, du moins provisoirement: la réalité augmentée et le “streaming”.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, nombre d’entre vous savent à présent que le vrai changement de paradigme a eu lieu bien plus près de nos jours, avec l’abandon progressif, puis total, des rôles attribués aux humains. Comme tant de métiers balayés au cours de l’histoire par cette chose relative que l’on appelle “progrès”, petit à petit l’actrice et l’acteur de jadis – qualifiés désormais de réerôleur et réerôleuse – se réfugia dans des domaines parfois très éloignés de leur profession de base. Il y eut qui choisirent le sport, certains la communication, d’autres l’immobilier ou encore, pour les plus chanceux, la production. En effet et en gros, sur l’ensemble des métiers du cinéma, ce sont bien les producteurs qui semblent sauver encore la face du 7<sup>ème</sup> art d’origine, car si pour l’instant les metteurs en scène comme les scénaristes gardent encore leurs emplois, des exemples existent déjà où l’intelligence artificielle dirige les films et réalise les scripts à force d’immersion sensorielle totale, comme dans le récent “Droocky revient” que vous êtes certainement nombreux à avoir applaudi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi va la vie, réelle et virtuelle. Evidemment, bien d’entre vous regrettant l’évaporation de ce métier, avec tout son côté naturel mais – il est vrai, aléatoire – s’en sont déjà résigné depuis un long moment. Certains s’en sont à peine aperçu. D’autres, en revanche, saluent le surplus considérable de gestes, expressions, mouvements et attitudes amenés par le tout virtuel. Comment imaginer autrement que “Le Journal d’Anne Frank”, ce poignant témoignage signé par le grand George Stevens près de huit décennies en arrière, ait pu revivre dernièrement dans le bouleversant et triomphal remake “Le récit d’un fœtus” ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ici prend fin cette incursion rapide dans l’histoire du cinéma, vue à travers ses héros et héroïnes d’autrefois. Pourtant je ne la terminerai pas sans vous adresser une invitation. Celles et ceux qui sont intéressé(e)s à se procurer comme souvenir de cette conférence une liste que j’ai dressée en ce sens, la trouveront à l’entrée de l’aula. Cette liste est bien sûr totalement subjective quand à la valeur artistique, mais aussi totalement objective – même que certainement incomplète – quand au statut mythique des noms qui en font partie et auxquels elle rend hommage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Merci beaucoup de votre aimable attention et bonne rentrée!</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">*</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ah, et quant à moi, j’ai prévu de revoir l’inoubliable Charlton Heston dans l’inégalable “Ben-Hur” réalisé en 1959 par l’unique William Wyler.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">[5 février 2020]</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Le mystère américain</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le CorbeauBlanc]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 Jan 2021 07:26:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Je me déclare absolument impuissant pour trouver une autre explication à cet épais mystère: les États Unis d’Amérique - ceci ne peut être rien d’autre qu’un de ces nombreux miracles totalement impénétrables de la Providence. [...]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em>«Le violent assaut de ce jour contre notre Capitole, dans un effort de subjuguer la démocratie américaine par la loi de la foule, a été fomenté par le roi même, qui a utilisé la position la plus élevée dans le gouvernement de la nation pour détruire la confiance dans les élections et empoisonner le respect pour les camarades citoyens. Notre Constitution et notre pays vont surmonter cette tache et Nous, le Peuple, nous serons à nouveau de retour dans nos efforts de créer une meilleure Union, alors qu’à raison ce roi finira en homme sans pays.»</em></p>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph">(Général**** américain retraité, ancien Secrétaire à la Défense)</p>
</div></div>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em>«Si seulement les États Unis voyaient ce que les États Unis font aux États Unis, alors les États Unis envahiraient illico les États Unis pour délivrer les États Unis de la tyranie infligée aux États Unis par les États Unis, restaurant ainsi immédiatement la démocratie aux États Unis.»</em></p>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph">(Anonyme, Internet)</p>
</div></div>



<p class="wp-block-paragraph">Je me déclare absolument impuissant pour trouver une autre explication à cet épais mystère: les États Unis d’Amérique – ceci ne peut être rien d’autre qu’un de ces nombreux miracles totalement impénétrables de la Providence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des territoires envahis durant trois siècles par les européens, puis colonisés, occupés, conquis, abritant de vieilles populations autochtones soumises, terrorisées, exterminées – tout ça on en connaît trop bien. Il y en a pléthore: l’Australie et la Nouvelle Zélande, le Canada, le Caucase avec une bonne partie de l’Asie centrale, toute l’Amérique du Sud et presque toute l’Afrique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, nulle part ailleurs l’essor de l’homme blanc, avec sa conception sur la civilisation fourrée dans la besace, ne fut si foudroyant et si extraordinaire qu’aux États Unis d’Amérique. Et de loin. À se demander comment, puisque les trois premiers exemples ci-dessus attestent d’une même prééminence anglo-saxonne qui a pris rapidement pied et définitivement le dessus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Peu importe finalement, les faits sont là et le XX<sup>e</sup> siècle a sacré cette fédération comme première force motrice mondiale, en tous les cas pour ce qui est de l’économie, du politique et du militaire, et ce au détriment des puissances d’autrefois qu’ont été le Royaume Uni, la France ou l’Espagne. Parmi d’autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malheureusement sans qu’avec ça l’on puisse élucider la moindre tranche du mystère évoqué au début, force est-il d’admettre que nous nous trouvons là devant le “côté brillant de la monnaie”, puisque les progrès matériels enregistrés par les femmes et les hommes de ce pays durant le bref intervalle des derniers deux cent ans sont sans équivalent connu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À ce jour, en chiffres absolus, l’économie des États Unis “pèse” à elle seule autant que celles des sept “poids lourds” suivants réunis (à l’exception de la Chine): Japon, Allemagne, Inde, Royaume Uni, France, Italie et Brésil. Ou, si l’on veut, autant que l’ensemble des cinquante pays qui ferment ce même classement. Cerise sur le gâteau, la monnaie américaine est la première référence mondiale en la matière et domine – logiquement, j’imagine – les échanges internationaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le politique maintenant. Leur élite est la plus notoire au monde. À force de la voir défiler constamment dans les médias, on connaît par leurs noms et prénoms un nombre impressionnant de ministres, sénateurs, députés, directeurs d’agences-clé et militaires de ce pays qui en fait n’est pas le nôtre. Inutile d’essayer le même exercice dans le cas du Japon, de l’Allemagne ou du Brésil. Dans la foulée, leurs élections parlementaire et présidentielle, dont le rythme est aussi connu par cœur, n’ont rien à voir avec celle de l’Inde, du Canada ou de l’Italie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je choisis de sauter le militaire puisque avec environ 40% des dépenses mondiales dans le domaine, équivalant ceux cumulés des dix pays qui lui suivent dans la liste, le sujet est consommé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nul doute possible: sur tous ces aspects, les États Unis d’Amérique sont le chef d’orchestre d’une bonne partie de la vie de la planète; c’est sa baguette qui donne le <em>LA</em>. En face, seule la Chine s’oppose dans ce qui peu à peu est devenu un duopole mondial de puissance. Mais cette dernière a de quoi, puisqu’elle a les moyens, et il s’agit ici d’un autre miracle impénétrable bondi du Moyen Âge directement dans le post-industriel en à peine une génération, au rythme des congrès du parti communiste, unique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À présent roulez tambours ! Forts de ce rôle, les États Unis se sont progressivement proclamés modèle universel pour la démocratie et les libertés, premier et ultime bastion devant toute convulsion totalitaire dans le monde. Je dis bien <em>forts de cette position</em>, puisque d’autre pays majeurs se targuent d’occuper la même place et qu’en réalité c’est bien l’Inde qui devrait porter le titre de première démocratie mondiale, si ce n’est qu’eu égard le nombre d’habitants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’était donc là le côté brillant de la monnaie. Mais trêve de rêves. Le revers – sombre, sale et gluant – est lui tout aussi fourni.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’évoquais le Moyen Âge dans le cas de la Chine. Néanmoins c’est également valable pour les États Unis d’Amérique. À cela, plein de raisons dans plein de domaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Revenons au politique. Depuis cent cinquante ans, seules deux monarchies se disputent – à forces relativement égales – la hégémonie sur le pays. Même qu’État dit parlementaire, les gouvernements – successifs, alternatifs – ne reflètent en rien cette réalité puisqu’ils sont nommés en totalité par le roi. Dans les faits, il s’agit de la version mise à jour de la “<em>curia regis</em>”, soit le conseil royal ou la cour du roi, une institution qui vient de fêter ses mille ans d’âge.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et le roi ? Eh bien, lui, il est l’État. L’État c’est lui. Ses prérogatives sont totales. Ou presque. Il est le Chef de l’État, le Premier Ministre et le Commandant Suprême des Armées. En tant que tel, son doigt repose sur le bouton rouge qui peut éteindre la vie sur le globe. Et il a aussi un lieutenant symbolique comme chef du Sénat. Seul bémol: son règne est limité à huit ans. En revanche, pendant cette période, non seulement qu’il peut promouvoir ou bloquer ce qui bon lui semble: il peut s’opposer et rendre caduque toute décision du parlement. Mais surtout, en pratique, il est indéboulonnable. <span id="easy-footnote-43-948" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/le-mystere-americain/#easy-footnote-bottom-43-948" title=" J’ai choisi à dessein de ne pas m’attarder ici sur les particularités uniques qui propulsent un citoyen lambda sur le trône royal. Elles sont incroyables, incompréhensibles, invraisemblables, inconcevables, inimaginables, insuppo&amp;#8230;"><sup>43</sup></a></span>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, comparé à la démagogie, le politique passe encore. Car il faut savoir, ou se souvenir, que les États Unis d’Amérique furent le théâtre de cet extraordinaire et tant controversé moment d’il y a bientôt vingt ans en arrière; qu’elles sont la source de globalisation arbitraire du terrorisme en tant qu’étiquette et concept, le terrain des plus nombreux massacres par et entre les civils, les apôtres de la désinformation, le laboratoire de la torture au nom de la sécurité nationale, le berceau des lois répressives dites “Patriot”, les champions des infiltrations et des coups d’état&nbsp; aléatoires destinés à instaurer ou maintenir leur propre définition de la démocratie, les auteurs de ce “politiquement correct” si inepte, comme des plus halucinantes platitudes qui se diffusent à la vitesse de la lumière à travers leurs réseaux sociaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pour retourner au Moyen Âge américain, nous avons ici à profusion le racisme, l’exclusion sociale, <s>l’allocation de chômage</s>,&nbsp; <s>l’accès à l’éducation,</s> <s>l’accès aux soins</s>, le sexisme, la homophobie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout cela est connu. Plus ou moins. Au moins on le soupçonnait. Au plus on s’en accommodait. Tout cela jusqu’au soir (en Europe) du 6 janvier 2021. Celui de l’Épiphanie…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Hier soir, les États Unis d’Amérique ont brusquement tourné la page de leur quasi suprématie et en à peine quelques heures ont effectué le plus hardi bond en arrière depuis le grandiose bond en avant sur la Lune du légendaire Neil Armstrong.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Hier soir, par son porte-drapeau royal, à la lumière du jour, à celle des téléphones portables et pour finir à celle des réverbères, le pays a dévoilé toute sa nullité inutilement cachée: son acrimonie, sa lâcheté, sa perversité, son obscurantisme, sa stupidité, son arrogance, sa petitesse, son cynisme, son primitivisme, son…, sa…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Hier soir, le monde tétanisé aurait voulu revoir à l’ouvrage la Garde Nationale calmement mais fermement déployée sur les marches du Capitole, comme elle l’avait fait à peine six mois plus tôt face au protestataires de Black Lives Matter suite au meurtre de George Floyd. Mais à la place… Enfin, tout un chacun a vu les vraies images de ce soir-là.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De hier soir, 13 soirs avant de s’éteindre dans la nuit de l’histoire, le 45<sup>e</sup> roi des États Unis d’Amérique en fit le point d’orgue de sa domination au mieux incohérente, clairement lunatique, au pire criminelle. Criminelle pour avoir – je dirais – parachevé une fracture de la nation dont ses prédécesseurs s’en sont occupés. Pour avoir, chaque jour de ses 1500 de règne sans partage, sistématiquement et ostensiblement mis ses lubies avant le bien du peuple.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Hier soir, durant seulement quelques heures suivies de seulement quelques autres heures qui s’étaleront sur des années, porté à bouts de bras par son roi et ses sujets, le moteur économique, politique et militaire de la planète, l’État démocratiquement velléitaire et en même temps vigoureusement discriminatoire se grippa, pour ensuite s’effondrer à l’état tribal.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ce n’est pas fini. Une fois l’ordre élémentaire rétabli, les scènes de chaos seront suivies par des questions, puis – probablement – par des investigations. Qui a été le meneur ? Qui a fait quoi ? Et pourquoi ? Qui n’a pas fait ce qu’il aurait dû faire ? Qui a donné tel ordre ? Qui s’est esquivé ? Et pourquoi ? Etc…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et puis, petit à petit, à force d’auditions et d’interrogatoires, de comités et de commissions, tout ou presque s’estompera. Et les États Unis continueront comme avant de faire tourner la machine économique, politique et militaire de la planète en tant qu’État démocratiquement velléitaire et toujours vigoureusement discriminatoire, cette fois sous l’égide d’un autre ancien maraudeur baroudeur et nouveau roi.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">*</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme je le disais donc: les États Unis d’Amérique – clairement ça ne peut être autre chose qu’un de ces nombreux miracles totalement impénétrables de la Providence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[7 janvier 2021]</p>
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		<title>Papa, dessine-moi une Suisse (2/2)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le CorbeauBlanc]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Oct 2020 21:49:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>[…] « Le Suisse (et, bien sûr et au même titre, la Suissesse, la forme masculine étant ici utilisée uniquement par souci de commodité et de fluidité) se rend au travail comme nos aïeuls se rendaient à la messe du dimanche : calmement, sobrement, rigoureusement, religieusement. Le travail lui est au-delà du besoin, de l’argent, […]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">[…]</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Le Suisse (et, bien sûr et au même titre, la Suissesse, la forme masculine étant ici utilisée uniquement par souci de commodité et de fluidité) se rend au travail comme nos aïeuls se rendaient à la messe du dimanche : calmement, sobrement, rigoureusement, religieusement. Le travail lui est au-delà du besoin, de l’argent, de la carrière, encore que ce sont là des éléments essentiels de la vie. Il est logé dans sa nature. Il est même au-delà du faux dilemme ‘travailler pour vivre ou vivre pour travailler ?’ De bon gré, le Suisse fait une toute autre lecture de l’épouvantable slogan nazi. Pour lui, carrément ‘Arbeit bringt Glück’. Le travail est au rayon de l’évidence. À le voir au travail, on dirait qu’il y est né pour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et puisque c’est ainsi, autant travailler bien. Car au plus profond de lui-même, la nature du Suisse se retrouve en réalité dans le travail bien fait. Et comme de travail bien fait à travail de qualité – ou excellence – il n’y a qu’un seul et tout petit pas, il l’a franchi allègrement depuis des lustres. Aussi, on se trouve au niveau où l’expression travail de qualité a carrément remplacé la notion de base – travail. Intégré aussi au domaine de l’évidence, le travail de qualité s’est donc hissé à la place de concept-cadre implicite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Atteint par les premières étincelles de l’ère industrielle, c’est peut-être l’intérêt précoce de l’artisan du lieu envers la mesure du temps qui l’a amené au début du XVIII<sup>e</sup> siècle à façonner davantage ce syntagme pour déboucher sur un autre, encore plus poussé : le travail de précision. Ce concept-frère s’est donc forgé au fil des ans via le même processus qui a fondu les termes travail et qualité en un seul concept, et a pris place peu à peu dans la conscience collective au point d’en faire un pléonasme : la précision helvétique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Excellence et précision étant par nature hautement exigeantes, donc contraignantes, qui dit contrainte dit règle, avec ses bons et mauvais côtés. En l’espèce, cela s’est traduit par le culte d’une certaine conformité, absolue. Un besoin viscéral pour qu’à tout moment l’on puisse disposer de repères établis. Pour juger, agir éclairé, comparer. Ainsi, l’adage <em>« Une chose est une chose, pas ce que l’on dit de cette chose »</em><span id="easy-footnote-44-889" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/papa-dessine-moi-une-suisse-2-2/#easy-footnote-bottom-44-889" title=" J’ai été heureux de retrouver cette formule dans le film ‹ Birdman › du metteur en scène mexicain Alejandro González Iñárritu, 2014 "><sup>44</sup></a></span>prit une place de choix dans l’instinct du Suisse, qui l’érigea au rang de norme. Pour sûr, quelque part cela eut un impact sur la désinvolture inventive, l’exubérance créative…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette règle de base agit au-delà des relations de l’individu à l’acte, à l’événement, à l’affaire, à l’objet : il gouverne les relations entre les individus et le contraire serait pour le moins surprenant, voire impossible. La formule ‘Un homme n’a qu’une parole’ <span id="easy-footnote-45-889" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/papa-dessine-moi-une-suisse-2-2/#easy-footnote-bottom-45-889" title=" L’expression consacrée est en allemand : <em>Ein Mann, ein Wort</em>."><sup>45</sup></a></span> décrit un truisme car il s’agit d’un principe ancré dans le subconscient. Pouvoir compter dessus est à double sens et ce n’est que logique : on en demande autant qu’on en donne. Bien que des entorses à ce dogme existent, elles sont perçues comme des accidents isolés, sont mal reçues et souvent aussitôt condamnées.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Pouvoir compter dessus »</em> est une expression qui se réduit au seul mot confiance. En Suisse elle habite du premier au dernier étage de la société sans distinction quant à la région linguistique. Un chapeau oublié dans un magasin est retrouvé le lendemain par son possesseur. Un portefeuille épais trouvé sur le trottoir est remis à un poste de police.<span id="easy-footnote-46-889" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/papa-dessine-moi-une-suisse-2-2/#easy-footnote-bottom-46-889" title=" Le geste valant tout de même une récompense officielle à hauteur de 10% du montant qui s’y trouverait."><sup>46</sup></a></span> Un rendez-vous est convenu et bien-sûr respecté. Même chose pour une échéance. Une promesse orale vaut contrat et un contrat oral vaut son pendant écrit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rien de tout cela ne serait possible sans le respect primordial et absolu de la personne. Tout aussi omniprésent, il est un des carburants circulant dans les veines de la société. Il permet l’efficacité parfaite des rapports État⟷individu. Il autorise, techniquement et humainement, une médecine-modèle. Il est à la base de l’abondance d’institutions de coopération, entraide et assistance, ici et ailleurs. Il assure au pays éclat et renom mondial, car via l’individu, unité de base de toute société, il sert tout ce pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme dans toute forme d’organisation humaine complexe, cette efficacité présuppose certaines disponibilités actives supplémentaires : par exemple pour la rigueur et la discipline. C’est aussi grâce à ces deux paramètres de fonctionnement que ce <em>minestrone</em> multi-séculaire que représente la société suisse dans son ensemble s’est transformé au fil des ans en un mécanisme huilé unitaire et unique tel que nous le connaissons aujourd’hui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Longtemps territoire à vocation guerrière, pourvoyeur de mercenaires et peuplé d’hommes téméraires, ce petit pays fut gagné par l’aversion du risque et par le rejet de l’esprit d’aventure, lui préférant celui de la prudence et de la prévision. Vînt ensuite s’y greffer cet autre instrument de rayonnement aux quatre coins du monde – la neutralité, qui lui fit éviter deux embrasements planétaires, entre autres missions de pacification et de médiation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Suisse n’est pas peuplée de clones. Sur huit millions d’habitants il y a autant d’opinions diverses, comme un peu partout. Mais il y a là une quête permanente de la modération (ou la conquête du compromis pour atteindre un objectif supérieur) qui pointe vers cette autre déité suisse qu’est l’attitude consensuelle. C’est un art. Un autre carburant qui fait tourner la société autant au niveaux social – par la paix du travail employeurs⟷employés, que politique – par le gouvernement collégial, unique au monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Stabilité : politique, sociale, économique, financière. Encore un axiome dont les racines se trouvent en bonne partie dans cet esprit de juste mesure. Les gens de ce pays se sont habitués à ne pas aimer les extrêmes, du coup ils n’en sont pas les champions. Il sont en revanche des champions reconnus et respectés de cette stabilité-là, qui se prend de main avec la tranquillité. Ensemble, elles portent sur les bras la solidité, et à trois, elles déroulent le tapis de la prospérité pour le plus grand nombre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tous ces facteurs s’appliquent à ce peuple qui, avant le verbe être et même le verbe avoir, d’abord jure fidélité au verbe faire. Et celui-ci vit par le réalisme, tête sur les épaules et pieds sur terre. Ce verbe déteste la naïveté et les utopies, comme il tourne le dos aux excentricités. Lorsque sur son économie se déposent la conviction, la minutie, la méthode, la perfection, il n’est plus surprenant que la Suisse exporte par tête d’habitant vingt fois plus que la Chine, sept fois plus que les États-Unis et deuxx fois plus que l’Allemagne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et qu’en est-il de ce thème si aimé de nos jours et si galvaudé partout : la démocratie ? De la cohésion nationale dans un pays tri-, voire quadri- si ce n’est quintilingue ? De ce tiers d’étrangers sur le total de la population ? De l’unité nationale avec vingt-six petits États indépendants et deux mille communes avec leurs propres lois et règlements ? Du civisme ? Du pouvoir populaire avec cette armée de milice où le citoyen garde son cher fusil d’assaut dans l’armoire à balai ? Visiblement aucun souci, c’est pourquoi a été donné au peuple ce surnom pompeux : <em>“Le Souverain”</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce portrait serait incomplet si le bon sens, la discrétion, l’aversion pour le verbe paraître étaient absents. L’esprit protestant veille, mais quelle importance finalement ? L’importance se trouve dans le nombre d’individus à hauts revenus qui choisissent la Suisse comme domicile ; dans le nombre réduit de <em>paparazzi per capita </em>; dans le nombre de sociétés étrangères par mètre carré qui installent leurs sièges, d’ailleurs pour plein d’autres raisons que la sobriété ; dans le nombre d’institutions internationales qui font de même.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">*</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout serait alors pour le mieux dans le meilleur des pays possibles ? Hélas, excusez du peu : clairement NON. D’ailleurs j’entends ces voix outrées qui se lèvent déjà. Bien sûr, il y a toujours un prix à payer, on n’a jamais rien sans rien. Le coût s’appelle – il fallait s’y attendre – une justice laxiste, la torpeur politique, la couardise et son double langage, la crainte d’assumer, le mouchardage, le nanisme culturel, la rigidité, l’esprit carré, la supériorité, l’absence du second degré, de l’humour, de l’autodérision… Non, ce pays n’est pas le Paradis, l’El Dorado ou la Terre Promise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sont mis en évidence ici des attributs et un état d’esprit dominants, que l’anglais exprime peut-être plus correctement au travers du syntagme <em>state of mind</em>. Aussi, tout n’est bien sûr pas exception, réservé ou propre uniquement à la Suisse et à ses braves citoyens. Loin s’en faut. En revanche, c’est l’ensemble harmonieux de tous ces éléments qui donne naissance à son portrait si spécial. Un peintre esquisse un nez, un autre un œil, un autre une oreille, un autre des cheveux. Mais il n’y a qu’une seule Mona Lisa. »</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">*</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand j’ai fini, j’ai montré à mon fils l’image de ma Suisse, que voici. Mais lui – tête sur la table – il dormait déjà comme un petit ange qu’il est pour moi, je ne saurais pas dire depuis quand. Il se faisait déjà tard et je ne m’étais rendu compte le moins du monde. Avec l’application qu’on me dit au dessin, cette fois j’étais parti à fond dans les choux. Au moins, je me suis vite consolé en apercevant devant lui un tout petit dessin qu’il avait griffonné alors que je pérorais dans le vent : le drapeau suisse. Correct, cette fois-ci.</p>



<figure class="wp-block-gallery columns-1 is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="710" src="https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2020/10/Papa-dessine-moi-une-Suisse-22-1024x710.jpg" alt data-id="891" class="wp-image-891" srcset="https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2020/10/Papa-dessine-moi-une-Suisse-22-1024x710.jpg 1024w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2020/10/Papa-dessine-moi-une-Suisse-22-300x208.jpg 300w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2020/10/Papa-dessine-moi-une-Suisse-22-768x533.jpg 768w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2020/10/Papa-dessine-moi-une-Suisse-22.jpg 1152w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px"></figure></li></ul></figure>



<p class="wp-block-paragraph">[11 septembre 2018]</p>



<p class="wp-block-paragraph">P.-S. Ce dessin écrit s’adresse aux personnes de plus en plus nombreuses qui se construisent une habitude à regarder la moitié du verre qui est vide, tandis que déjà la moitié pleine leur ferait pas mal l’affaire et que tout autour vivent tant d’autres personnes qui ne peuvent que rêver de cette moitié pleine pour calmer leur soif.</p>
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		<title>Papa, dessine-moi une Suisse! (1/2)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le CorbeauBlanc]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Sep 2020 15:22:31 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les Alpes, on ne les voit point depuis le rez-de-chaussée, et à vrai dire pas beaucoup plus depuis le premier étage de la maison que ma famille a occupé 28 ans durant sur les hauts de Lausanne. En revanche, depuis le deuxième si, et encore bien, et on voit même un bout de ce cher lac Léman. Il faut savoir que le rideau d’arbres qui embrasse notre jardin fait barrage, comme le mur de paix qui y règne, percé seulement par les trilles des oiseaux moqueurs. [...]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Les Alpes, on ne les voit point depuis le rez-de-chaussée, et à vrai dire pas beaucoup plus depuis le premier étage de la maison que ma famille a occupé 28 ans durant sur les hauts de Lausanne. En revanche, depuis le deuxième si, et encore bien, et on voit même un bout de ce cher lac Léman. Il faut savoir que le rideau d’arbres qui embrasse notre jardin fait barrage, comme le mur de paix qui y règne, percé seulement par les trilles des oiseaux moqueurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fait, les Alpes, le Mont Blanc, le lac Léman, ce sont des stéréotypes de l’imaginaire collectif, tels les criques écossais, le Fuji ou le Nil. Parce qu’il y a tant à se régaler en deçà, autour et au-delà ! Tiens, lors de ma première année d’université, un des sujets fut l’étude d’une maison pour un photographe sur un site réel dominant les environs. Dans leurs concepts, les étudiants choisirent par instinct comme direction de vue le lac Léman et sa toile de fond alpine, peut-être aussi célèbre que le <em>skyline</em> de New-York. Alors le professeur dit : ‘Bien. C’est un objectif qui vaut l’attention. Mais pensez aussi qu’à 2o km de distance, c’est uniquement un décor. Ça l’a été et ça le restera à jamais. Alors qu’à quelques pas autour de votre projet il y a ce beau jardin avec ses superbes arbres que l’on peut vivre en plein chaque jour à longueur d’année : le printemps lorsque frémissent les perce-neige et l’été quand vrombissent les bourdons, sans oublier le spectacle impressionniste de l’automne et le blanc tenace de l’hiver.’</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela m’a marqué, la preuve est que je m’en souviens encore comme si c’était hier. Et ces paroles me reviennent presque chaque fois que mon regard balaye l’allée de gravier, ou qu’en poussant la tondeuse à gazon – pas assez souvent qu’il le faudrait – je me demande combien de fourmis, de moucherons et autres micro insectes je suis en train de tuer involontairement sous mes pas de géant. Je m’en souviens aussi dans la douceur de cette fin d’après-midi, à mes côtés mon fils happé par l’œuvre que tout enfant a dessiné passionnément un jour : son univers à lui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je jette un coup d’œil furtif, histoire de ne pas casser la magie du moment et je découvre tout en haut un soleil énorme et furieux, probablement le résultat subconscient d’un manque rendu obsessif par ce climat durablement capricieux qui nous agace. Puis des oiseaux, petits, grands, plein d’oiseaux, sans doute ceux qui nous concertent du matin au soir, si ce ne sont alors des mouches, celles qui gâchent tant nos repas dehors, la représentation est ambiguë. En dessous je devine notre chienne Lulu, car nous n’élevons ni chevaux ni zèbres. Et pour lui, elle est vraiment massive, la chienne, même si ce n’est qu’une bâtarde moyenne, et sûrement qu’elle est calibrée selon l’affection qu’il lui porte. Suivent deux-trois petits sapins (rouges !), un peu de gazon par ci, ma voiture par là, plus petite que Lulu et qu’on dirait plutôt une brouette. Un zeste de ciel bleu. Maman, grand-mère et moi, nous sommes là aussi, tous – hélas ! – des nains de jardin. À l’instant il achève la moto Lego reçue pour Noël, trois fois la taille de ma voiture. Au fond, il y a encore la maison : une fenêtre, une porte. Ça suffit et je sais bien pourquoi : bâtir n’est pas son fort.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je le regarde avec une infinie tendresse et tout en essayant de ne pas freiner son élan expressif, lui fait remarquer habilement qu’il a omis certaines choses importantes. Contrarié, il ronge son crayon violet qui avait donné naissance à la chienne. « Quoi ? » « Réfléchis bien. » Mais à son âge, la pétulance est reine, donc je lui concède en souriant : « Et les framboises du potager alors ?! » Il rit vite, un brin gêné, et s’y remet tout de suite mais… s’arrête aussitôt : « Papa, c’est comment les framboises ? » <em>˝Quelle mauvaise idée˝</em>, me dis-je. En effet, on est en septembre et les framboises sont loin derrière, autrement je l’aurais invité à cueillir quelques unes comme modèle. Puisqu’on me dit relativement doué au dessin, j’essaye de réparer ce décalage saisonnier par une représentation graphique qui ressemble malheureusement plus à une grappe de raisins, mais bon, il est satisfait et c’est ce qui compte. Sur ce, je retourne à mes affaires. Peu après il finit le travail et me brandit son dessin avec l’air du chef de guerre victorieux. À part une sorte de piscine (inexistante) et quelques fioritures, oh stupeur !, sur notre maison flotte le drapeau de la Croix Rouge.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« C’est bien, c’est bien… mais qu’est ce que c’est que ça ? » je lui demande et lui montre la fameuse bannière blanche. Les yeux plient, et d’un air luron je reçois la réponse, évidente : « Mais quoi, papa ?! le drapeau suisse ! » <em>(˝Oh-là, drôle d’embarras maintenant, que dois-je faire ? Simplement lui en montrer un de bien correct ? Lui en dessiner un moi-même ? Lui expliquer les comment et les pourquoi ? Et par quel cheminement mental a-t-il pu faire sortir de son mini cerveau le symbole de cette ONG, certes si fameuse, mais bon, tout de même…˝)</em>. Les secondes passent et il se tient là devant moi, suspendu à ma validation, même que pour lui et dans le cas présent, cela reviendrait à une formalité tant il est sûr de son <em>design</em>. Pourtant, à cet âge-là et par nature, les enfants ont un besoin irrépressible de consécration qu’ils n’acceptent que de la part des adultes, papa-maman en tête. Sur ce, la jubilation s’aplatit sur son visage. Cela me devient intenable et sans plus tarder je me dois d’agir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Écoute… comment dire ?» Ses petites mains baissent pour poser le dessin sur la table et ses yeux collent à mes lèvres. «Ce que t’as fait là est très bien… » (infime rictus de soulagement) « mais… » (infime rictus d’abattement) « c’est à dire… vois-tu ? en fait ton dessin est très beau et il est aussi très compliqué » (voyant que le soleil tend à se lever, je souffle un peu, encore que le mot qui aurait convenu et que j’avais remplacé après les cinq premières lettres était ´complEXE´, car je risquais là le peu de marge que j’avais dans l’exposé qui me guettait sur un thème déjà pas simple).&nbsp; J’enchaîne donc : « Tu as très bien dessiné toutes ces choses qui sont ici, enfin, les principales choses » (le visage fleurit) « mais tiens ! la fourrure de Lulu n’est pas mauve, elle est noire » (petit sourire: il le sait bien, le crayon noir est presqu’à bout, mais bon, il sait aussi qu’on le lui passe, Lulu aussi) « le reste tu l’as très bien dessiné et… » (exclu de tromper sa vigilance : il attend le moment où je vais tuer ce “mais”) « … ce drapeau suisse… en fait c’est une croix blanche sur fond rouge, c’est l’inverse de ce que t’as fait, mais c’est pas grave» (chose confirmée par sa grimace genre <em>˝Ah, si c’est que ça…˝</em>). Et alors qu’en me retournant je croyais l’avoir échappé belle, j’entends : « Papa, dessine-moi une Suisse !… »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>(˝Hyperluberlandox ! Goulp ! Que fais-je ?! Trop beaux sont les draps, c’est pour ça que j’y suis en plein dedans. Voyons si je vaux quelque chose.˝)</em> Je prends donc ma pose docte, je roule les yeux côté ciel et j’articule d’un ton grave : « Ce que tu demandes est très difficile, mais j’essayerai de faire encore mieux… » (le visage refleurit) « …j’essayerai de te faire rêver d’une Suisse ! » (le soleil est au zénith).</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">*</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Un drapeau est le symbole d’un pays, et ce drapeau-là, que tu viens de me montrer, c’est le symbole de la Suisse. Un symbole est quelque chose de très, très spécial. Par exemple quand tu veux dessiner l’amour, admettons que tu veux dessiner maman et papa qui s’aiment, tu dessines papa et maman et entre les deux tu dessines un cœur rouge, mais ce cœur-là, ce n’est ni celui de papa, ni celui de maman, puisque personne ne peut vivre sans son cœur dedans. Donc ce cœur, que tu dessines entre nous deux, représente l’amour. C’est le symbole de l’amour. Bien sûr, ce n’est juste qu’un symbole dessiné, mais il est très-très important. Parce que l’amour aussi est très important. Eh bien, un drapeau c’est aussi très important, puisqu’il représente tout un pays, il est son symbole. Et un pays c’est aussi quelque chose de très important. Par exemple, pour toi la Suisse est quelque chose de très important parce que c’est déjà le lieu et le pays où tu es né il y a de ça sept ans. Mais ce pays, la Suisse, il est important pour tant de garçons et de filles qui sont né(e)s ici, et si tu veux tout savoir, il est important pour bien plus de raisons que le simple fait de naître ici.</p>



<p class="wp-block-paragraph">As-tu compté combien de fois il a utilisé papa le mot ´important´ ? Eh bien, ce n’est pas un hasard : Lulu, le pays, l’amour, le drapeau, maman, papa, ce sont – toutes – des choses importantes. Important c’est ce qui compte pour toi, ou pour quelqu’un d’autre, nos voisins par exemple, ou pour les gens de cette ville, ou alors pour tout un pays, la Suisse ou un autre. C’est ce que tu aimes, ou tu préfères, toi ou quelqu’un d’autre, ou plusieurs personnes à la fois. Et comme tu sais, chacun est unique, donc différent d’un autre, alors la plupart du temps ce qui est important pour toi ne le sera peut-être pas pour ton voisin. Prends Lulu : elle est très importante pour toi, mais pas tellement pour ton voisin. Pour lui, c’est son chat Löschat qui compte. Et ainsi de suite. Maintenant autre chose : le lac. Nous l’aimons probablement tous, je veux dire la plupart de ceux qui habitons dans cette ville. Mais tous les autres, qui ne font que nous rendre visite, les touristes, les voyageurs, les gens de passage, il y en a beaucoup qui l’aiment aussi. On ne sait pas trop pourquoi toutes ces personnes aiment cette grande flaque d’eau, mais c’est ainsi. Et plein d’autres autour du monde qui habitent près d’un lac, aiment bien aussi le leur. Et les touristes qui vont par là-bas également. Attends : il y encore plus drôle. Quand nous nous rendons en vacances au bord de la mer, qu’est-ce que nous l’aimons, cette mer !!! Pas vrai ? Pourtant c’est toujours une flaque d’eau, sauf que mille fois plus grande que notre petit lac, hein ? Pense alors ce que les habitants de ces pays-là doivent aimer leurs mers. Et nous, qu’est-ce qu’on fait quand on retourne de ces vacances-là ? On crie à tout va ‘Rasez-moi ces Alpes, qu’on voit la mer !’ Voilà donc de quoi on pourrait être capables, alors qu’il y a tant de gens partout dans le monde qui sont fous de nos montagnes. Nous compris !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout ça veut dire deux choses : d’abord que chacun de nous décide de ce qui est important pour lui et ensuite qu’il arrive souvent à une même chose d’être importante pour tant de gens qui ne se connaissent même pas. C’est aussi le cas du drapeau d’un pays et du pays lui-même. Par exemple la Suisse. À présent je suis certain que tu te demandes – à juste titre d’ailleurs – pourquoi ce pays est-il si important, aussi bien pour les habitants d’ici que pour plein d’autres. Arrivés en ce point, il est clair qu’en t’expliquant ces choses assez compliquées, ce sera selon ma façon de les voir. Je te dessinerai donc et te ferai rêver d’une certaine Suisse, ma Suisse à moi. Si je dis cela, c’est parce qu’à coup sûr, un jour ou un autre, tu entendras ou tu liras d’autres histoires sur ce pays, de la part d’autres personnes, et la plupart de ces histoires seront sans doute assez différentes de celle que je te raconterai à présent. Et ça mon garçon, il serait bon que tu le saches déjà. »</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">*</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Chaque jour le Suisse (et, bien sûr et au même titre, la Suissesse, la forme masculine étant ici utilisée uniquement par souci de commodité et de fluidité) se rend à son travail comme nos aïeuls prenaient le chemin de l’église dimanche de bonne heure : calmement, sobrement, rigoureusement, religieusement. Le travail lui est au-delà du besoin, de l’envie, de l’argent, de la carrière, encore que ce sont là des éléments essentiels de la vie. Il est logé dans sa nature. Il est même au-delà du pseudo-dilemme ‘travailler pour vivre ou vivre pour travailler ?’ De bon gré, le Suisse fait une toute autre lecture de l’épouvantable slogan nazi. Pour lui, c’est carrément ‘Arbeit bringt Glück’.&nbsp; Le travail est au rayon de l’évidence. À le voir au travail, on dirait qu’il y est né pour. […]</p>



<p class="wp-block-paragraph">[11 septembre 2018]</p>
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		<title>Ar_chitecte</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le CorbeauBlanc]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Jun 2020 18:14:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En fait, je suis un architecte, donc pas n’importe qui. C’est dire. Archi-tecte. Comme cet autre qui peut bien être archi-mandrite, archi-duc, arch-evêque, archi-viste ou arch-éopteryx. C’est un terme composé de arch-i et de tecte.[...]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">En fait, je suis un architecte, donc pas n’importe qui. C’est dire. Archi-tecte. Comme cet autre qui peut bien être archi-mandrite, archi-duc, arch-evêque, archi-viste ou arch-éopteryx. C’est un terme composé de arch-i et de tecte. Le premier, <em>archi</em>, vient du Grec Ancien <em>arkhi</em>– qui signifie «&nbsp;chef&nbsp;», qui, lui, vient d’un autre mot grec, <em>archon,</em> qui désigne un des neuf chefs magistrats ou commandants de l’ancienne cité d’Athènes, lui-même participe présent de <em>arkhein</em> c’est-à-dire «&nbsp;être le premier&nbsp;» et par conséquent «&nbsp;commencer (avec ou depuis), se préparer pour&nbsp;» mais aussi «&nbsp;conduire, montrer le chemin, diriger, dominer&nbsp;». Le second, <em>tecte</em>, vient aussi du Grec Ancien <em>tekton </em>qui signifie «&nbsp;bâtisseur, charpentier&nbsp;», mais en réalité il est encore plus vieux car il vient du Proto-Indo-Européen <em>teks-</em>, une racine dont le sens est de «&nbsp;tisser&nbsp;», comme de ”créer, fabriquer&nbsp;» notamment avec une hache. Cette origine est appuyée par une présence à peu près synonyme dans diverses autres langues : <em>taksati</em> «&nbsp;il modèle, construit&nbsp;» et <em>taksan</em> “charpentier” en Sanskrite, <em>taša</em> «&nbsp;hache&nbsp;» et <em>thwaxš-</em> «&nbsp;être occupé&nbsp;» en Avestique, <em>taxš</em>– «&nbsp;être actif&nbsp;» en Vieux Persan, <em>texere</em> “tisser, créer” et <em>tela</em> “toile, réseau” en Latin, <em>tesla</em> “hache” en Vieux Slavon ecclésiastique, <em>tašau</em> et <em>tašyti</em> “sculpter” en Lithuanien, <em>tal</em> “hache du tonnelier” en Vieux Irlandais, <em>dahs</em> en Vieux Allemand et <em>Dachs</em> en Allemand pour “constructeur” et enfin <em>taksh</em>– “unir, mettre ensemble, construire” en Hittite. Nous voyons donc le large spectre d’acceptions couvert par ce terme, mais avant tout nous retiendrons sa caractéristique première : être premier, être chef, devant et au dessus des autres. Conduire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En fait, je suis un architecte raté, du moins c’est ainsi que je me perçois, mais en même temps je me dis que mieux vaut être un pauvre chef totalement raté qu’un brillant servant accompli et totalement écrasé par le succès. Et si je suis un architecte raté c’est parce que je n’ai construit aucune gare, aucun hôpital, aucune université, aucun gratte-ciel, aucun stade, aucun musée, aucun supermaché, aucun aéroport, aucun tribunal, aucun cinéma, aucune cathédrale, aucun hôtel et même pas une caserne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais comme de toute façon je reste un architecte, j’assume volontiers le truisme populaire qui met côte-à-côte architectes brillants et ratés, disant simplement “Puisque je suis architecte, mes idées sont meilleures que les tiennes et parce que toi tu n’es qu’un simple ingénieur, je suis plus sympathique que toi.”</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce terme – architecte – comme d’ailleurs tout le secteur qu’il désigne, est très important déjà de par le fait qu’il est à l’origine d’un nombre important d’autres termes, tout aussi importants. C’est une source de grande fierté que ces termes se soient confortablement installés dans la langue, loin de leur domaine d’origine qui est le bâtiment. Il y a par exemple l’architecture de la carte-mère d’un ordinateur, le chef architecte d’une société de logiciels, l’architecture des systèmes d’information, architecturer un ensemble hétérogène d’idées. En réalité, architecte est perçu comme une notion organisatrice dans la vastitude du chaos, c’est devenu synonyme de créateur de rapports harmonieux entre éléments disparates, et l’architecte – source constante d’équilibre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ce terme – architecte – est important aussi parce qu’il est à la base de ce qui a été reconnu depuis toujours comme un des trois arts de base. L’architecture comme art, de surcroît classique : quel mystère épais ! La création de délicats porcelaines n’est point considérée comme un art, pas plus que celle d’élégants souliers, ni celle de gracieux vêtements, encore moins celle de brillants joyaux, faits de perles rares et de métaux précieux. Que dire alors de la fine broderie, des magnifiques goélettes, des suaves macramés, des fascinants pots minoens, des somptueux masques vénitiens, des splendides tapis persans ou de l’exquise confiserie belge ? Rien. Aucune. Mais voilà que l’architecture est considérée comme un art. Qui plus est, pleinement. Ainsi, un triste silo de blé, tout de ciment gris fait, est une œuvre d’art. Un ziggourat babylonien c’est de l’art. Une tour en fer rouillé, un hangar d’avions, un vulgaire refuge de montagne en bois, un hyperboloïde de refroidissement, un abri anti-aérien, un habitat troglodyte, une halle industrielle, une centrale thermique – aussi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me retourne donc vers l’étymologie et m’obstine à trouver pour ce terme une référence, ou au moins une signification évoquant l’art dans n’importe quelle langue prédominante ou périphérique, actuelle ou ancienne, vivante ou morte. En vain. Fort de ce constat troublant, je tire alors ma conclusion, ma sanction en fait, la seule possible d’ailleurs : quelque part, quelqu’un, au tout début du temps, a dû être à ce point-là futé(e) pour réussir l’exploit de persuader quelques-uns de ses voisin(e)s les plus demeuré(e)s que par rapport à leurs emmêlements de branches où ils (ou elles) se cachaient pour essayer tant bien que mal de fuir pluie et neige, la misérable hutte faite de limon et de glaise qu’il (ou elle) venait fièrement d’achever était quelque chose d’absolument exceptionnel, et qu’à ce titre il convenait de conférer à cet objet un statut spécial qui soit en mesure de le mettre en évidence par rapport aux autres vulgaires abris tout autour. Et sur ce, il (ou elle) inventa le mot art. Et appela sa cabane DOMVS. Et tout partit de là. Et ses descendant(e)s prirent grand soin de faire en sorte que ce stratagème puisse s’installer dans la durée et se perpétuer jusqu’à aujourd’hui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Subsidiairement, la chaîne étymologique le prouve : <em>art</em> vient du Latin <em>artem</em>, c’est-à-dire “habileté pratique” et la notion est appuyée par ses significations en Proto-Indo-Européen <em>ar(ə)-ti-</em> et en Sanskrite, <em>rtih</em> signifiant «&nbsp;manière, mode&nbsp;», comme en Grec, car <em>artizein</em> veut dire «&nbsp;préparer&nbsp;», lui-même suffixe de la racine <em>ar</em> «&nbsp;adapter ensemble&nbsp;» et apparenté au terme Latin <em>arma</em> «&nbsp;armes&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puisqu’au mépris du nombre abondant d’exemples contraires il ne reste plus un autre choix que celui de considérer l’architecture comme un art, je reviens à la langue, où les termes architecte et architecture ont été déclinés et ont fleuri dans la multitude d’acceptions différentes déjà énumérée. Pour commencer je m’étonne devant l’utilisation du syntagme architecte d’intérieur et l’inexistence de son frère symétrique – l’architecte d’extérieur. Mais restant sur ces dérivés, je cherche – à ma stupeur, sans succès – d’autres variétés qui trouveraient leurs places légitimes aux côtés des précédentes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des substantifs par exemple :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>architecturiste</em> (s.f./m.) – personne qui s’occupe à architecturer, spécialiste de toute structure d’architecture;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>architecturisme</em> (s.m.) – activité de l’architecturiste;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>architecturisation</em> (s.f.) – champ d’activité ou résultat du travail de l’architecturiste;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>architecturalisation</em> (s.f.) – ensemble des rapports sensibles entre l’environnement naturel et l’activité d’architecturisation;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>architecturistication</em> (s.f.) – chaîne de phénomènes complexes et de natures distinctes conduisant simultanément à la globalisation et à la densification conceptuelle d’une œuvre d’architecture;</p>



<p class="wp-block-paragraph">des verbes aussi :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>architecter</em> (v.t./r.) – (s’)activer préalablement à toute recherche de solution entreprise par&nbsp; un(e) architecte;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>architecturiser</em> (v.t.) – coordonner et vérifier les concepts relevant de l’architecture et ceux relatifs à la sécurité en général;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>architecturaliser</em> (v.t.) – aménager le cadre de vie en harmonie avec les caractéristiques du lieu;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>architecturistiquer</em> – adapter un système donné de moustiquaires à une construction;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>architek</em><strong><em>ė</em></strong><em>r</em> – aller au fond des choses lors de l’étude d’un concept;</p>



<p class="wp-block-paragraph">des adjectifs enfin :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>architectisé(e) – </em>qui subit ou a subi la domination d’un(e) architecte, ou qui est ou a été manifestement sous son influence;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>architecté</em> – qui correspond au projet ou à la vision d’un(e) architecte;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>architectant</em> – qui présente des signes d’architecte embryonnaire;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>architecturesque</em> – qui contient ou exprime des éléments ou des traits caractéristiques de l’architecture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour parachever cette analyse il reste à s’occuper des rapports de l’architecture avec la langue, à la lumière de l’énigme – entre temps résolue – qui classe l’architecture dans la catégorie des arts, plus exactement des beaux-arts. Recourant une dernière fois à l’étymologie, sur ce point s’impose le parallèle avec la notion d’artéfact. Comme toute intervention de l’architecte (i.e. comme toute architecturalisation), l’artéfact résulte de l’altération ou de la modification par l’homme – dans le cadre d’un processus artificiel donc – d’une situation naturelle existante. Nous avons ici un terme venu droit du Latin <em>arte</em> «&nbsp;par métier&nbsp;» (qui est l’ablatif de <em>ars</em> «&nbsp;art&nbsp;») auquel s’ajoute l’autre terme latin <em>factum</em> «&nbsp;chose faite&nbsp;», de <em>facere</em> «&nbsp;faire&nbsp;», là encore dérivé du radical Proto-Indo-Européen <em>dhe</em>– pour «&nbsp;mettre en place&nbsp;».</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">*</p>



<p class="wp-block-paragraph">La conclusion vient toute seule, car se retrouvent à présent réunis sous nos yeux tous les composants nécessaires et suffisants pour synthétiser le sens vrai et profond de ce terme complexe : l’<em>ar</em><strong><em>t</em></strong><em>chitecte</em> (s.f./m.) est un chef charpentier muni d’une hache, occupé activement à mettre en place de manière habile, à organiser et à diriger l’harmonie dans son domaine – les beaux-arts.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En fait, je suis un artchitecte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[2 décembre 2018]</p>
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		<title>Le temps ? Mais pourquoi faire ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le CorbeauBlanc]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Apr 2020 19:44:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Parfois je me surprends regard perdu: soit sur notre chien étalé tel un cadavre à même le carrelage du salon, yeux fermés; soit sur la corneille qui semble veiller solennellement et minutieusement sur nous, perchée comme elle est en haut du sapin planté dans notre jardin; soit sur le ballet magique, continu, itératif, des micro-poissons colorés dans l’aquarium. [...]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-right is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>«Alors Jésus lui dit: “En vérité Je te le dis: Aujourd’hui même tu seras avec Moi au Paradis.”»</em></p></blockquote>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph">(Luc, 23,43)</p>
</div></div>



<p class="wp-block-paragraph">Parfois je me surprends regard perdu: soit sur notre chien étalé tel un cadavre à même le carrelage du salon, yeux fermés; soit sur la corneille qui semble veiller solennellement et minutieusement sur nous, perchée comme elle est en haut du sapin planté dans notre jardin; soit sur le ballet magique, continu, itératif, des micro-poissons colorés dans l’aquarium. Et là je ne parle même pas de mon pommier chéri qui fêtera bientôt vingt sept ans d’âge.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À ses 14 ans, on dit que notre chien est centenaire. S’il n’est pas occupé à quémander, bouffer ou inspecter le jardin entre autres pour se soulager, il peut rester de longues minutes immobiles sur le canapé, devant la porte d’entrée, à côté de la cheminée, devant la porte du jardin, ou sur l’autre canapé. Il ne dort pas, il est juste là. Et c’est un peu tout. Quand on revient à la maison, il montre invariablement et ouvertement sa joie. On peut s’absenter un mois entier comme sortir de la maison et rentrer toutes les dix minutes: la joie du chien a été, est et sera toujours la même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De longs moments immobiles la corneille surveille en silence, seule la tête scrute à gauche et à droite. On dirait une sentinelle en miniature, sombre, sobre et vigilante, assignée à son poste. Des voitures passent bruyamment, des motos pètent, la sirène de la police hurle: rien ne la perturbe. Puis, bien des minutes plus tard, du coup elle s’envole. Pas qu’elle ait vu ou senti un danger – pas moi en tout cas – ou que durant son guet elle ait attrapé des mouches pour les lâcher ensuite dans les gosiers béants de ses supposés poussins. Non, elle s’envole juste comme ça. Parce que.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les poissons ? Puisqu’ils baignent depuis toujours dans le liquide de la vie, les poissons n’ont à rendre des comptes à personne. Je crois que se suffisant à eux-mêmes, ils n’ont même pas besoin de s’exprimer, sauf exceptionnellement, par exemple quand ils meurent. Au contraire de notre chien aplati et de la corneille qui vole, ils remuent dans un même va-et-vient sans fin, à se demander quand et comment se reposent-ils pour refaire leurs forces, sinon il faudrait conclure que dès l’origine et à notre insu, on est témoins d’un vrai <em>perpetuum mobile</em> biologique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Notre chien, la corneille, nos poissons, mon pommier, les gros cailloux de mon jardin et la terre sur laquelle ils reposent, tout ce monde vivant ou inerte ne connait pas le temps. Le chien des Baskerville, les corneilles de l’époque de Corneille, les petits et gros poissons de Pieter Bruegel l’Ancien, le pommier du Jardin d’Eden, les gros cailloux des pyramides et la Terre entière ont été toujours les mêmes que tout ce qui nous entoure aujourd’hui. Peu importe que la Terre a tourné sans arrêt et tourne sur elle même des milliards de fois et des millions de fois autour du Soleil.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est bien l’homme qui s’est inventé le temps. Pour lui même, à son propre et unique usage. Pour le meilleur comme pour le pire dirions-nous ? Peut-être ni l’un ni l’autre, mais plutôt parce que n’étant pas chien, pommier ou caillou et ayant inventé des choses à faire et à défaire, l’homme s’est tôt rendu compte qu’il lui manquait un rythme et un plan d’action. Au lieu de pleinement se suffire – comme le reste de la Création – dans la simple essence de l’être pour être, emporté par son agitation inhérente l’homme a donc vite saisi qu’il ne pouvait progresser sur la voie qu’il avait choisie sans un guide censé l’ordonner dans ses gestes et desseins.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À partir de là, tout se déroula assez vite. Après quelques essais balbutiants et infructueux pour définir un rythme et des durées, il finit par se rendre à l’évidence que la succession relativement régulière de la lumière et de l’obscurité, ensuite de la chaleur, de l’humidité, du froid et de la sècheresse, paraissait être le repère le plus fiable, même si guère parfait. L’année sidérale était née; tout ce qui lui suivit – nanosecondes, siècles, jours – ne fut que banale arithmétique. Certes, comme chaque fois lorsqu’un sujet majeur est en jeu, il y eut des disputes sur quel système adopter, mais finalement tout le monde se mit plus ou moins d’accord.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La plupart d’entre nous sommes encore aujourd’hui soumis à cette même invention immémoriale et notre descendance le sera aussi. De guide, le temps s’est petit à petit mû en régulateur, pour finir en dictateur. Ces peu nombreux-là qui lui échappent de par leur propre volonté, nous, la majorité, sommes tentés de les voir comme d’étranges parias vivant en dehors de ce monde que nous nous sommes d’ailleurs fabriqué. En réalité ils sont en dehors du temps. Moines, reclus, alternatifs, ermites, libre-penseurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À fuir. Ou alors, fait plus rare, à observer avec une admiration mêlée d’incompréhension, incrédulité et de perplexité. Parce que pour eux – comme pour le chien, la corneille, les poissons, le pommier, les cailloux du jardin, la terre sur laquelle ils reposent, et opposé à nous autres avec nos mondes multi-dimensionnels – pour ces peu nombreux-là donc, le monde, la vie, n’a (si l’on tient absolument) qu’une dimension, où il n’existe ni temps ni espace, l’autre artifice de l’<em>homo faber</em>. Mais si l’on veut être plus près de la vérité, nous verrons que c’est un monde sans dimension, si ce n’est celle qui mène à l’essence primaire du propre et unique moi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’un côté donc, pied à fond sur la pédale de l’accélérateur, on fait du mieux que l’on peut pour nous débrouiller à l’intérieur de cette construction espace-temps que nous avons héritée mais qui nous sied si mal. Pas assez cependant, puisque nous venons de découvrir comment mélanger espace et temps dans une sorte de magma virtuel d’où je me demande comme on s’en sortira. Alors que de l’autre côté, ces peu nombreux-là montrent que la voie qui libère de la terrible sentence de Virgile <span id="easy-footnote-47-764" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/le-temps-mais-pourquoi-faire/#easy-footnote-bottom-47-764" title="<em>“Fugit inreparabile tempus”.</em> (Publius Vergilius Maro, Georgica, Liber III, 284)"><sup>47</sup></a></span> existe, et que pour l’emprunter il faut prendre la voie du chien, de la corneille et des autres: sortir du temps pour entrer dans l’aujourd’hui éternel.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">*</p>



<p class="wp-block-paragraph">P.S. Inutile de m’avertir: je sais bien que ces pensées n’ont pas inventé l’eau chaude. Pourtant, parfois, on aimerait le croire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[21 avril 2019]</p>
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		<title>La fourmissette</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le CorbeauBlanc]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Jan 2020 20:19:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>J’étais juste occupé aux toilettes lorsqu’en jetant un coup d’œil distrait sur le carrelage du sol je découvris un amour de fourmissette qui s’affairait toute seule à gauche et à droite. Poids ? Probablement autour du nanogramme. Taille ? Environ 0.1803 par 0.0647, mm. [...]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-right is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>“Dieu les bénit en disant: «Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre, rendez-vous en maîtres et dominez les poissons des mers, les oiseaux du ciel et tous les reptiles et les insectes.»”</em></p></blockquote>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph">[Genèse 1, 28]</p>
</div></div>



<p class="wp-block-paragraph">J’étais juste occupé aux toilettes lorsqu’en jetant un coup d’œil distrait sur le carrelage du sol je découvris un amour de fourmissette qui s’affairait toute seule à gauche et à droite. Poids ? Probablement autour du nanogramme. Taille ? Environ 0.1803 par 0.0647, mm. Pour dire. Vingt comme elle se loveraient dans un grain de riz. Je me dis: je dois être un milliard de fois plus grand. Ça donnerait quoi s’il y avait d’autres un milliard de fois plus grands que moi ? Les verrais-je ? Me voit-elle ? Et déjà: a-t-elle des yeux ? Pourtant, si elle est là, à vaquer comme ça, c’est qu’elle doit aussi avoir un cerveau, même que je m’étonne ce qu’elle pourrait bien chercher sur ce carrelage brillant comme un miroir, sûrement pas de la nourriture. Bref, ce cerveau devrait forcément être environ un milliard de fois plus petit que le mien, avec – ou non, va savoir – tous ses boudins blanchâtres qui tournent dans tous les sens autour d’eux mêmes, tous ces filins et toutes ces cellules, tous et toutes un milliard de fois plus micro, si ce n’est davantage. Et – voyons ! – elle doit bien boire et manger. Donc elle a une bouche, gueule, enfin, on a compris. Des dents peut-être pas, mais elles a certainement un estomac. Donc, sans qu’elle ait nul besoin de toilettes comme moi, un derrière pour faire le gros besoin et une espèce de zézette pour le petit. (Sur ce, j’avoue qu’un instant je ne pus m’empêcher d’envisager celle de ces autres-là un milliard de fois plus grands que moi…) Pourtant, vu sa taille, je ne pus voir si la fourmissette était garçon ou fille. Mais je suis sûr qu’elle a (ou a eu) une mère et un père qui ont dû faire zouc-zouc, comme d’ailleurs elle (ou il) aussi, car je ne pus estimer son âge, donc si la maturité sexuelle a été atteinte. À ce stade, ayant achevé mes tâches, je me suis lavé les mains en prenant grand soin de ne pas l’écraser, j’ai éteint la lumière et suis sorti. J’oubliais: lorsque j’ai pensé qu’elle était un milliard de fois plus petite que moi, j’ai aussi pensé qu’il devrait bien y avoir d’autres zeptofourmissettes peut être tout de même pas un milliard de fois plus petites que celle-là, mais en tout cas cent ou mille fois plus petites. Sauf qu’elles je ne peux les voir, donc je ne peux dégager une quelconque réflexion là-dessus. En revanche, eh bien, je me suis rappelé le verset biblique de l’en-tête et pus constater que nous l’avons suivi à la lettre depuis le début. Bon, pour ce qui est des bêtes qui vivent sur terre ferme, nous avons donné un sens plus large à l’ordre divin en y incluant la classe des mammifères. Par la suite et en suivant des raisons strictement pratiques, nous nous somme approchés ou appropriés certains de ces mammifères pour en créer ce que nous avons convenu d’appeler des <em>animaux domestiques</em> (de <em>domus</em> [lat.]: maison), reliés donc – de près ou de loin – à l’habitation. Ceci a permis de les distinguer net des mammifères, poissons, oiseaux, reptiles et autres insectes perdu(e)s dans la nature. Et pour cause, à ces derniers nous avons attribué le nom générique de <em>bêtes sauvages</em>. Enfin, partant de chacune de ces deux catégories, nous avons trié certains spécimens pour en établir à mi-chemin une troisième que nous avons dû confiner dans des enclos ou enfermer dans des box ou des récipients, systématiquement et spécifiquement conçus et organisés. Nous avons donné à ces animaux les noms de <em>bêtes de zoo</em>, <em>espèces d’aquarium</em>, <em>poissons rouges</em> et <em>bêtes de cirque.</em> Parfait, mais quel pourrait être le rapport avec cet amour de fourmissette qui m’a tant ému ? Eh bien, de nombreux pays disposent de lois qui interdisent de maltraiter des créatures appartenant à l’une ou l’autre de ces catégories. Par conséquent, interdiction implique punition si l’on ne respecte pas certaines règles. Bien sûr, des exceptions notables en font partie. C’est le cas de tout ce qui a trait au manger. Omnivore par nature et ayant reçu autorisation de dominer sans distinction les bêtes, l’homme a dressé des endroits, puis des industries, où il tue des animaux domestiques pour se nourrir. D’accord, pas seulement domestiques, car depuis toujours les hommes chassent les bêtes sauvages. Mais dominer sans distinction ne sous-entend pas aussi sans restriction, puisque le droit de mort de l’homme sur l’animal s’arrête net au chapitre du besoin qui lui est imposé par sa propre subsistance. En réalité, loin s’en faut. Loin des situations d’autodéfense, l’homme a pris habitude de tuer ou de torturer l’animal pour et par le spectacle, par la corvée, par indolence, mégarde, dépit ou plaisir. Impunément. D’où lesdites lois, dont l’arrivée à point nommé serait méritoire à plus d’un titre si elles n’étaient pas étonnamment… sélectives. Suivant les pays, tu es d’une façon ou d’une autre en violation de la loi si tu attaches un chien qui aboie (ou non), attrapes une barre de fer et le frappes à mort; si tu saisis un chat qui t’a griffé (ou non), l’accroches par la queue au plafonnier de la cave et le laisses là jusqu’à ce qu’il ne peut plus miauler; si tu arraches le plumage d’un perroquet pour voir s’il résiste au froid nu comme un ver; si tu bloques une chèvre et la sodomises; si tu remplis d’eau froide un aquarium pour observer si les poissons tropicaux s’en sortent; si tu fiches un manche de balai dans un serpent (venimeux ou non), etc… Certes, à moins d’être rongé par les remords au point de te livrer à la police, la loi ne saurait s’appliquer que dans la mesure où chacune de ces barbaries serait au préalable découverte par ou dénoncée à l’autorité, ce qui souvent peut ne pas être le cas. Mais restons-en là. Car en effet de la sélection il y en a. Suivant les pays, ce n’est pas de la cruauté si t’as envie de couper la queue d’un shih tzu style tendance, le coiffer style Louis XV ou punk, ou le mettre à poil; si tu coupes les moustaches d’un chat; si dans les champs tu inondes une galerie de taupes; si tu broies sous les roues de ta voiture un blaireau que tu as ébloui; si tu balayes une mouche sur le pare-brise; si tu fais boire de la vodka 96% à un lapin; si tu mets le feu à un nid d’abeilles sauvages; si tu jettes un scorpion dans un bassin; si tu tires un merle à l’arbalète dans le jardin. Et dans ce cas, si tu écrabouillais une fourmissette sous la semelle ?</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">*</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au juste, jour après jour j’en écrase des milliards. Impunément.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[17 mars 2019]</p>
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		<title>Justice fut faite</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le CorbeauBlanc]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Oct 2019 09:17:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le devenir universel de l’humanité, au temps glorieux du célèbre chef d’État que fut Péricles d'Athènes et bien connu autant par Platon que par Aristote, vécut un autre grand homme, Hypoclaste, initiateur de la démocratie associée à l’hypocrisie. Une fois la démocratie hypocrite découverte, il a vite fait d’adopter pour le restant de ses jours l’alias raccourci qui allait rappeler son rôle: Démocrite, dit d’Abdère. […]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="has-text-align-center has-normal-font-size wp-block-heading">(ou: Comment faire s’attirer les pôles identiques de deux aimants)</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le devenir universel de l’humanité, au temps glorieux du célèbre chef d’État que fut Péricles d’Athènes et bien connu autant par Platon que par Aristote, vécut un autre grand homme: Hypoclaste. Né en 460 av. J.-C. en Thrace orientale au cours des 80<sup>èmes</sup> Jeux Olympiques et mort en 370 av. J.-C. en Grèce, l’on ne le confondra pas avec son autre contemporain Hippocrate de Cos, considéré comme “père de la médecine”. Sa figure est tout à fait singulière, sauf que depuis vingt-cinq siècles, curieusement et injustement, ce remarquable philosophe ne fut – hélas ! – jamais considéré à sa réelle valeur. Car cette place à part ne lui est pas réservée tant en sa qualité d’inventeur, à la fois et de l’atome et du vide, ce qui est déjà suffisamment prodigieux. Non. S’il occupe cette place, c’est parce qu’il fut l’initiateur d’un alliage d’avant-garde, subtil et absolument fondamental pour assurer l’admirable équilibre des sociétés les plus avancées, et que bien après le temps rendit d’ailleurs incontournable: la démocratie associée à l’hypocrisie. C’est ainsi qu’à bon droit et de bon gré, la démocratie hypocrite une fois découverte, il a vite fait d’adopter pour le restant de ses jours l’alias raccourci qui, défiant les âges, allait rappeler son rôle: Démocrite, dit d’Abdère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un grand courage fut nécessaire à notre Démocrite pour oser verser dans une même marmite des ingrédients aussi douteux: pouvoir populaire apparent et intoxication élitaire occulte. Par la suite, il fit preuve d’un vrai génie pour réussir d’installer ce mélange des contraires, où le premier est en pratique rendu caduc par le second. Mais plus étrange encore est de voir que ces deux composants, chacun avec son spécifique, sont pleinement interdépendants: un ne peut exister sans l’autre. Au siècle d’or de la Grèce antique, il s’était écoulé assez de temps depuis que l’homme avait quitté le cocon tribal. Avec ce recul, Démocrite put ainsi observer l’esprit utopique de la démocratie pure. Et de là, conclure que l’homme est de nature trop égoïste pour se la permettre. D’autre part, le long de ses années de recherches, il put lorgner les tyrannies variées de l’époque, avec leurs despotes et les couches d’initiés qui les influençaient en coulisses, au dépens justement des plus nombreux. Ainsi, il en conclut à la variété infinie de genres et d’intérêts propre à l’homme, surtout quand il s’agit de viser certains buts. Alors il mit dos à dos ces deux conclusions et dégagea aussitôt le corollaire: aucune n’allait. Aucune ne pouvait arranger – en même temps – la masse et l’élite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur ce, Démocrite tenta le coup invraisemblable, avec ni plus ni moins que ces deux ingrédients que tout oppose: créer un amalgame unitaire qui, comme tout amalgame, ne peut exister que par la présence de ses deux composants. Dans sa démocratie hypocrite donc, le peuple demande: et des chefs, et des modèles, et qu’on lui dise ce qu’il doit faire, et ne pas l’embêter avec les problèmes de tous les jours, mais le laisser vivre sa vie le plus tranquillement possible. Vice-versa, dans sa même démocratie hypocrite, les dirigeants, élites et initiés qui exercent le pouvoir demandent au peuple: qu’il soit et tranquille, et docile, et assez satisfait de sa condition, et suffisamment ignorant pour ne pas risquer de poser les questions qui dérangent. Par conséquent, la masse est globalement rassurée d’encaisser en toute conscience ce que vis-à-vis la couche éclairée estime qu’il est ou non dans son propre intérêt à elle de faire savoir ou croire au peuple. Il faut donc admettre que le génie de Démocrite se trouve justement dans la vision audacieuse selon laquelle ces antagonismes pourraient en réalité non seulement se compléter, se servir l’un l’autre, mais surtout aboutir main dans la main à un résultat en tous points meilleur qu’en faisant – pour ainsi dire – cavalier seul.</p>



<p class="wp-block-paragraph">CQFD. De la théorie à la pratique, par la suite le génial savant a mis toute son énergie au service de cette idée qui le consommait, pour la faire diffuser – le plus largement possible – et ensuite la voir installée – le plus solidement possible – au point G même de la civilisation de l’époque. Mieux encore, en plus de réussir à combiner deux formules foireuses pour obtenir le miracle d’un étalon performant et stable, le polymath Démocrite eut soin d’habiller cet exploit avec de la matérialité, du concret. Pari gagné. Dans un monde dominé par toutes sortes de petits dieux célestes et invisibles et conduit aveuglement par des tyrans terrestres bien trop présents eux, il orienta les gens vers ce qu’en réalité il y avait de plus important dans leurs vies: eux mêmes. Et la nature autour. Deux quelques-choses que le peuple pouvait toucher, sentir et ressentir. Ainsi, c’est à Démocrite que nous devons aujourd’hui, peut-être même sans nous rendre compte, la montée violente des extrêmes, les fausses vraies nouvelles, l’idée fixe de croissance économique, le blâme des grands prêtres, la solitude au milieu du village global, l’obsession de l’égalitarisme, la folle poussée du sexe, l’expansion du vide artistique, le chant de sirène de l’apostat, la prosternation béate devant la personne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant… Pourtant, malgré cette avancée notable dans l’histoire du fonctionnement de la société, il en a fallu du temps pour que ce concept s’installe et prévaut: plus de vingt siècles ! Au bas mot. Plus de deux milles ans durant et tout en disposant de ce canon idéal offert par Démocrite, les hommes ont pourtant continué à se torturer au sein des autocraties et dévotions les plus diverses, extrêmes et injustes. Et même lorsque cette vision commença à s’affirmer, ce ne fut que par à-coups, timidement, difficilement, lentement, de sorte qu’il fallut attendre le XX<sup>ème</sup> siècle pour la voir devenir réalité. Cent ans plus tard, elle pénètre profondément les sociétés et embrasse la plupart des pays du globe, sans compter bien sûr les régimes autoritaires qui, ci et là, tôt ou tard, seront entraînés par ce mécanisme dans un même mouvement inexorable. Au point que de nos jours, quantité d’aspects propres au modèle optimal de cet immense Démocrite sont devenus si visibles et omniprésents qu’on ne les observe plus: ils sont fondus dans la virtualité quotidienne, désormais sont naturels et font partie de l’évidence. Très probablement c’est ce qui explique pourquoi son inventeur demeure si inconnu. Pour rappeler un exemple, saurait-on qui a conçu la musique ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fait, l’union de son “volet scientifique” avec sa pensée socio-politique révèle l’impact exercé – de près ou de loin sur pratiquement tout ce qui est lié à l’homme et à l’histoire de la vie sur notre planète – par cet esprit universel aussi appelé “père de la science”. Sans Démocrite, des Eucleides, Leonardo, Galileo, Newton, Darwin, Mendeleev, Curie, Einstein, Gagarin, Lem, seraient restés d’illustres inconnus comme tant d’autres et comme tant d’entre nous, depuis toujours et à l’avenir. Il aura mis à mal les Écritures. Il fut le socle lointain des Machiavel, Robespierre, Marx, Goebbels, Roosevelt et Mao. Sans lui, pas de télescope, ADN, produits dérivés, train, Twitter. Il se peut que nul homme n’ait influencé à tel point, durablement, directement et indirectement le tracé de l’humanité comme il l’a fait. En bien ? En mal ? Comment imaginer le monde sans la vision démocrite ? Un monde où tout ne serait pas uniquement chimie, où tout ce qui est vie ne serait pas réduit à ce cortège de fils et filles de l’atome que sont les particules de plus en plus infinitésimales. Et quel visage pour nos sociétés les plus avancées sans le carnage silencieux au sommet de la pyramide des pouvoirs, mais fondé sur l’alliance conviviale, collective et complète de leurs citoyens ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois il y a un sujet discret à réfléchir, encore plus trouble. Brave champion du matériel, de l’évident et du concret d’un côté et féroce pourfendeur de la crédulité, de l’idéal et du vague d’un autre, ces temps Démocrite affronterait un défi énorme. Depuis plusieurs décennies, l’univers rapproché de l’homme – celui-là où il surgit, existe et disparaît – se volatilise. De la virtualisation, la réalité augmentée, l’intelligence artificielle, <em>Second Life</em> digitale au cyberespace qui rend tout possible, cet univers se dématérialise à une vitesse où l’on n’ose plus imaginer le futur. Mais attention: il ne s’idéalise pas pour un pouce, puisqu’il est toujours et à 100% soumis au remous physique, c’est-à-dire matériel, de l’électron – frère de l’atome – le long d’un câble ou via l’espace, réel, lui. Gros dilemme de conscience <em>post mortem</em> donc pour l’érudit Démocrite: à travers une solide matérialité fièrement opposée à l’idéalité classique, aura-t-il mis les bases d’une idéalité matérielle, dont 25 siècles ont dû passer pour qu’elle éclot ? Et dans la foulée de cette révélation, une invention d’égal impact dans son autre domaine favori sera-t-elle bientôt là ? Autrement dit, quelles seraient les chances pour que dans un avenir prévisible l’on puisse assister à la genèse et à l’épanouissement d’une l’hypocrisie démocratique ?</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">*</p>



<p class="wp-block-paragraph">En fin de compte une chose est cependant certaine: nul homme dont l’influence a atteint de telles proportions ne fut si méconnu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À présent et au travers de ces lignes, justice fut faite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[19 mars 2019]<br></p>
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		<title>Couax americana</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le CorbeauBlanc]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Aug 2019 04:57:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>1945 fut un moment charnière dans l’histoire des hommes sur la terre, un jalon établi encore plus largement et solidement que l’année révolutionnaire 1848. Pour faire simple, disons que selon une règle étrange ces dates se trouvent au beau milieu de deux siècles particulièrement chargés en événements politico-sociaux, dont l’image la plus marquante est sans doute celle des guerres. [...]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">1945 fut un moment charnière dans l’histoire des hommes sur la terre, un jalon établi encore plus largement et solidement que l’année révolutionnaire 1848. Pour faire simple, disons que selon une règle étrange ces dates se trouvent au beau milieu de deux siècles particulièrement chargés en événements politico-sociaux, dont l’image la plus marquante est sans doute celle des guerres. Sur ces entrefaites et à partir de 1950, le seul acteur stable qui compte dans ce paysage ravagé sont les États-Unis d’Amérique. Un regard rapide et cru sur le sujet montre que depuis 25 ans ce pays aloue au chapitre militaire autant de moyens et d’argent que le reste du monde et que 70 ans durant il a été sans cesse occupé aux quatre coins du globe dans une quarantaine de conflits de diverses natures, d’envergures, durées et aux résultats variables.</p>



<figure class="wp-block-gallery columns-1 is-cropped wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img loading="lazy" decoding="async" width="960" height="1024" src="https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2019/12/Couax-americana-Dépenses-militaires-2018-960x1024.jpg" alt data-id="572" class="wp-image-572" srcset="https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2019/12/Couax-americana-Dépenses-militaires-2018-960x1024.jpg 960w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2019/12/Couax-americana-Dépenses-militaires-2018-281x300.jpg 281w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2019/12/Couax-americana-Dépenses-militaires-2018-768x819.jpg 768w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2019/12/Couax-americana-Dépenses-militaires-2018.jpg 1000w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px"></figure></li></ul></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Nul individu, formation ou État ne lance un combat, ne s’en laisse entraîner ou n’y participe de quelque façon que ce soit sans avoir de près ou de loin un intérêt direct ou indirect, y compris d’assurer sa propre défense. Cela vaut aussi pour les États-Unis d’Amérique. Toutefois, il existe dans ce cas une singularité de taille et systématique. De surcroît, si les lieux, durées, ampleurs et issues des conflits varient toujours comme déjà montré, en revanche cette singularité constitue le dénominateur commun invariable qui les unit tous. Lorsque ce pays entre dans n’importe quelle guerre, c’est en qualité de chevalier blanc auto-proclamé qu’il le fait, éclaireur et porteur de la bannière pacificatrice, gage de stabilité, pionnier des libertés dont il est le gardien des clés, facteur de prospérité à l’aube d’une démocratie tant attendue.</p>



<figure class="wp-block-gallery columns-1 is-cropped wp-block-gallery-3 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="466" src="https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2019/12/Couax-americana-Dépenses-militaires-par-pays.jpg" alt data-id="574" class="wp-image-574" srcset="https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2019/12/Couax-americana-Dépenses-militaires-par-pays.jpg 1000w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2019/12/Couax-americana-Dépenses-militaires-par-pays-300x140.jpg 300w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2019/12/Couax-americana-Dépenses-militaires-par-pays-768x358.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px"></figure></li></ul></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Peu importe les frais sacrifiés, aussi démesurés soient-ils, tout comme les moyens engagés, aussi effrayants soient-ils, ainsi que le prix humain et matériel envisagé au départ et constaté à la fin. Peu importe les slogans déclamés, aussi ineptes soient-ils. Peu importe les entorses aux règles de conduite entre les États, aussi flagrantes soient-elles. Idem pour les incohérences diplomatiques et politiques, aussi criantes soient-elles. Peu importe l’ignorance du contexte local, aussi ridicule soit-elle. Et la méconnaissance des leçons de l’histoire, aussi pénalisante soit-elle. Idem pour les mystifications visant à créer une réalité parallèle de circonstance, aussi aberrante soit-elle. Peu importe les justifications après une défaite, aussi pénibles soient-elles. Ce sera rebelote à la première occasion qui se présentera, voire, à défaut, qui y sera provoquée.</p>



<figure class="wp-block-gallery columns-1 is-cropped wp-block-gallery-4 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img loading="lazy" decoding="async" width="627" height="750" src="https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2019/12/Couax-americana-Guerres-des-États-Unis.jpg" alt data-id="589" class="wp-image-589" srcset="https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2019/12/Couax-americana-Guerres-des-États-Unis.jpg 627w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2019/12/Couax-americana-Guerres-des-États-Unis-251x300.jpg 251w" sizes="(max-width: 627px) 100vw, 627px"></figure></li></ul></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, même devant ce panorama hallucinant de bassesses, le plus important, c’est-à-dire le plus terrible, n’est encore pas là. J’y suis à présent. En dépit d’un déroulement financier, militaire, logistique et politique cauchemardesque, d’un battage effréné des médias et d’une propagande tous azimuts, forts de promesses bafouées tout comme du mépris pour toute sanction réellement impossible à l’encontre de la seule super-puissance mondiale, les États-Unis d’Amérique n’ont jamais réussi (ou alors cru bon) de vendre la démocratie durable tant glorifiée et d’apporter la paix tant prônée. Loin de là, puisque leurs soldats dupés, déçus et heureux de rentrer au foyer ont en fait décampé laissant derrière eux sans faute un chaos politique et humanitaire pire que celui rencontré en arrivant tel de braves chevaliers blancs libérateurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Revenons au début. Il n’y a pas de guerre sans qu’il y ait des intérêts opposés, qui sont toujours bons (lire: légitimes) pour les uns et forcément mauvais (lire: illégitimes) pour les autres. Et vice-versa. L’idée n’est pas ici de dresser des jugements de valeur sur la validité des intérêts de tel ou tel, ni d’estimer si telle partie a ou n’a pas la qualité de poursuivre un certain but, voire d’agir d’une certaine manière. Sous cette lumière, les choses sont en réalité plus simples et le jeu d’échecs en est le brillant exemple. Le blanc et le noir se confrontant, fut-ce en mode extrêmement violent, cela donne soit un vainqueur et un vaincu par mat, soit alors aucun des deux car il y a armistice, c’est-à-dire remise ou pat. Dans le cas présent, le vainqueur (qui reçoit le prix) domine le vaincu (dont il ne reste que les yeux pour pleurer). Très bien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sauf qu’ici nous ne sommes pas du tout dans ce cas de figure. Car aujourd’hui il n’est plus possible d’envahir un pays parce que simplement il est plus faible, que l’envahisseur se croit supérieur, qu’il en a les moyens ou qu’il a besoin de terrains agricoles, de carburants, de minerais, ou d’accès à la mer. Dès lors, l’attaquant cherche et trouve (sinon provoque) chez le faible ces défauts-là par rapport à ses propres règles de base qu’il peut dénoncer en criant au loup du haut du clocher, ensuite de quoi il les déclare odieux et s’engage à les éradiquer presto. Le comble: il clame se douter et craindre que ces anomalies ne nuisent (in)directement à ses propres intérêts vitaux, ce qui lui donne illico l’occasion de renverser la situation à son avantage, le plaçant en position de faiblesse, lui qui dès lors est contraint d’assurer son autodéfense.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est donc fort de cette faiblesse qu’à présent l’attaquant peut frapper pour se défendre vis-à-vis d’un scénario menaçant qu’il a lui même pris soin de dresser. Un dernier détail: ce faisant, pour s’assurer qu’une telle situation ne puisse se reproduire, il offrira au faible la démocratie et les libertés nécessaires. La morale de l’histoire ? Voici un attaquant qui aura écrasé le faible au nom des principes ci-énoncés, mis la main sur les objectifs matériels qu’il s’était fixés au départ, installé aux commandes les instruments démocratiques de décision (sic!) préparés à cet effet et disparu après avoir chamboulé un pays qu’il retrouvera vite pour lui prodiguer aide et conseil, mais surtout lui vendre tout ce que la réparation exige après un tel gâchis. La <em>“Pax Americana”</em> en bref ? Infamie du processus et ruine des espérances.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">*</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certes, par ci par là, de temps en temps et sans trop y croire, certaines autres vénérables grandes puissances – éteintes depuis – se réclament volontiers aussi de cette méthodologie fondée sur l’abjection et porteuse de désillusion. Sauf que la crédibilité fait défaut. Pour preuve, l’impact des conséquences est loin derrière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parce qu’aujourd’hui il n’y a qu’un seul type de <em>“Pax”</em>, car dans ce paysage ravagé il n’y a qu’un seul acteur stable qui compte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[27 mars 2019]</p>
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		<title>Entre A et Z</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le CorbeauBlanc]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Apr 2019 08:22:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>J’ai été largué dans ce monde à mon point A et - va savoir dans combien de temps - je serai repris à mon point Z. Au point A, entrer en possession d’une automobile neuve à 3 vitesses et peut-être 70 chevaux était souvent un événement qui se fêtait comme il se devait dans le cercle de la famille, voire même au-delà [...]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">J’ai été largué dans ce monde à mon point A et – va savoir dans combien de temps – je serai repris à mon point Z.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au point A, entrer en possession d’une automobile neuve à 3 vitesses et peut-être 70 chevaux était souvent un événement qui se fêtait comme il se devait dans le cercle de la famille, voire même au-delà, et qui avait lieu à un certain âge, car pour se l’accorder il fallait économiser fermement, mais acheter une première occasion était non moins souvent source d’une fierté et d’une célébration à peu près équivalentes. Dans les deux cas, l’heureux possesseur lui réservait un soin unique et la bichonnait assidûment, et pas seulement parce que la garantie d’usine était de 12 mois, par conséquent il la gardait durant de longues années.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au point Z, entrer en possession d’une automobile neuve au double de vitesses (voire plus), au triple de chevaux (voire plus) et bourrée de gadgets économiseurs d’effort jamais imaginés non seulement au point A mais même après, sera une banalité non seulement par suite de leur multiplication et de la sensible réduction du rapport entre le prix de vente et le revenu personnel, mais aussi par la multiplication des formules parallèles de financement, alors qu’acquérir une première occasion ne sera plus source d’émotion pour personne, aussi jeune fut l’acheteur. Dans les deux cas, l’entretien aussi ne présentera déjà plus le moindre intérêt, les garanties s’étalant à l’heure actuelle de 36 à 60 mois, voire 84 ou même 144 mois concernant la carrosserie, soit le double ou le triple du rythme moyen de changement de l’objet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au point A, faire rentrer dans son foyer un premier poste neuf de télévision était souvent un événement qui se fêtait comme il se devait dans le cercle de la famille, voire même au-delà, et qui avait lieu à un certain âge, car pour se le permettre il fallait bien économiser, tandis que la question d’acheter en première un appareil d’occasion en principe ne se posait même pas, car l’acheter signifiait le garder le plus possible, donc des appareils disponibles sur le marché il n’y en avait pas tellement. Pour ce qui est de la diffusion des deux ou trois programmes de l’époque, elle avait lieu à des heures précises, d’habitude plutôt le soir, à travers des écrans bombés noir-blanc pas plus grands qu’une feuille de papier, logés dans des boîtes boursouflées en bois, livrant des images de piètre qualité, mais très souvent c’était l’occasion pour toute la famille de se retrouver transie d’émotion devant le <em>“petit écran”</em>. On savourait ainsi des nouvelles, des émissions d’information ou de culture générale, des films.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au point Z, faire rentrer dans son foyer un premier poste neuf de télévision n’est depuis déjà un moment pratiquement plus possible, car au moins un autre poste y existe déjà, et souvent l’on ne sait même plus depuis quand. Cette situation n’est pas seulement la conséquence de leur multiplication et de la réduction phénoménale du rapport entre le prix de vente de l’appareil et le revenu personnel, mais aussi de la multiplication tout aussi extraordinaire des sources et des moyens de divertissement et d’information. Dès lors, la question de l’éventuelle acquisition d’un appareil d’occasion revêt une importance comparable à celle de l’achat d’une bière. Pour ce qui est de la diffusion des centaines de chaînes disponibles, elle a lieu 365/7/24 sur des écrans ayant la surface d’un lit individuel et l’épaisseur d’un magazine, avec des images en haute définition et en couleur, ainsi que des fonctions annexes jamais imaginées au point A. En revanche, celle de rassemblement de la famille n’existe plus, car dans la règle chacun de ses membres utilise son propre appareil ou gadget équivalent. Pour ce qui est de la nature et du contenu des émissions diffusées, j’ai retenu cette opinion de René de Obaldia (1918 – ) de l’Académie Française : <em>« (…) les crétins ont beau avoir toujours existé, mais avec la télévision – ce chewing-gum de l’œil – ils se sont multipliés »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au point A, faire rentrer dans son foyer un premier appareil neuf de radio était souvent un événement qui se fêtait comme il se devait dans le cercle de la famille, voire même au-delà, car pour se le permettre il fallait lui donner la priorité parmi tant d’autres objets nécessaires, dont tout d’abord le réfrigérateur. Dans la plupart des cas, il s’apparentait à une sorte de meuble ayant les dimensions d’une valise moyenne et était souvent posé sur une table qui lui était dédiée. Généralement, les émissions étaient diffusées sur les ondes longues, moyennes et courtes. Pour rechercher le poste désiré, une certaine habilité était nécessaire, car il fallait tourner à la main, très lentement et attentivement, le gros bouton circulaire de sélection. S’agissant de la diffusion de programmes de musique classique ou de jazz, tout comme les émissions culturelles et d’information, elle avait également lieu à certains moments de la journée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au point Z, faire rentrer dans son foyer un premier appareil neuf de radio n’est déjà aujourd’hui pratiquement plus possible, car à vrai dire cet objet en lui même ne se fabrique guère. Pour être plus précis, après avoir graduellement atteint physiquement la taille d’un paquet de cigarettes puis d’une carte de crédit, l’objet décrit au point A est devenu immatériel, étant remplacé par les mêmes fonctions au sein d’autres gadgets, jamais imaginés au point A. Quant à la diffusion des programmes (typiquement de la musique rock, un peu de classique, avec quelques postes d’information) en pratique elle a lieu sur les ondes ultracourtes uniquement, 365/7/24. Recherchés pour leur aspect désuet par quelques nostalgiques, les objets décrits au point A (suivis par ceux des points B, C…) se retrouvent parfois dans les magasins de troc, d’antiquités ou dans les marchés aux puces.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au point A, faire rentrer dans son foyer un premier appareil neuf de téléphone était souvent une réussite qui se fêtait comme il se devait dans le cercle de la famille, voire même au-delà, car pour en arriver là il fallait déjà bénéficier d’un raccordement, si possible individuel, ce qui n’était pas évident alors que le nombre de lignes disponibles à l’échelle nationale était encore assez réduit. Mieux valait être médecin, pompier, homme d’affaires ou policier. L’objet en soi était gros, lourd, cassant, laid et noir. En règle générale, il disposait d’un meuble dédié recouvert d’un macramé. Placé dans la pièce de jour du logement, il comportait la même fonction unique qu’il avait eu lorsqu’il avait été inventé environ un siècle plus tôt : relier à distance deux personnes, par la parole. Tenant compte des tarifs élevés – voire prohibitifs – des communications, il était utilisé parcimonieusement et presque exclusivement pour les appels à l’intérieur de la localité de résidence. La communication se faisait en mettant l’index dans les trous d’un disque rotatif de l’appareil, ensuite en le tournant afin de composer le numéro d’une centrale où une personne était payée pour établir la liaison entre les deux raccordements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au point Z, faire rentrer dans son foyer un premier appareil neuf de téléphone n’est en pratique plus une réalité depuis déjà un certain temps. Primo, parce que les appareils fixes sont en voie d’extinction, si ce n’est physiquement, en tous cas pour ce qui est de l’utilisation. Donc une telle acquisition relèverait de l’excentricité. Secundo, ces objets fixes ont été remplacés par des appareils mobiles, certains de la taille d’un briquet, le poids d’une balle de golf, résistants, élégants et multicolores. Ils ont gagné l’ubiquité absolue, surtout depuis qu’ils comportent, au-delà d’une fonction basique de communication entre deux ou plusieurs personnes situées n’importe où sur la planète, un nombre sans cesse plus grand de fonctions annexes, jamais imaginées au point A (suivi par les points B, C…). On les retrouve surtout dans les sacs des dames et dans les poches des hommes, tous âges confondus, lorsqu’ils – ces gens, yeux et doigts rivés dessus – ne sont pas en train de se cogner contre un poteau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au point A, faire rentrer dans son foyer une machine à écrire&nbsp; neuve signifiait éventuellement soit que l’un des membres de la famille gagnait sa vie en tant qu’écrivain accompli, soit qu’il occupait une fonction d’une certaine importance. Dans les deux cas, il n’était pas rare que la présence d’une personne spécialement formée soit impérative pour avoir l’utilité de l’appareil, mécanique. Quelle qu’en soit l’explication, le coût élevé était un défi pour le propriétaire. Son emploi supposait certains produits annexes, tels le papier carbone, les rubans encreurs et les lames de rasoir pour d’inévitables corrections. Quant aux caractéristiques physiques, ces machines – la plupart du temps recouvertes d’une housse – avaient à peu près les mêmes dimensions et poids qu’un poste de radio de la même époque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au point Z, faire rentrer dans son foyer une machine à écrire neuve n’est même plus une excentricité, et cela déjà depuis maintenant très longtemps. Ayant passé par différentes phases de perfectionnement (électrique, électronique, hybride), les modèles que l’on peut encore – et éventuellement – trouver sur un rayon perdu au fond de certains – très rares – magasins sont surtout assez petits, assez légers, mécaniques et pas très chers. Ils sont destinés aux joies de certains fantaisistes irréductibles pour un emploi occasionnel, surtout lors de voyages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au point A, parlant de la communication écrite à distance, les hommes utilisaient surtout la vieille poste, s’envoyant l’un l’autre certains textes. Ce mode d’acheminement était la seule différence concrète avec la manière dont les hommes entraient en contact à distance déjà bien avant le temps des sumériens, où les coursiers et les messagers endossaient cette fonction moderne de la poste. On peut donc apprécier avec une marge d’erreur relativement faible qu’au point A la lettre reposait sur une histoire de 5000 ans ou plus. Une des particularités de ce mode de communication spécifique était qu’il offrait l’occasion à certains de briller dans l’art de l’écriture. L’histoire regorge ainsi d’exemples de correspondances célèbres par leur style ou leur substance. Il faut relever aussi qu’autant la rédaction d’une lettre par l’expéditeur que sa lecture par le destinataire constituaient souvent des moments d’intense émotion et que la réponse était attendue en général avec une grande fébrilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au point Z, parlant de la communication à distance, l’objet lettre aura totalement disparu, car envoyer aux antipodes par les ondes même des documents originaux dûment signés sera déjà courant. Quant aux contacts fréquents, d’autre moyens sont déjà depuis un moment à l’œuvre. Ils permettent des échanges instantanés de toutes sortes aux quatre coins de la planète et même avec l’espace. Cette prolifération – voire explosion – de messages coïncide avec la réduction équivalente de leur qualité, que ce soit par rapport au style ou à la substance. Les exemples de textes ineptes, de rédactions inintelligibles et de langages agrammaticaux et asyntaxiques sont légion. Pour ce qui est de leur nature et de leur contenu, j’ai retenu cette opinion de l’auteur italien Umberto Eco (1932 – 2016) : <em>« Les réseaux sociaux ont donné le droit de parole à des légions d’imbéciles qui, avant, ne parlaient qu’au bar, après un verre de vin, et ne causaient aucun tort à la collectivité. On les faisait taire tout de suite, alors qu’aujourd’hui ils ont le même droit de parole qu’un prix Nobel. »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au point A, pour ce qui est de la communication rapprochée, le moyen le plus répandu, le plus commode et – quelque part – le plus personnel, était le petit bout de papier écrit à la main, ensuite plié, replié, et qui se transmettait de main en main. Il était en mesure de transporter une dose relativement élevée de son “soi”, par exemple sous la forme de petits dessins, de minuscules objets glissés dedans, ou d’autres marques particulières à haute valeur émotionnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au point Z, pour ce qui est de la communication rapprochée, le billet personnel plié aura depuis longtemps disparu au détriment des mêmes vecteurs de transmission ci-dessus, puisqu’en effet, s’ils sont en mesure de faire communiquer instantanément des entités séparées par des milliers, voire des millions de kilomètres, il est clair que cette même capacité ne peut qu’opérer encore beaucoup mieux à quelques mètres de distance. Certes, oubliés les petits objets à haute valeur émotionnelle furtivement à glisser dedans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au point A, quant au contacts sociaux, en majeure partie ils étaient constitués par les réunions de famille, les beuveries entre amis, les bavardages de mères promenant leurs bambins et les facéties échangées à la récréation. Ces moyens perpétuaient une habitude qui avait vu le jour lorsque les premiers hommes purent articuler les premiers mots. Il serait donc difficile d’apprécier leur histoire avec une marge d’erreur acceptable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au point Z, quant aux contacts sociaux, deux phénomènes très importants sont à relever. Le premier est leur explosion au-delà non seulement de l’imaginable au point A, mais aussi – et c’est là le plus intéressant – au-delà du besoin, puisque de même qu’on parle de l’art pour l’art, on parle de contact pour l’amour du contact. Le second est leur complète immatérialité. Par l’installation de réseaux planétaires de transmission de données, ils relient n’importe qui avec n’importe qui et maintient chacun de ces quidams dans une solitude absolue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au point A et à propos de ce qu’on mangeait, cela dépendait en grande partie des revenus de chacun, surtout quant à la qualité et au choix, mais la routine se retrouvait un peu partout la même : le matin un petit-déjeuner quelconque, par exemple café, lait, café au lait, tartine, miel, confiture, à midi un repas à trois plats, par exemple soupe, ragoût, compote, le soir un dîner variable et plus ou moins léger, par exemple soufflé ou gratin, thé. Sans le savoir, on était les cobayes du <em>slow-food</em>, tout en étant aussi ceux du <em>good-food</em>. Mais le plus important était qu’à chaque fois la famille profitait de l’occasion pour se retrouver autour de la table, dans la salle à manger ou même à la cuisine. Hormis le temps passé devant le poste de télévision, c’était surtout en ces moments-là que la vie sociale de la famille était la plus intense.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au point Z et à propos de ce qu’on mangera, on ne fera que poursuivre sur la voie de ce qui fut lancé avant même que l’on arrive au point B. Il sera fait impasse sur le petit-déjeuner du matin, un café maximum. Le temps fera défaut, comme à midi d’ailleurs, où le <em>junk-food</em> du <em>fast-food</em> sera avalé soit en voiture, soit sur un coin de la table de conférence ou assis sur un tas de briques. Le soir, le temps pour les courses ayant encore fait défaut et vu que dans l’immense réfrigérateur on ne trouvera toujours rien d’autre qu’un léger frisson glacial faisant frémir les quelques bouteilles de bière, ce sera plus ou moins le même menu <em>fast-food</em> qu’à midi, tout au plus le plat pré-cuisiné réchauffé aux micro-ondes. L’un ou l’autre sera avalé machinalement les yeux rivés sur les dernières frivolités des réseaux sociaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au point A, pour ce qui est de quoi et comment on achetait, cela faisait aussi partie des contacts sociaux et se passait à peu près de la même manière qu’en Mésopotamie au temps d’Uruk, il y a de ça environ 6000 ans. Lorsqu’on manquait de pain, lait, sucre et café, on allait chez l’épicier, l’ami du coin. Lorsqu’on n’avait plus de viande, on visitait l’ami boucher dans sa petite échoppe ou l’air était souvent humide, et ainsi de suite pour le fromage, les fruits, les légumes et le vin. Quand on devait acheter de l’encre, c’était plus bas à la papeterie. Pour les habits, le magasin d’habits, pour les chaussures, les chaussures. Bien sûr, toutes ces choses avaient leur prix, car elles étaient soigneusement choisies par le marchand respectif, du moment que c’était en fonction de la santé de son commerce qu’il vivait bien ou moins bien. Faire les courses, cela revenait donc à un rituel bien rôdé, où l’achat en soi était en même temps support pour échanger des nouvelles sur le voisin, l’enseignant, le maire, le résultat du match de foot et le reste du monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au point Z, pour ce qui est de quoi et comment on achètera, le futur aura commencé bien avant la lettre Z. Dans d’immenses halles de banlieue, aseptiques et uniformément éclairées, on s’aventurera deux à trois fois par mois, en essayant d’éviter le samedi, où le quota d’inconnus par mètre carré dépassera celui des voyageurs dans le métro. Dans de grandes caisses en treillis métal sur roulettes on jettera pèle-mêle pain, lait, sucre, café, viande, fromage, fruits, légumes, vin, encre, habits, chaussures, plus une quantité indéfinie d’objets inutiles. Bien contents d’avoir évité tout accident de circulation avec d’autres caisses sur roulettes, on se propulsera pour payer vers les robots encaisseurs, où l’on pourra constater avec un mélange de satisfaction et de dépit d’une part avoir réussi d’acheter du café sud-américain au même prix du temps de la lettre F, et d’autre part avoir dépensé un huitième du salaire pour l’amas de produits achetés en grande partie sans en avoir besoin, cela sans avoir salué un seul individu. Certainement, ceci en supposant que nous n’avions pas déjà fait l’ensemble de nos achats en quelques clics sur le clavier –&nbsp; tout en conduisant l’automobile à 250 chevaux.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">*</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis, il y a tous ceux soutenant qu’ils suent avec ardeur pour un monde meilleur, ou qu’ils l’ont déjà rendu ainsi. Certes, au point Z il y aura d’autres produits, services, merveilles et gadgets – utiles ou non – jamais imaginés pas seulement au point A, mais encore longtemps après, comme il est clair que plein de bonnes choses dont on se satisfaisait si bien au point A n’existeront plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela reste que résolument partis sur cette voie, il est tout à fait prévisible que les gens ne marcheront toujours pas sur l’eau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[15 octobre 2017]</p>
<p>L’article <a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/entre-a-et-z/">Entre A et Z</a> est apparu en premier sur <a href="https://lecorbeaublanc.me">leCorbeau.Blanc</a>.</p>
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		<title>L’âge des monarques</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le CorbeauBlanc]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Jan 2019 16:31:48 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>À l'heure où l'on ne jure que par la démocratie, le soi-disant "pouvoir du peuple", en réalité on vit des temps clairement contradictoires si l’on juge d’après le nombre et la diversité des "souverain(e)s" que l'on découvre jour après jour : la très garnie famille des rois de la chanson (le roi du rock, du blues, du pop, du folk), le roi de la magie, de la finance, de la drogue, la reine de la glace, des courts, des casinos, de la danse. [...]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">À l’heure où l’on ne jure que par la démocratie, le soi-disant <em>«&nbsp;pouvoir du peuple&nbsp;»</em>, en réalité on vit des temps clairement contradictoires si l’on juge d’après le nombre et la diversité des <em>«&nbsp;souverain(e)s</em>&nbsp;» que l’on découvre jour après jour : la très garnie famille des rois de la chanson (le roi du rock, du blues, du pop, du folk), le roi de la magie, de la finance, de la drogue, la reine de la glace, des courts, des casinos, de la danse. Comme de tous les passer en revue serait trop ennuyeux, place donc uniquement à la reine des reines, la seule, l’unique reine de la route et des deux-roues, curieusement mais si affectueusement appelée <em>«&nbsp;la petite reine&nbsp;»</em> : la bicyclette, alors qu’à vrai dire l’on ne connaît ni la grande ni la moyenne. Si gratifier un chanteur ou un autre, un trafiquant ou un autre, une patineuse ou une autre, d’une des qualités respectives, pourrait éventuellement susciter une certaine controverse, il est certain qu’à travers la personne qui la conduit, la bicyclette – plus répandu véhicule sur terre – règne sans conteste et sans partage sur toute la surface du monde, goudronnée ou non.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Grand Dieu comme c’est logique ! Et mérité. En matière de motricité, elle offre de loin le meilleur rapport qualité/prix du complexe de facteurs qui comptent : vitesse, confort, écologie, manœuvrabilité, efficience. Elle n’impose ni plaques d’immatriculation, ni taxes, ni permis, ni examen théorique, encore moins pratique, donc nul besoin de connaître la signalisation routière. Ses besoins sont notoirement modestes, voire inexistants, que cela soit en termes de places de stationnement, de services, de frais d’entretien, de pneus d’hiver ou de pièces de rechange. Sa fiabilité et sa durée de vie sont tout le contraire – glorieuses : sans tenir compte de l’inéluctable progrès technique, une bicyclette peut braver les générations. Et puis il y a le facteur <em>cool</em>. Une voiture automobile c’est gros, arrogant, agressif, cher, victime de l’obsolescence, ça salit et ça pollue. Une motocyclette c’est brutal, violent, sale, et plus c’est petit, plus c’est bruyant, et ça pollue aussi, quand même. Comme le scooter, d’ailleurs. Une bicyclette, c’est innocent, propre, léger, discret, pratique, sympa et pas cher, encore que dans bien des cas de personnes SDF (sans difficultés financières) ce n’est pas ce critère dernier qui commande. Mais il y a beaucoup plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le (ou la) cycliste roule tout simplement et tout aussi naturellement où il (ou elle) en a envie, sur les routes, les trottoirs, les allées, les chemins forestiers, les sentiers, à travers les zones piétonnes, les passages souterrains, les champs, les campus, les préaux d’école, les ponts des bateaux. Il (ou elle) traverse les passages pour piétons et les passages cloutés, fait du slalom à travers les obstacles provisoires ou définitifs, fixes ou mobiles, est instinctivement évité(e) par les piétons et par les poussettes, n’a pas besoin de connaître les sémaphores, ni les lignes continues. Passer de l’état piéton à l’état cycliste et vice-versa, avec tous les avantages de chacun ? Un simple saut d’enfant. Signaler des mains les changements – souvent instantanés – de direction ? En règle générale, une option à bien plaire. L’essentiel reste que le (ou la) cycliste est en mesure de faire corps commun avec son engin (ou au moins de l’avoir à proximité) partout, dehors comme dedans, dans l’ascenseur, dans sa chambre, dans le bus, dans le train et même dans l’avion. Et la meilleure: sans plaques, le (ou la) cycliste est partout un(e) parfait(e) incognito, qui plus est de nuit, en déboulant les pentes à 20 m/s tout de noir vêtu(e), en mode missile furtif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec ça, la liste des avantages n’est de loin pas close. À l’occasion des escapades collectives, les bicyclettes offrent généreusement la possibilité à des familles entières – parents, enfants et bébés – voire à toute une colonie d’amis, de profiter à la fois et de la mobilité et du plein air, quitte à ce que cela dérange éventuellement, légèrement et momentanément, le trafic. Comme la liberté individuelle est sans prix, elles permettent aux conducteurs – écouteurs sur la tête – de rouler en épargnant leurs deux mains, ou en leur octroyant d’autres tâches, plus en rapport avec la situation. Et ne l’oublions pas : en plein été, par +30°C, elles permettent à ces messieurs d’offrir leurs torses nus à la brise chaude de l’après-midi et aux dames leurs blouses diaphanes ondulant en mode désinvolte sur les poitrines, tandis qu’en plein hiver, par -15°C, les lames acérées mais bienvenues d’un air si pur sont la joie de poumons lassés par de trop longues journées de pollution. C’est que le nez dans le vent, le (ou la)&nbsp; cycliste a le privilège de pouvoir humer en permanence l’air frais tout en pédalant à son rythme, et tant pis pour la file de voitures qui s’allonge derrière, elles n’ont qu’à attendre l’instant où elle pourront dépasser.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, le (ou la) cycliste a maintes options quant à la tendance exacte de mobilité douce dans laquelle il (ou elle) entend s’engager. Pour ce qui est des grandes catégories et sans rentrer dans les détails, il y a le vélo pliable, à cacher dans le sac à dos, pour une indépendance de mouvement totale ; le vélo électrique, qui évite en montée aux moins déterminés de peiner comme Tantale, pouvant ainsi affronter les plus fortes pentes, alors qu’en descente lui permet d’atteindre des vitesses insoupçonnées ; le tandem à un guidon et quatre pédales, pour elle et lui, ainsi que sa déclinaison familiale, toujours à un seul guidon mais à multiples rangées de pédales ; le vélo double (deux vélos identiques disposés en parallèle et reliés par une barre rigide) ; le vélo pourvu de siège à l’arrière pour bébé ou enfant, et la variante plus confortable avec remorque, toujours pour bébé(s) ou enfant(s) ; le vélolit qui permet de rouler en position de repos, allongé sur le dos, à contempler le ciel ; le carvélo, grand suppositoire ovoïdal à pédales et sur trois roues, qui garde à l’abri du mauvais temps et donne la possibilité par exemple d’aller à une réunion ou au concert sans devoir s’équiper comme pour la Route du Rhum ; il y a le vélotruck, qui permet de transporter des colis encombrants et des charges considérables ; l’unicycle, qui est un vélo – évidemment – à une roue, dont il n’a pas été trouvé une utilité spécifique à part peut-être celle liée à sa taille réduite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il convient aussi de savoir que cette famille royale compte en réalité moult princes, princesses et autres nobles engins non (ou très faiblement) motorisés, à une roue ou à deux. Ce sont les rollers, les skateboards (électriques ou non), les vélomoteurs, les trottinettes (électriques ou non), les gyropodes, les gyroskates, les gyroroues. Chaque membre de la famille bénéficie des mêmes avantages déjà énumérés. Célibataire (il n’y a pas de roi), la petite reine demeure cependant et incontestablement la souveraine absolue de son monde, rien que pour être en mesure de couvrir la majorité des besoins et des cas auxquels est confrontée la personne qui l’enfourche. De surcroît, elle porte fièrement une riche histoire qui manque à sa parenté, histoire bâtie sur l’édifice foisonnant des légendes, érigé – lui – sur toute une série d’exploits empilés les uns au dessus des autres et qui ont marqué les temps : Fausto Coppi, Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault, Miguel Indurain, Lance Armstrong… non-non, tout de même, pas Lance Armstrong. Et tant pis pour ces esprits bassement cyniques qui s’en moquent (tel ce comique français disant à propos du <em>“Saint Graal”</em> de la bicyclette – le Tour de France – qu’en fait il s’agirait d’une bande d’ivrognes regardant passer une bande de drogués !).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parlant de riche histoire, comment serait-il alors possible d’omettre la fonction de magnifique vecteur de mémoire attachée aux roues de cet objet hors pair ?! Ne porterait-il pas fièrement la vertu de nous replonger exactement et directement deux cents ans en arrière, soit en plein exil de Napoléon I<sup>e</sup> sur l’île de Sainte-Hélène ? Essayons d-imaginer : en ces temps-là, les voitures automobiles telles que nous les connaissons depuis un peu plus d’un siècle n’étaient encore que des machineries infernales à vapeur en état de gestation prolongée, sortes de centrales thermiques sur quatre roues de chariot. La motocyclette ? Oh, s’étalait devant elle bien plus qu’un demi-siècle avant que deux Allemands ne proposent un tel machin approximatif, qui plus est en bois.</p>



<figure class="wp-block-gallery aligncenter has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-5 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="698" data-id="591" src="https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2019/12/Lâge-des-monarques-Draisine-1.jpg" alt class="wp-image-591" srcset="https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2019/12/Lâge-des-monarques-Draisine-1.jpg 1000w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2019/12/Lâge-des-monarques-Draisine-1-300x209.jpg 300w, https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2019/12/Lâge-des-monarques-Draisine-1-768x536.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px"></figure>
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<p class="wp-block-paragraph">Maintenant il faut néanmoins reconnaître pour la personne sur la bicyclette un certain nombre d’accommodements impératifs : relier un point à un autre (maison-travail, travail-maison, etc) souvent à une vitesse moindre par rapport à celle des véhicules autour, ce qui implique prendre son temps, même qu’à la fin et à force de s’y faufiler partout, n’importe où et en totale impunité, ou rouler entre les files, ou sur les trottoirs, ou à contre-sens, ou sur la partie qui lui est réservée sur le carrossable, le gain de temps en ville peut être considérable. D’accord, le (ou la) cycliste n’aime pas spécialement la pluie et la neige, mais franchement, qui les aime ? L’automobiliste et le motard savent bien que lorsque la saison froide approche, c’est le portefeuille qui se met à maigrir. Le (ou la) cycliste en revanche doit simplement s’équiper – bien, il est vrai, mais une seule fois pour toutes : pèlerine imperméable, si possible à capuche, éventuellement doudoune, pull, sur-pantalons imperméables, bottes, éventuellement sur-bottes imperméables, gants, foulard, bonnet ou cagoule, éventuellement masque de ski. Ainsi préparé, il affronte le plus extrême des climats, avec – à la clé – les mêmes avantages déjà présentés. D’accord, rouler à bicyclette expose ; le cycliste est moins bien doté en cas de choc. Mais seulement en théorie, car en réalité, par une alchimie subtile, cette fragilité engendre un phénomène parfaitement opposé : elle le protège, à travers la crainte de tout conducteur de véhicule motorisé qui n’a qu’une obsession – veiller pour en aucun cas ne mettre le moins du monde en danger le (ou la) fragile cycliste, ne serait-ce que virtuellement, sous peine d’être sanctionné sur le champ et sans appel. De victime potentielle, voici donc le (ou la) cycliste mué (e) en générateur de vigilance, et sans le moindre effort de sa part. Il convient d’ajouter l’attention accrue que le (ou la) même cycliste génère en pédalant furtivement – comme nous l’avons vu – de jour comme de nuit, sans phare, stop, catadioptre et clignotant. Et la plupart du temps sans casque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Afin de ne pas perturber l’essor de cette autre autonomie qu’est la nouvelle vague de mobilité douce, certaines mesures s’imposent. Dans une ville comme Anvers, il est recommandé aux piétons de ne pas croiser par inadvertance le couloir réservé aux vélos, sous peine de se faire violemment éjecter par les usagers circulant dans leur droit. Dans une ville comme San Francisco, la plus extrême des prudences est de mise, au risque de se faire tamponner sans ménagement par des vélos qui déboulent à grande vitesse sur les trottoirs en forte pente.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">*</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entourée par sa nombreuse famille et à travers ses multiples déclinaisons, la petite reine a conquis et règne donc sur tous les reliefs et toutes les surfaces plus ou moins dures et solides de la terre. C’était en faisant l’impolitesse d’oublier l’espace et le cher Eliott, 10 ans, envoyé dans les airs sur son vélo il y a 35 ans de ça, son petit ami E.T. installé sur le guidon, dans le film américain du même nom, œuvre du metteur en scène Steven Spielberg.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Seul absent et pour cause patiemment attendu : le véleau.</p>



<figure class="wp-block-video"><video autoplay controls poster="https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2019/01/Lâge-des-monarques-Lousy-bicycle-2.jpg" src="https://lecorbeaublanc.me/wp-content/uploads/2019/01/Lâge-des-monarques-Lousy-bicycle.mp4"></video></figure>



<p class="wp-block-paragraph">[12 novembre 2017]</p>
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		<title>IA vs BN (2/2)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le CorbeauBlanc]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Oct 2018 14:13:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>[...] À présent, pour faire le tour et répondre à la question de mon copain, je me tourne vers la bêtise naturelle, la BN, et je me rends compte que je prends immédiatement tout aussi peur. [...]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">[…]</p>



<p class="wp-block-paragraph">À présent, pour faire le tour et répondre à la question de mon copain, je me tourne vers la bêtise naturelle, la BN, et je me rends compte que je prends immédiatement tout aussi peur. Même pas vrai, car en fait cette peur est vieille comme le monde.<span id="easy-footnote-48-222" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/ia-versus-bn-2-2/#easy-footnote-bottom-48-222" title=" En tout cas depuis au moins 3000 ans, puisque déjà Salomon, sage et vertueux roi d’Israël, s’inquiétait ouvertement dans son premier ‹ Livre des proverbes › : ‘Combien de temps encore, étourdis, allez-vous aimer l’étourderie ? Les insolents n’aspirent qu’à l’insolence, et les insensés refusent la connaissance !’ (22) et aussi ‘L’indocilité des étourdis leur sera fatale, et l’insouciance des insensés les perdra.’(32)"><sup>48</sup></a></span> Comme la bêtise naturelle. C’est la grande différence d’avec cette toute jeune diva qu’est l’intelligence artificielle. La seule d’ailleurs, je crois. Non, faux, il y en a encore une autre: au fil des siècles, la bêtise féroce a fait ses preuves en abondance, alors que pour cette intelligence fabriquée-là, certains espèrent encore trouver les moyens adéquats pour la contenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sauf erreur, il n’existe pas de statistiques ou d’études systématiques traitant de la sottise, ni d’ailleurs des graphiques de son évolution dans le temps, ni des cartes de sa répartition dans l’espace, ni les classements habituels par catégories (âge, sexe, race, religion, appartenance politique, etc), encore moins de comparatifs. Pour être précis, il ne s’agit pas ici d’inspecter un certain degré de stagnation culturelle, ou la difficulté d’intégration d’un individu dans son environnement humain. Il n’est pas question de la simplicité d’esprit prônée par le christianisme. Ce qui intéresse, ce n’est pas le niais, ce n’est pas l’idiot dostoïevskien. Pour reconnaître cette bêtise-là, non plus est-il question de la rapporter à une quelconque mesure des facultés mentales, à une échelle du si précieux quotient intellectuel (QI) : l’on peut y être pas si mal situé et néanmoins profondément bête.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ici, le sujet est la bêtise sincère et tenace, celle qui s’affiche. Si de surcroît elle s’accouple avec l’ignorance arrogante, solide et stable, le mélange est létal. Cette bêtise-là, si effroyable, dépasse la définition lexicale, qui ne fait que se concentrer sur le niveau intellectuel de l’individu. Elle est un ensemble de facteurs plutôt volatiles, parfois conjoncturels, où les ressources mentales jouent clairement un rôle, mais pas plus. Pour le reste, ce sont toutes sortes de clichés, de refus, d’automatismes, de certitudes, souvent mêlés à des traits douteux de caractère, à de profondes frustrations, qui opèrent et font des ravages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si la bêtise est modestement promue au firmament médiatique, cela est dû probablement à des motifs aussi valables que le respect de la personne, son risque d’exposition sociale, ou bien le danger légal. En revanche, la culture populaire en raffole et, sur la question, les sentences attribuées aux esprits les plus brillants ne manquent pas.<span id="easy-footnote-49-222" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/ia-versus-bn-2-2/#easy-footnote-bottom-49-222" title=" Dont celles-là, délicieuses, au hasard: &amp;lsquo;Seulement deux choses sont infinies : l&amp;rsquo;univers et la bêtise de l&amp;rsquo;homme, et je ne suis pas sûr pour la première.&amp;rsquo; (Albert Einstein) et &amp;lsquo;Le problème avec le monde est que les sots sont auto-suffisants et les intelligents sont remplis de doutes.&amp;rsquo; (Bertrand Russell), ainsi que cette rime, tirée de la sagesse populaire &amp;lsquo;Si le sot n&amp;rsquo;est pas fiérot, il n&amp;rsquo;est pas tout à fait sot.&amp;rsquo;"><sup>49</sup></a></span> Pourtant – et justement – c’est une donnée fondamentalement scellée dans le genre humain. C’est la carence ou l’absence de raison – si fréquentes – par rapport à un événement, une série d’événements ou un fait quelconque, animé ou non, réel ou virtuel, sur une échelle sans degrés, mais pour ainsi dire sans fin. L’effet est dévastateur aussi bien au niveau individuel qu’à celui collectif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les exemples <em>«&nbsp;historiques&nbsp;»</em> ne manquent bien sûr pas. Cependant, par commodité, on ne s’en occupera pas, car à notre époque et dans la vie de tous les jours, il y a assez de cas qui retiennent l’attention, très souvent par leur prodigieuse originalité. Certains glacent le sang.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et d’un. Cette retraitée irlandaise est délestée des économies d’une vie par des filous africains. À force de messages qui sentent le moisi à la ronde, ils se font passer pour les proches d’un ancien soit-disant ministre du pétrole au nom bien autochtone, lui. L’ex-ministre, vieux, droit, gentil, déchu, malade, incarcéré, voudrait léguer son avoir – rien que 28 millions de dollars américains – à sa famille, si ce n’était la dictature au pouvoir qui y lorgne aussi. L’argent se trouve dans une respectable banque à Londres. Évidemment, pas moyen pour le ministre d’en disposer, encore moins pour ses proches. Un tiers extérieur pourrait en revanche y accéder, moyennant une série de codes que lesdits proches au début et la banque ensuite lui transmettraient. Étant donné que son identité n’a pas été choisie au hasard, mais pour son intégrité bien connue et son grand cœur, ils lui demandent de les aider pour récupérer cet argent. Comme récompense pour ce dérangement, ils lui offrent une commission de 10% sur cet avoir. Seul petit détail: afin de se voir remettre ce pactole, la procédure de la banque veut que grand-mère s’acquitte d’une modeste taxe transactionnelle préalable de 0.025%. Ce sera le premier pas ; d’autres émoluments, taxes, commissions et pénalités de retard suivront pour un total de 148320 euros, jusqu’à ce que la cyberpolice bloque l’arnaque, sauvant ainsi les derniers 7552 euros de grand-mère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et de deux. L’heure est là pour cette <em>rock-star</em> planétaire. Il a beau avoir exalté trois générations de fans, à 70 ans passés n’importe qui peut bien être rappelé pour rendre les plaques. Sa disparition entraîne des effets en chaîne. L’incrédulité totale pour commencer. Admettre qu’un demi-dieu puisse être mortel, c’est impossible, puis impensable, puis très difficile, puis… Bon, après tout on l’admet, mais… Mais ça va quand même pas. Le vide est trop profond, l’injustice trop criante, personne n’a été prévenu, c’est insupportable, invivable. Plus de cinq décennies qu’on s’en nourrit, une vie d’homme. Dans de tels cas, ce qu’il faut faire c’est ne pas se laisser abattre. Résister, s’organiser. Croire. Alors les fans se mettent à prier. Quelques-uns au départ, puis, réseaux sociaux aidant, le cercle s’élargit considérablement. Ils prient autant pour le demi-dieu que pour eux-même. Et ça prie, ça prie, mais à l’évidence ça ne suffit pas. On ne prie pas assez ? On ne se concentre pas assez ? On le fait en ordre dispersé ? Le fait est que le résultat n’y est pas. Et le résultat ne peut être autre que restituer l’idole – vivant – à ses fans. Du coup, sur la lancée d’autres précédents fameux, la suite logique et de lancer en ce sens une énergique pétition à Dieu pour faire état de la détermination des fans. Chose dite, chose faite : des milliers s’y joignent, mais les fans sont toujours en attente du résultat, car le demi-dieu continue d’être mort.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et de trois. Avec plus de 200 sauts à l’élastique à son actif, l’aventurière n’a plus grand chose à prouver, à son entourage, à ses followers, et jusqu’à elle-même. Cela a commencé prudemment à 50 mètres, pour progresser à 100, jusqu’au plus récent saut à 171 mètres. Elle a presque tout fait : le saut normal, arrière, toucher l’eau, les yeux bandés. Plusieurs fois elle a eu l’honneur du <em>‹ Guiness Book of World Records ›</em> pour divers exploits. Mais à 28 ans, l’ennui la guette déjà. Puis un jour, au cours d’un repas entre amis, quelqu’un lui glisse l’idée lumineuse : laisser de côté de vaines prouesses, enrichir le vocabulaire de cette activité, explorer de nouvelles voies, ennoblir la discipline aussi qu’un geste devenu routinier. « Eurêka ! » Quelques semaines d’entraînement et une demi douzaine de plongeons plus tard, elle est fin prête. Notaire, envoyé spécial du Livre des Records, famille, amis, collègues du club, autorités locales, presse –&nbsp; l’excitation est à son comble autour de ce nouveau défi : munie d’une fourchette, plonger à 150 m, viser l’émincé de veau dans l’assiette posée par terre, et la vider au rythme du va-et-vient élastique, évidemment avant l’arrêt complet. Une première tentative rate, parasitée par l’envol inopiné d’une nuée de corneilles, indifférents aux exploits humains. À la seconde elle triomphe enfin, et son ultime challenge est aussitôt homologué. Comblée, elle se retire dans un buisson voisin pour rendre l’émincé à mère-nature.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et de quatre. Au comté, la MAN (Milice Armée Nationale) est aussi connue que redoutée par les habitants. Cette formation, chef en tête, fait régner l’ordre et fait pas de quartiers. Pour lui, c’est blanc sur noir: blanc égal bon, noir pas égal bon, le blanc, c’est la vie, le noir, c’est la mort. Alors cette nuit, ils sont trois – lui et deux barbouzes – à patrouiller comme à l’habitude. Soudain, une scène dans la rue. Au volant, une dame de couleur, cadre d’une banque de la région. Elle vient d’accrocher – sans gravité – un jeune touriste scandinave, genre hippie, clairement high. Entre milles excuses, la dame essaie de redresser le jeune, affalé. Rue vide, ville calme, aucun témoin. man se saisit du cas. Les barbouzes coincent la dame. Le chef au jeune: « Ça va ? Vous êtes blessé ? » Le jeune, confus: « J’ai fait pas exprès. » « Oui, mais êtes-vous blessé ? » « Oui, non, je m’excuse. » La dame: « Il a bondi et a buté contre… » Le chef: « Ta gueule, (au jeune) vous avez mal ? Allez, debout, doucement. » Le jeune: « Oui, monsieur, excusez-moi… » « Mais y a pas à s’excuser, allez… » Le jeune, effrayé: « Merci, vous allez m’arrêter ? me tuer ? » Le chef rit, puis sérieux : « Mais non, <em>cool</em>, ici on n’arrête que le négro, on ne… » « Ah…» «… oui, on ne tue que les bêtes de négros » « !! » « Mais oui, c’est comme les bêtes, ils n’ont pas d’âme, et les femelles n’ont que le quart du cerveau des mâles, alors voyez ? ». Le jeune, perplexe mais soulagé : « Ah. » Le chef: « Je vous assure. Allez, debout, vooiiilà, (au barbouzes) et embarquez-moi la cochonne. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’est pas très étonnant que la quantité, l’étendue et la <em>«&nbsp;richesse&nbsp;»</em> des cas affligeants qui sont liés aux abysses de la bêtise naturelle dépassent celles des exemples consternants d’intelligence artificielle. On l’a bien vu avant : pour celle-ci, ce n’est que le début.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et de cinq, un dernier. Deux personnes, inscrites en tant qu’artiste au registre d’état civil, sous la rubrique profession, et qui partagent la même singularité: elles ne se revendiquent d’aucun domaine de l’art, de sorte que chacune se confond avec son domaine respectif. La première est un homme. L’originalité de son expression créatrice s’exerce à travers l’anus, d’où le nom de sa passion : artanus. Nu comme un ver, il s’introduit donc dans le rectum divers produits agricoles, entiers ou pré-tranchés, crus ou semi-préparés : bananes, cornichons pelés, carottes cuites, aubergines naines, tomates San Marzano, tranches de pastèques, de melons, d’ananas, de pomélo, etc. Ainsi équipé et dos à un mur, avec des mouvements calculés il écrase le produit respectif contre le crépis vierge. Le choix de végétaux pour une création donnée dépend de l’inspiration du moment. Un voile semi-transparent sépare le créateur du public devant; il est ôté une fois l’œuvre achevée. Par ses productions, l’artiste est présent dans plusieurs haut-lieux des capitales occidentales. La seconde est une femme. Son originalité s’exprime au moyen d’excréments, d’où le nom de sa passion : scatart. Sa matière première sont les déjections animales et humaines. Lorsque le volume d’excréments (bouses, fientes, guano, fèces et autres crottins) qu’elle ramasse est suffisant, en permanence munie du masque à gaz elle mélange avec soin la gadoue aux urines récoltées durant ses aisances, pour obtenir cette espèce de pâte à modeler qui lui sert pour travailler. Les objectifs dépendent de l’inspiration du moment. Cela peut être des tirs nocturnes de scatoboules sur des murs, avec des résultats un peu façon artanus ; des miniatures séchées ; des objets décoratifs passés au four (vases, supports, plateaux) ; des accessoires urbains, etc. Ses œuvres se trouvent dans quelques unes des plus importantes collections.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que dire ?!.. Peut-être juste se demander si la BN caractériserait seulement les principaux acteurs de ces histoires, ou alors, dans certains cas et au même titre, le cercle plus ou moins large de ceux avec qui ils interfèrent. Réponse: la bêtise naturelle simple, unitaire, est déjà hideuse, mais alors quand elle devient polycéphale, c’est carrément la hydre de Lerne. On pourrait encore se poser la question si, dans certains cas également, il ne s’agirait point de l’ânerie la plus crasse, mais plutôt d’extravagance, de loufoquerie… Autant alors penser qu’en plein concert, lancer <em>«&nbsp;pour rigoler&nbsp;»</em> un pétard depuis la galerie d’un auditorium comble pourrait passer pour une blague.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">*</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces quelques exemples de BN donnent le vertige, tout comme ceux d’IA. Dans les deux cas, on voit qu’il est parfaitement inutile de torturer le cerveau pour tenter de pénétrer ces extrêmes. Toutes les situations dépassent l’entendement commun, il suffit donc d’y rester prostré chocolat. Pourtant, ils procèdent de prémisses diamétralement opposées. Alors des analogies flagrantes font aussitôt penser à d’autres formes de manifestation de ce que l’on appelle <em>coincidentia oppositorum</em> (l’unité des contraires) : par exemple certains pans des idéologies politiques d’<em>«&nbsp;extrême-gauche&nbsp;»</em> et d’<em>«&nbsp;extrême droite&nbsp;»</em>, ou alors le cercle chromatique, qui voient les extrêmes – ou les contraires – se rejoindre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur la base de ces constats et conclusions, je peux enfin répondre avec une certaine assurance à l’interrogation apparemment anodine, candide, frivole, de mon copain Zoubïn: ‘IA est plus dangereuse que BN ??’ Non, définitivement non, l’IA et la BN sont tout aussi dangereuses l’une que l’autre. Sur une échelle sans fin. À la différence de la bêtise naturelle, produit de la… nature, voyons, contre laquelle – du moins en principe – l’homme n’y peut rien, l’intelligence artificielle est le pur produit de l’homme lui-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Retour donc au slogan de Lénine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[12 novembre 2017]</p>
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		<title>IA vs BN (1/2)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le CorbeauBlanc]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Oct 2018 09:21:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Essais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>[...] L'intelligence artificielle, ou IA, on s'en prépare depuis en tout cas déjà deux siècles, avec la créature développée par le docteur Frankenstein, puis les choses se sont accélérées après la première guerre mondiale avec l'essor de la science-fiction, puis après la deuxième avec le progrès fulgurant de la puissance de calcul. [...]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Il n’y a pas si longtemps, on pouvait lire dans certains journaux que l’ancien jeu de go, très répandu car très apprécié surtout en Extrême-Orient, autorise plus de mouvements qu’il n’y a d’atomes dans l’univers. Cela dit, le sujet est disputé, ce qui est assez logique, vu ce dans quoi les scientifiques se lancent, mais pour ne donner qu’un ordre de grandeur, on estime à 10<sup>82</sup> le nombre d’atomes d’hydrogène existants dans l’univers OBSERVABLE, dont on pense qu’il ne représente qu’environ la moitié de l’univers CONNU ! Pour ce qui est de l’univers tout ENTIER… <span id="easy-footnote-50-216" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/ia-versus-bn-1-2/#easy-footnote-bottom-50-216" title="(<a href=&quot;https://www.universetoday.com/36302/atoms-in-the-universe/&quot;>https://www.universetoday.com/36302/atoms-in-the-universe/</a>.) "><sup>50</sup></a></span> Bon. Évidemment, lorsque l’on prend connaissance d’une telle information, essayer de se fatiguer l’intellect en faisant l’exercice mental d’élever cette indication à la hauteur de la conscience clairvoyante n’est même pas nécessaire. Au niveau moyen de perspicacité, cela laisse 100% chocolat, et rester simplement prostré quelques instants convient amplement. Juste peu-être le temps pour ce pauvre amas de cellules molles qu’est le cerveau de saluer bien bas la performance du génie humain, car en créant ce jeu avec autant de possibilités, son inventeur a du coup réussi de battre à plate couture le Créateur lui-même, avec Sa performance bien connue de connaître par cœur le nombre de cheveux que tout quidam présente à n’importe quel moment sur sa tête. <span id="easy-footnote-51-216" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/ia-versus-bn-1-2/#easy-footnote-bottom-51-216" title=" «Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés.» Mat. 10,30."><sup>51</sup></a></span> Un ordre de grandeur aussi pour ce nombre ? En considérant, sur les derniers 12000 ans, une moyenne de 100 millions d’individus par génération, on n’obtient que le nombre estimatif de 5×10<sup>15</sup>… <span id="easy-footnote-52-216" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/ia-versus-bn-1-2/#easy-footnote-bottom-52-216" title="(<a href=&quot;https://en.wikipedia.org/wiki/World_population/&quot;>https://en.wikipedia.org/wiki/World_population/</a> et <a href=&quot;https://answers.yahoo.com/question/index?qid=1006011303909&quot;>https://answers.yahoo.com/question/index?qid=1006011303909</a>.) "><sup>52</sup></a></span>Ce qui, multiplié par le nombre de quidams et par celui des générations depuis Adam et Ève, donne quand même une sacrée idée de cet exploit. Finalement pourtant un piètre exploit, force est-il de l’admettre, puisqu’il demeure au stade de l’angström eu égard celui du nombre de coups dont est capable ce fichu jeu. Il va sans dire aussi que tâcher de se demander qui, en combien de temps et par quels moyens aura pu compter ne serait-ce qu’approximativement le nombre total de ces atomes (bien sûr en supposant qu’il soit stable), ceci en passant nécessairement par le nombre –&nbsp; déjà faramineux – de corps célestes, et en même temps disposer de la quantité nécessaire de chiffres pour le figurer et l’écrire – eh bien, on a vite deviné le caractère illusoire d’une telle démarche. En fait, pour boucler cette partie de l’histoire, ces articles racontaient la prouesse d’un programme pourvu de ce qu’on appelle intelligence artificielle, qui avait réussi pour la première fois d’écraser le champion absolu de la discipline. Tout dépités, en proie à ces réflexions barbantes, nous tournions les pages de ces journaux-là et passions à l’article suivant. Mais l’exploit avait de quoi marquer. En tout cas, je l’avais retenu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour preuve, quelques après-midi en arrière, en rencontrant Zoubïn, copain de longue date, assureur, ascendance iranienne et suisse, après avoir discuté affaires et avant de nous quitter, je lui parle de ce jeu de go et de sa particularité numérique ahurissante. À ma surprise, mon copain ne semble pas autrement ému par cette précision, visiblement nouvelle aussi pour lui, et fier de ses racines perses, il me rend aussitôt attentif au jeu d’échecs. (Au passage, il faut se rappeler qu’entre la Chine, le Japon, l’Inde, la Perse et le monde arabe, l’origine de ce jeu abstrait de stratégie reste également controversée. Et en effet, après vérification, je découvre l’inconcevable: 10<sup>120</sup> parties différentes sont possibles avec ce jeux !… Sacré Zoubïn, il devait en savoir lui quelque chose, par avance… Mais l’histoire ne s’arrête pas là.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ni plus ni moins que le lendemain matin, je tombe sur un autre article de journal, avec le titre ‘Nouveau succès au jeu de go pour l’IA’. Et là, je lis quelque chose comme quoi après environ 5 millions de parties contre lui-même, une nouvelle version du logiciel qui avait battu le champion humain du monde par 4 à 1 il n’y a pas si longtemps, vient d’écraser justement cette ancienne version-là par 100 (cent) à 0 (zéro) , la nouvelle version étant capable d’apprendre par elle-même, donc sans apport humain. Totalement déstabilisé, je slalome sidéré sur internet et, au gré de cette trifouille, boum ! je découvre qu’encore un tout autre logiciel avait battu le champion du monde d’échecs il y a 20 ans déjà… Un jeu à plus de 10<sup>82</sup> coups dompté hier par un logiciel, un autre jeu à 10<sup>120</sup> parties apprivoisé 20 ans en arrière par un autre logiciel (on n’ose imaginer à quel point vétuste aujourd’hui) : cette intelligence-là, il faut vraiment s’arrêter dessus un instant, me dis-je.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais en attendant, je reprends un peu de mes forces, et j’envoie cette nouvelle toute fraîche concernant le jeu de go à mon copain, vous savez, histoire de. Et là, quelle n’est pas ma surprise en lisant quelques moments plus tard sa réaction interrogative : ‘IA est plus dangereuse que BN ??’. Au tout premier coup, je n’y comprends rien. <em>(«&nbsp;Quel rapport entre l’intelligence artificielle et la Banque Nationale ?!&nbsp;»)</em> Fort heureusement, il avait anticipé ma stupeur, en ajoutant plus bas : ‘BN = Bêtise Naturelle’. Mais bien sûr ! En un éclair tout devient limpide comme l’eau d’un glacier suisse fondu. Involontairement, Zoubïn vient de me servir sur un plateau, toute préemballée, l’idée de ma prochaine épouvante. La voilà, ci-après.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">*</p>



<p>L’intelligence artificielle, ou IA, on s’en prépare depuis en tout cas déjà deux siècles, avec la créature développée par le docteur Frankenstein, puis les choses se sont accélérées après la première guerre mondiale avec l’essor de la science-fiction, puis après la deuxième avec le progrès fulgurant de la puissance de calcul. Petit à petit, alimentés par l’industrie cinématographique de masse, on a commencé à être charmés par l’efficacité des cyborgs, des humanoïdes et autres androïdes. Tant que cela demeurait du ressort de ‹ Terminator › et de ‹Robocop›, on pouvait encore s’amuser. Toutefois, c’est seulement au tournant du millénaire que la question est devenue vraiment sérieuse, par l’augmentation exponentielle des efforts, des moyens, des performances et enfin des résultats obtenus concrètement. En effet, si triompher dans des jeux aussi inimaginablement complexes n’est de loin pas négligeable, et si des alertes pertinentes venant de certains <em>“poids lourds“ </em>(Stephen Hawking, Elon Musk) sur des risques implicites et incontrôlables ne sauraient laisser indifférent, le point crucial semble atteint dès que l’on dote des machines, ou plutôt des logiciels, avec la capacité d’apprendre tout seuls. À partir de là, notre imagination s’empresse de prendre la relève. Rien n’empêche ainsi d’envisager un futur où des machines engendreront des machines, puis, en fin de compte, pourquoi pas ? des hommes. En effet, déjà dans son ouvrage ‘Speculations Concerning the First Ultra-intelligent Machine’ (‘Spéculations concernant la première machine ultra-intelligente’) écrit en 1965, Irving John Good (1916-2009), mathématicien et cryptologue anglais, écrivait : <em>« Supposons qu’existe une machine surpassant en intelligence tout ce dont est capable un homme, aussi brillant soit-il. La conception d’une telle machine faisant partie des activités intellectuelles, elle pourrait à son tour créer des machines meilleures qu’elle-même ; cela aurait sans nul doute pour effet une réaction en chaîne de développement de l’intelligence, pendant que l’intelligence humaine resterait presque sur place. Il en résulte que la machine ultra intelligente sera la dernière invention que l’homme aura besoin de faire, à condition que ladite machine soit assez docile pour constamment lui obéir.»</em> (<a href="https://en.wikipedia.org/wiki/I._J._Good">https://en.wikipedia.org/wiki/I._J._Good</a>) Notons qu’à l’époque, la puissance de calcul du plus performant superordinateur était, disons, de 1. Aujourd’hui elle est de 100000000000. Pour revenir,&nbsp; la question est : le voudraient-elles encore ? Et pour paraphraser un des plus fameux slogans attribué à Lénine <em>« Ils nous vendront la corde avec laquelle nous les pendrons »</em> (« Les capitalistes nous vendront la corde avec laquelle nous [les communistes] les pendrons ».) Dans notre cas, nous fournirons aux machines le nécessaire avec lequel elles nous extermineront.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais rassurons-nous, pardon ! alarmons-nous : l’intelligence artificielle est déjà présente – au niveau de nos besognes devenues les plus communes – dans notre vie quotidienne. J’entends par là surtout celle virtuelle, celle-là qui est en train de prendre le pas sur les achats au marché, les pique-nique en famille et la tchatche au bistro. Pour l’instant nous en sommes au stade – disons – encore bénin. Ne dialoguons nous pas en toute confiance avec nos ordinateurs personnels, au travail, en vacances, en route, comme à la maison ? Notre confort ne s’appuie-t-il de plus en plus sur les réponses immanquablement aimables de l’assistant personnel intelligent qui est gravé dans notre téléphone mobile ? Notre navigation de tous les jours sur internet n’est-elle pas grandement influencée (souvent à notre insu) par une flopée d’algorithmes de plus en plus subtiles, à mesure qu’il apprennent à nous connaître ? Ne sommes nous pas progressivement gagnés par la multitude de services d’assistance embarqués dans notre voiture, au point de ne plus savoir signaliser, freiner ou regarder dans les rétroviseurs ? Inutile de continuer avec des exemples dans plein d’autres domaines comme la finance, la médecine, la circulation, le marketing, le commerce, l’enseignement, le militaire… Et attention ! ce n’est que le début.<span id="easy-footnote-53-216" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/ia-versus-bn-1-2/#easy-footnote-bottom-53-216" title=" Plus récemment, le robot-femelle Sophie repousse avec fracas les frontières de l&amp;rsquo;humanisation des appareils au point de se voir conférer le plus sérieusement du monde la citoyenneté saoudienne. (<a href=&quot;https://www.businessinsider.fr/uk/sophia-robot-citizenship-in-saudi-arabia-the-first-of-its-kind-2017-10&quot;>https://www.businessinsider.fr/uk/sophia-robot-citizenship-in-saudi-arabia-the-first-of-its-kind-2017-10</a>)"><sup>53</sup></a></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette attaque du plus fort fabriqué par le (bientôt) plus faible se déroule donc sous nos yeux et sur deux fronts opposés : l’une a lieu depuis en bas, c’est-à-dire au niveau du four à micro-ondes, l’autre a lieu depuis en haut, au niveau des raisonnements les plus incroyablement tordus. Vient alors le moment des conclusions, avec une foule de questions portées par cette projection épouvantée au sujet de l’AI : dans un monde tel qu’il se construit à l’aune d’une métamorphose aussi radicale, un monde marqué par des appareils et des clones parfaits sous (presque ?) toutes les coutures, où trouvera encore sa place l’homme ?! L’homme moyen tel que je suis, tel que toi, lecteur, tu es, si imparfait, si plein d’ambiguïtés, si nul parfois, si imprévisible, si changeant, mais par là si fascinant, si brillant par moments, si merveilleux, si unique ?! Quelle place, quel rôle, quel sens se réservera-t-il ?! Ou bien devrait-on dire : quelle place, quel rôle, quel sens lui seront encore accordés ?! Est-ce qu’en fin de compte, ce sera tout de même l’âme qui fera la différence et par laquelle viendront les réponses ? Ou bien par l’esprit ?… Et si oui, comment alors, dans ce monde manifestement de plus en plus sécularisé ?</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">*</p>



<p class="wp-block-paragraph">À présent, pour faire le tour et répondre à la question de mon copain, je me tourne vers la bêtise naturelle, la BN, et je me rends compte que je prends immédiatement tout aussi peur. Même pas vrai, car en fait cette peur est vieille comme le monde.<span id="easy-footnote-54-216" class="easy-footnote-margin-adjust"></span><span class="easy-footnote"><a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/ia-versus-bn-1-2/#easy-footnote-bottom-54-216" title=" En tout cas depuis au moins 3000 ans, puisque déjà Salomon, sage et vertueux roi d’Israël, s’inquiétait ouvertement dans son premier ‹ Livre des proverbes › : ‘Combien de temps encore, étourdis, allez-vous aimer l’étourderie ? Les insolents n’aspirent qu’à l’insolence, et les insensés refusent la connaissance !’ (22) et aussi ‘L’indocilité des étourdis leur sera fatale, et l’insouciance des insensés les perdra.’(32)"><sup>54</sup></a></span> Comme la bêtise naturelle. C’est la grande différence d’avec cette toute jeune diva qu’est l’intelligence artificielle. La seule d’ailleurs, je crois. Non, faux, il y en a encore une autre: au fil des siècles, la bêtise féroce a fait ses preuves en abondance, alors que pour cette intelligence fabriquée-là, certains espèrent encore trouver les moyens adéquats pour la contenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[…]</p>



<p class="wp-block-paragraph">[12 novembre 2017]</p>
<p>L’article <a href="https://lecorbeaublanc.me/essais/ia-versus-bn-1-2/">IA vs BN (1/2)</a> est apparu en premier sur <a href="https://lecorbeaublanc.me">leCorbeau.Blanc</a>.</p>
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